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Discours, au nom du Parti Communiste Français, de Roger Martin, le 25 juin lors de la cérémonie hommage à Sylvain Meyer à Velleron

 

 Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les élus, mesdames et Messieurs les représentants des sapeurs-pompiers et des associations patriotiques, de l’ARAC, dont Sylvain fut le président velleronnais, de l’ANACR, dont il présida longtemps le comité de Pernes, Monsieur Claudius Vard, ancien résistant, membre du Groupe de Valréas, Monsieur Pierre Orinier, dit Coquinette, résistant du maquis Jean Robert, Mesdames et Messieurs les responsables du Parti communiste français, Mesdames, Messieurs, chers amis, chers camarades…

C’est à moi que revient aujourd’hui la lourde tâche de conclure cet hommage à Sylvain Meyer, le dernier résistant velleronnais. Lourde tâche, ai-je dit, et au moment-même où je prononce ce mot de lourde, je lui associe paradoxalement celui de légère !

Bien sûr, il n’y a rien de plaisant lorsqu’on vient ainsi évoquer un homme qui vient de disparaître. Devant un cercueil, on attend de la gravité, de la solennité.

Pourtant, je ne suis pas sûr que Sylvain aurait apprécié qu’on se borne, pour évoquer une longue vie toute entière attachée à sa commune de Velleron, à des mots tristes et pesants.

Car Sylvain aimait la vie, passionnément, et il suffit de se remémorer la flamme qui pétillait dans son œil lorsqu’il évoquait la chasse, qui fut une de ses passions, les parties de pêche auxquelles, il y a peu encore, il participait lorsque les pompiers, qui n’ont jamais oublié qu’il était l’un d’entre eux, l’emmenaient en bateau, son jardin miraculeux, ses vergers d’oliviers et l’exceptionnelle qualité de ses Reine-Claude ou de l’huile d’olive, qu’il aurait absorbée le matin au déjeuner, mais aussi ses « Nom de Dious de nom de Dious », accompagnés le plus souvent du cognement de son poing serré sur la table, qui ponctuaient ses phrases, pour en être persuadé.

Sylvain Meyer était un homme de convictions. Il faisait partie de ces êtres trop rares pour qui les discours, fussent-ils les plus beaux, ne restaient que des mots si leurs auteurs ne les transcrivaient pas en actes.

Des convictions profondément ancrées dès la jeunesse et qui le conduisirent parfois à devoir, non pas brûler ce qu’il avait adoré, ou se renier, mais faire passer, par devoir, au second plan des idées qu’il chérissait.

Je pense bien sûr à cette haine de la guerre qui le faisait vibrer, que lui avait léguée, si j’ose dire, un père qui avait combattu et souffert sur différents champs de bataille au cours de la 1ère Guerre mondiale, et qui, rescapé de la boucherie qui vit plusieurs millions d’êtres humains, militaires et civils, périr, était revenu avec la certitude qu’avec tous les survivants, il saurait empêcher que le crime se renouvelle. Oui, 14-18, serait bien LA DER DES DERS.

Pourtant, il était écrit que le jeune paysan de la ferme de la Pouyaque, malgré cet amour de la paix chevillé à l’âme qui lui fit sa vie durant déclamer dans les repas, les commémorations, les interventions en milieu scolaire un poème de Maurice Rostand adjurant les adultes de ne pas offrir de jouets guerriers à leurs enfants et petits-enfants, il était écrit donc que le petit paysan de la Pouyaque serait obligé de surmonter sa répugnance parce que, lorsque la guerre éclate, lorsque le pays est envahi, lorsque ce sont ceux-là mêmes qui devaient le protéger qui ouvrent la porte aux envahisseurs, a-t-on vraiment le choix ?

Quel symbole ! C’est au moment où le grand poète Louis Aragon écrivait à Villeneuve-lès-Avignon La Rose et le réséda et adjurait de s’unir les combattants de l’ombre, de la ville et des maquis qui partout se levaient, dans ces vers restés célèbres:

Quand les blés sont sous la grêle

Fou qui fait le délicat

Fou qui songe à ses querelles

Au cœur du commun combat

 

…à ce moment-là donc que Sylvain Meyer, un homme jeune, un jeune homme presque, pacifiste convaincu, choisit de s’engager dans les rangs des Francs-tireurs partisans, les F.T.P.F, devenant rapidement, en dépit des autorités collaboratrices le classant comme « triste individu » à surveiller, un agent de liaison efficace au service du maquis Jean Robert, dans les Monts du Vaucluse puis l’exfiltreur vers le maquis du Beaucet des jeunes réfractaires au S.T.O.

