Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

"Rêver seul ne reste qu'un rêve,
Rêver ensemble devient la réalité."
John Lennon

 

 

Pas d'endroit où dormir

 

Avez-vous déjà entendu parler du "Village" à Cavaillon, association et lieu d'accueil (20 ans d'existence) sans aucune prétention, mais tellement utile?

Je vous raconte:

Depuis longtemps, ma généreuse amie O que j'admire pour son investissement sans limites auprès des personnes dans le besoin, responsable, entre autres, du Secours Populaire à Cavaillon, me parlait de "la Maison commune " et du "Village". Ce jeudi, j'ai eu le bonheur de (re)voir la Maison Commune, dans un premier temps. C'est un lieu où des bénévoles (et quelques permanents rémunérés) ont choisi de travailler auprès des démunis et des sans abri. Il accueille les "restos du cœur" et le "Secours populaire" et donc tous ceux qui ont besoin de manger, de s'habiller et de se réchauffer; ça, pour être réchauffés, ils le sont, dans tous les sens du terme, dans un ancien entrepôt transformé en maison conviviale: une cuisine toute propre et équipée, un lieu à vivre clair et accueillant où tous se côtoient, pauvres, bénévoles et employés, puis, plus loin, des personnes qui s'affairent à vendre des vêtements, des chaussures et tout, et tout, pour un prix dérisoire, avec la chaleur et le sourire nécessaires (pour remonter le moral et rendre leur dignité à ces personnes démunies). Et, même, pour les plus désarmés, des douches et des toilettes pour rendre à ces êtres humains un semblant d'humanité bien méritée justement. Cet accueil bienveillant efface en partie la lassitude, la faim et le froid. O me dit d'ailleurs: "Par ce jour de mistral violent, ce matin, nous avons surtout distribué des bonnets..."

Ce lieu est éclairé, propre et rangé. La sérénité y règne malgré le caractère tragique de la situation et bien-sûr, je tombe sous le charme.

Puis, O m'emmène fièrement au "Village", lieu d'hébergement et d'insertion dont j'ai tant entendu parler (quand on est un tant soit peu engagé, "le Village", ça vous parle...), mais que je ne connais pas "en vrai". Et là, même impression de paix mais de fourmillement (le paradoxe de cette association d'ailleurs) : les gens présents s'affairent avec bonheur dans les champs, les bureaux, sur les chantiers, en cuisine, tous au même niveau, bénévoles, permanents, accueillis, sans catégorisation apparente, c'est ce qui me frappe le plus. Un sentiment à la fois de "liberté" et de "vie" émane des lieux, et particulièrement de la salle à manger où nous aboutissons. O avait en effet pris rendez-vous avec V (que je connaissais par ailleurs) pour un repas sympathique et copieux: une cantine des Pauvres, pas chère mais bonne et généreuse. L'échange avec V est fort intéressant et généreux aussi. Nous partageons les mêmes valeurs et les mêmes espoirs.

Il est directeur du"Village", mais n'aime pas ce titre et pourtant, il correspond à la gestion d'environ cinquante personnes accueillies par jour et de 17 employés (sans compter les bénévoles), et donc d'une équipe motivée et dynamique qui redonne aux accueillis espoir et envie de vivre.

Avant de nous quitter, il débarrasse tout naturellement le couvert et me dit "Moi, je suis là pour avancer et j'y crois encore. Malgré la diminution constante des subventions, il me reste l'espoir. Je "rêve" encore."

Alors, voilà, O rêve encore, V rêve encore, et moi, communiste et fière de l'être, je rêve encore et toujours. S'il vous plaît, RÊVEZ AVEC NOUS !!!

 

Martine Taxil

 

 

Partager cet article

Repost 0