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Une assemblée du Parti Socialiste Unifié du Venezuela (principal parti de la révolution) pour désigner ses candidat(e)s aux législatives de décembre 2015.

 

 

Article provenant du blog de Thierry Deronne

venezuelainfos.wordpress.com 19 juillet 2015 http://wp.me/p2ahp2-1ZO )

 

Au Venezuela, l’économie et les médias sont à 80% aux mains du secteur privé. En menant depuis deux ans une guerre économique et médiatique, la droite croyait assécher le réservoir des voix chavistes. Avec des arguments de poids : le mécontentement que suscitent les prix élevés, le manque de certains produits et la campagne des radios, journaux et télés sur le thème “achète vite ce produit avant qu’il ne disparaisse”. Or, contre toute attente, la population s’est mobilisée fortement aux récentes primaires du Parti Socialiste Unifié du Venezuela, en vue des législatives de décembre 2015. Le PSUV lui-même a été surpris et débordé par les longues files de votants, n’ayant pas prévu un nombre suffisant de bureaux.

L’erreur de la droite vénézuélienne fut sans doute de croire que la population ne pense pas, qu’elle ne peut réagir que mécaniquement, et que ses critiques signifient un rejet de la révolution. Une droite rivée à sa nature coloniale, qui n’arrive pas à comprendre le désir populaire d’inclusion et de participation.

A preuve, les 110 candidats qu’elle a désignés pour les législatives de décembre, souvent sans consulter la base, sont des hommes âgés, riches, blancs. On n’y trouve pratiquement aucune femme (1 sur 10) ni de jeunes (pas même les étudiants de droite qui servirent à faire passer les violences de 2014 et 2015 pour une “révolte populaire”). En revanche, 60 % des candidats du PSUV (principal parti bolivarien) sont des femmes, et la moitié a entre 21 et 30 ans.

 

Thierry Deronne , Caracas, 19 juillet 2015

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La misogynie de l’opposition vénézuélienne, par Lidia Falcón O’Neill *

Le Conseil National Electoral du Venezuela vient d’approuver une règle qui établit qu’il doit y avoir au moins 40% de femmes sur les listes électorales de tous les partis. La parité tant dans les entités dirigeantes que sur les listes électorales était une des revendications du congrès vénézuélien des mouvements de femmes qui s’est tenu le 8 mars 2015.

Le gouvernement a approuvé cette décision, ensuite présentée au Conseil National Electoral.  (..) Or la MUD (ccordination de la droite vénézuélienne) et certains médias alliés ne supportent pas l’idée d’intégrer des femmes dans leurs rangs. Et ils l’ont très clairement exprimé : les hommes de la MUD, parmi eux le secrétaire exécutif, Jesus Chuo Torrealba, ont rejeté la résolution sous prétexte qu’il s’agit d’ « une manœuvre » destinée à « porter préjudice à leur candidature car la majorité d’entre elles sont déposées par des hommes et que 17 femmes à peine sont postulantes ».

Le coordonnateur international de la MUD et l’ex-diplomate et également membre de l’équipe internationale de l’opposition « démocratique », ont tenu une conversation le 25 juin 2015 qui a été diffusée à la télévision, digne d’anthologie.

Depuis longtemps, je connais les mauvaises manières dont font preuve les machistes quand ils dénigrent les femmes, et ne parlons pas des féministes, mais il est difficile d’imaginer les termes que les « démocrates » de la MUD (coordination de la droite vénézuélienne), c’est-à-dire l’opposition au chavisme et au gouvernement vénézuélien bolivarien, peuvent employer pour insulter et humilier la présidente du Conseil National Electoral, le gouvernement en général, et en particulier les femmes, pour protester contre cette mesure.