Rien ne permet sans doute de mieux comprendre cette métamorphose que le poème qu’écrivit, quelques mois avant de mourir du typhus le 8 juin 1945 au camp de Térézin où il avait été déporté, le poète Robert Desnos :

Ce cœur qui haïssait la guerre voilà qu’il bat pour le combat et la bataille !
Ce cœur qui ne battait qu’au rythme des marées, à celui des saisons, à celui des heures du jour et de la nuit,
Voilà qu’il se gonfle et qu’il envoie dans les veines un sang brûlant de salpêtre et de haine.
Un seul mot : Liberté, a suffi à réveiller les vieilles colères
Et des millions de Français se préparent dans l’ombre à la besogne que l’aube proche leur imposera.
Car ces cœurs qui haïssaient la guerre battaient pour la liberté au rythme même des saisons et des marées,
du jour et de la nuit.

 

Sylvain Meyer, paysan, militant communiste clandestin, agent de liaison, que rien ne destinait à devenir un terroriste, comme le disait alors la propagande de Vichy, transformé en adepte du sabotage et finissant même par faire sauter avec deux camarades le train qui passait à Velleron…

La paix revenue, il retournera aux champs, à la nature, à sa ferme de la Pouyaque avec Estelle. Entretemps, il a donné son adhésion au Parti communiste français, auquel il gardera sa fidélité, dans les moments où l’Histoire s’emballe et les conquêtes sont moissonnées, mais aussi dans les périodes difficiles et dans l’adversité. Jusqu’à sa mort, Sylvain restera un militant et il n’y a guère plus d’un an et demi qu’il avait cessé de fréquenter les réunions mensuelles de la section Oswald Calvetti, dont il était devenu le doyen après la mort de son camarade et ami Albert Cordola, résistant comme lui et déporté à Dachau.

Cette fidélité, celle d’un homme qui avait choisi l’honneur lorsque tant d’autres se vautraient dans la collaboration, se doublait d’une certitude que jamais, quelles que soient les difficultés, il ne fallait baisser les bras. Lorsque de plus jeunes se désolaient de la situation actuelle, de la casse de tous les acquis dus aux conquêtes et aux luttes sociales, lorsque lui-même se rongeait de voir la résurgence des thèses nauséabondes qui avaient amené aux monstruosités de la Seconde Guerre mondiale, entraîné le génocide de plus de cinq millions de juifs et de 700 000 tsiganes, la mort de plus de 60 millions d’hommes, arrivait toujours un moment où il concluait que nous n’avions d’autre choix que la lutte et la Résistance.

Sylvain Meyer, un Résistant. Un homme debout. Un homme, hélas !, que les autorités de son pays ont privé de la Légion d’honneur, promise, accordée, reportée, sous prétexte d’un document non original. Une Légion d’honneur qu’il entendait recevoir, non comme une décoration personnelle, mais comme un hommage collectif aux Résistants de sa région.

Tu n’as pas à rougir, Sylvain, la honte est du côté de gens qui ont accordé hier cette distinction aux assassins de Maurice Audin et du commandant Joseph Kubasiak, gaulliste et républicain. À ceux qui, il y a quelques mois à peine accordaient cet honneur à la mère d’un animateur de téléréalité et à des brasseurs d’affaires.

Sylvain, nous ne te disons pas Adieu. Juste Au-revoir. Tu as été un de ceux qui soufflent sur les braises lorsque le feu s’étouffe et se meurt, qui font renaître l’espoir lorsqu’il a fui dans un ciel vert-de-gris.

Sylvain, devant tes camarades aujourd’hui, au milieu de tes amis et des Velleronnais pour lesquels tu étais une figure familière et respectée, je le répète : nous ne t’oublierons pas, comme nous n’avons pas oublié tes camarades, Icilio Artioli, Albert Colomb, Cyprien Lombard, Albert Laugier et Albert Cordola. D’ailleurs, tu ne nous quittes pas, puisque comme l’a dit si bien Victor Hugo, « les morts sont des vivants mêlés à nos combats » et que, ainsi que le chantait Jean Ferrat, que tu affectionnais, nous continuerons à marcher sur tes traces « au nom de l’idéal qui te faisait combattre et qui nous pousse encore à combattre aujourd’hui ».