Ces messieurs, comme l’ex-diplomate Norma Pino de Lion et rien de plus ni de moins que coordonnateur des liaisons nationales de la MUD, Edmundo Gonzalez Urrutia, profèrent sur un ton dramatique des termes des plus grossiers, – propres d’un vocabulaire  sexuellement connoté et obscène- lorsqu’ils parlent de Tibisay Lucena avec des adjectifs dénigrants (« imbécile », « givrée », « diablesse », « derviche ») disent que les femmes n’aiment pas la politique, qu’il faudra mettre une prostituée, une ignorante ou une « sniffeuse de colle » comme candidates. Ils ajoutent que cette règle ne respecte pas la Constitution et que « demain il y aura bien plus d’imbécilité » du style « il faut qu’il y ait 20% de pédés et de gays » ou « 15% de noirs et après d’indiens ».

Il est certain, comme je l’affirmais il y a quelques mois dans un article Les ringards, de ce même journal, le féminisme est et a toujours été de gauche. C’est pour cette raison que ces hommes de droite se sentent diminués lorsque les règles du gouvernement bolivarien les obligent à respecter les femmes et à les considérer comme des « compañeras » et non comme des servantes.

Une fois de plus on voit comment la droite vénézuélienne, qui se considère elle-même comme l’essence de la démocratie, est un défenseur de l’idéologie machiste la plus réactionnaire. Comme si on pouvait encore imaginer qu’il peut y avoir une démocratie sans féminisme.

* LIDIA FALCÓN O’NEILL est licenciée en Droit, en Art Dramatique, en Journalisme et Docteur en Philosophie. Docteur Honoris Causa de l’Université de Wooster, Ohio. Fondatrice des revues Revendication Féministe et Pouvoir et Liberté. Créatrice du Parti Féministe d’Espagne et de la Confédération des Organisations Féministes de l’État Espagnol. Membre du Tribunal International des Crimes contre la Femme de Bruxelles. Collaboratrice de nombreux journaux et revues espagnols, a publié 42 ouvrages parmi lesquels Femme et Société, Violence contre la Femme, la femme et le Pouvoir Politique, ainsi qu’une vaste oeuvre narrative.

Traduction : Sylvie Carrasco

 

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Et pendant ce temps là en France.....

L'Humanité 21 juillet 2015

 

Le Sénat n'est pas réputé être le palais de la modernité et du progressisme.
Mais parfois on aimerait le voir un petit peu, ou en tout cas ne plus avoir à y entendre de propos que l'on penserait disparus depuis des décennies, pour ne pas dire un ou deux siècles.
Le dernier à s'être tristement illustré est sénateur de l' Indre, maire de Châteauroux, membre du groupe  " Les Républicains " ( LR , ex UMP).
Mercredi dernier , lors d'un débat de la commission du Développement durable sur la désertification médicale dans les territoires ruraux, Jean-François Mayet 75 ans , pointe les raisons qu'il voit à ce mal:
" au risque de choquer, le libéral que je suis est convaincu qu'on ne résoudra pas la désertification médicale en comptants sur les seuls médecins libéraux. Permières raisons: les jeunes médecins refusent le libéralisme,: ils se contentent de gagner 3500 à 4000 euros par mois; après dix ans d' études c' est ridicule. " Mais Mayet ne pointe pas seulement le manque de voracité de ceux qui ne cherchent pas à tout prix à se faire quatre Smic par mois.
La deuxième raisons qu'il donne en dit long sur la mentalité du personnage: " Une autre cause est la féminisation, puisque 75% des nouveau diplomés sont des femmes, Or nonobstant l ' égalité, elles sont quand même là pour faire des enfants . "
On admirera le " nonobstant l'égalité ", et on s'arrêtera sur cette vision de la division sexuelle où les femmes ont pour essence l'enfantement. Mais que fait alors, Mayet a user les fauteuils des palais de la république, plutôt que de tenir son rôle viril de chasseur-cueilleur . Comme nombre de ses collègues, la sénatrice écologiste Esther Benbassa exige de M. Mayet " qu'il demande publiquement des excuses aux femmes " ce que l'intéressé s'est jusqu' ici refusé à faire.
Nonobstant la courtoisie, nous inviterons le sénateur Mayet à ne plus prendre la parole, si c'est pour dire de si grosses idioties . C'est une perte de temps, et le temps c'est précieux pour s'occuper des enfants .

 

Adrien Rouchaleou

 

Tag(s) : #SE FORMER - COMPRENDRE

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