 Cérémonie en hommage à notre camarade Sylvain Meyer ce 25 juin à Velleron
 Cérémonie en hommage à notre camarade Sylvain Meyer ce 25 juin à Velleron
 Cérémonie en hommage à notre camarade Sylvain Meyer ce 25 juin à Velleron
 Cérémonie en hommage à notre camarade Sylvain Meyer ce 25 juin à Velleron
 Cérémonie en hommage à notre camarade Sylvain Meyer ce 25 juin à Velleron
 Cérémonie en hommage à notre camarade Sylvain Meyer ce 25 juin à Velleron
 Cérémonie en hommage à notre camarade Sylvain Meyer ce 25 juin à Velleron
 Cérémonie en hommage à notre camarade Sylvain Meyer ce 25 juin à Velleron
 Cérémonie en hommage à notre camarade Sylvain Meyer ce 25 juin à Velleron
 Cérémonie en hommage à notre camarade Sylvain Meyer ce 25 juin à Velleron
 Cérémonie en hommage à notre camarade Sylvain Meyer ce 25 juin à Velleron
 Cérémonie en hommage à notre camarade Sylvain Meyer ce 25 juin à Velleron
 Cérémonie en hommage à notre camarade Sylvain Meyer ce 25 juin à Velleron
 Cérémonie en hommage à notre camarade Sylvain Meyer ce 25 juin à Velleron
 Cérémonie en hommage à notre camarade Sylvain Meyer ce 25 juin à Velleron
 Cérémonie en hommage à notre camarade Sylvain Meyer ce 25 juin à Velleron
 Cérémonie en hommage à notre camarade Sylvain Meyer ce 25 juin à Velleron
 Cérémonie en hommage à notre camarade Sylvain Meyer ce 25 juin à Velleron
 Cérémonie en hommage à notre camarade Sylvain Meyer ce 25 juin à Velleron
 Cérémonie en hommage à notre camarade Sylvain Meyer ce 25 juin à Velleron
 Cérémonie en hommage à notre camarade Sylvain Meyer ce 25 juin à Velleron
 Cérémonie en hommage à notre camarade Sylvain Meyer ce 25 juin à Velleron
 Cérémonie en hommage à notre camarade Sylvain Meyer ce 25 juin à Velleron
 Cérémonie en hommage à notre camarade Sylvain Meyer ce 25 juin à Velleron
 Cérémonie en hommage à notre camarade Sylvain Meyer ce 25 juin à Velleron
 Cérémonie en hommage à notre camarade Sylvain Meyer ce 25 juin à Velleron
 Cérémonie en hommage à notre camarade Sylvain Meyer ce 25 juin à Velleron
 Cérémonie en hommage à notre camarade Sylvain Meyer ce 25 juin à Velleron
 Cérémonie en hommage à notre camarade Sylvain Meyer ce 25 juin à Velleron
 Cérémonie en hommage à notre camarade Sylvain Meyer ce 25 juin à Velleron
 Cérémonie en hommage à notre camarade Sylvain Meyer ce 25 juin à Velleron
 Cérémonie en hommage à notre camarade Sylvain Meyer ce 25 juin à Velleron
 Cérémonie en hommage à notre camarade Sylvain Meyer ce 25 juin à Velleron
 Cérémonie en hommage à notre camarade Sylvain Meyer ce 25 juin à Velleron
 Cérémonie en hommage à notre camarade Sylvain Meyer ce 25 juin à Velleron
 Cérémonie en hommage à notre camarade Sylvain Meyer ce 25 juin à Velleron
 Cérémonie en hommage à notre camarade Sylvain Meyer ce 25 juin à Velleron
 Cérémonie en hommage à notre camarade Sylvain Meyer ce 25 juin à Velleron
 Cérémonie en hommage à notre camarade Sylvain Meyer ce 25 juin à Velleron
 Cérémonie en hommage à notre camarade Sylvain Meyer ce 25 juin à Velleron
 Cérémonie en hommage à notre camarade Sylvain Meyer ce 25 juin à Velleron
 Cérémonie en hommage à notre camarade Sylvain Meyer ce 25 juin à Velleron
 Cérémonie en hommage à notre camarade Sylvain Meyer ce 25 juin à Velleron

 

MARDI 26 à 18 heures se tenait  un rassemblement à Pernes-les-Fontaines devant la stèle de la Résistance, en présence de Didier Carles , 1er Adjoint, Pierre Gabert, le maire, qui a soutenu avec obstination la demande de légion d’honneur pour Sylvain et l’a toujours mis à l’honneur, étant absent de la ville.

Jeannot Bottey y pris la parole pour l’ANACR et Olivier Safon pour le Parti communiste.

Une délégation des jeunes Communistes était également présente

 Cérémonie en hommage à notre camarade Sylvain Meyer ce 25 juin à Velleron
 Cérémonie en hommage à notre camarade Sylvain Meyer ce 25 juin à Velleron
 Cérémonie en hommage à notre camarade Sylvain Meyer ce 25 juin à Velleron
 Cérémonie en hommage à notre camarade Sylvain Meyer ce 25 juin à Velleron
 Cérémonie en hommage à notre camarade Sylvain Meyer ce 25 juin à Velleron
 Cérémonie en hommage à notre camarade Sylvain Meyer ce 25 juin à Velleron
Tag(s) : #A LA UNE AUJOURD'HUI

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