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LA PAILLE ET LA POUTRE   Retour sur une élection au bureau de la COGA par Roger Martin

Lundi 29 juin, Joris Hébrard, maire FN du Pontet, a été élu vice-président (avec d’autres) de la Communauté d’Agglomération du Grand Avignon.

Le lendemain, des dirigeants socialistes, qui avaient soutenu la candidature de Jean-Firmin Bardisa, homme de droite tête de liste socialiste aux municipales du Pontet en 2015, ont accusé divers élus Front de Gauche d’avoir voté pour Hébrard.

  Des noms ont été prononcés, écrits même, dans la presse régionale ou Le Figaro.

  Parmi eux, ceux d’élus communistes, le maire de Sauveterre, Jacques Demanse (Gard) et celui d’Entraigues, Guy Moureau (Vaucluse).

  La semaine précédente, la presse régionale faisait ses gros titres des accusations de collusion entre le député UMP Julien Aubert et le FN, accusations dont le plus virulent propagateur n’était autre que monsieur Lovisolo, ex-secrétaire de la Fédération socialiste de Vaucluse et futur député de Vaucluse, puis ex-futur député de Vaucluse et de nouveau secrétaire Fédéral PS, puis conseiller départemental et ex-secrétaire fédéral.

  Le moins qu’on puisse dire, c’est que cette nouvelle affaire permettait à cet individu de brouiller un peu plus les conditions de l’élection de Marion Maréchal Le Pen en 2013.

  Mais procédons par ordre : concernant le vote en faveur d’Hébrard, si le maire de Sauveterre a confirmé le sien, au prétexte qu’a été adoptée à la création de la COGA une règle selon laquelle les 15 communes seraient représentées au sein de l’exécutif par leur maire (ce qui en soi semble relativement logique et démocratique), faisant fi d’un problème moral et politique qui fait qu’un communiste ne PEUT et ne DOIT pas accepter pareil choix sans se renier (La Fédération du Gard a solennellement condamné cet élu) , si d’autres élus FdG membres du PCF ont, eux, opté pour un candidat qui a sciemment écarté les communistes lors d’élections locales et s’est signalé par des positions de droite (un vote nul aurait peut-être été préférable), Guy Moureau, lui, a été très clair.

  Voici la déclaration qu’il a faite à la presse, suite aux rumeurs de provenance suspecte :

 

  Des rumeurs malveillantes circulant sur le prétendu vote de certains élus du Front de Gauche pour le Maire du Pontet au poste de Vice-Président du Grand Avignon, je souhaite rendre publique ma position. Je suis résolument opposé à l’idéologie du Front national.
  Lors du dernier Conseil Communautaire, je n’ai pas pu voter pour
 un élu du Front National.
Je ne peux, au regard de mon parcours personnel et celui de mon Parti qui a toujours combattu l’extrémisme et le populisme me résoudre à voter pour un élu du FN. Mon action depuis des années en témoigne. 
  Ce débat pose néanmoins la question de la représentativité des villes dans l’exécutif des intercommunalités en l’occurrence celle du Grand Avignon.
  Les Maires ou un représentant de leur majorité doivent-ils être exclus d’un exécutif en raison de leur appartenance politique ? Un membre de l’opposition peut-il sérieusement représenter sa ville dans un bureau intercommunal ? Les maires de gauche doivent ils démissionner de leur Vice-Présidence au Grand Avignon sous prétexte que le Maire FN du Pontet siège à leurs côtés ? 
  Quid aussi du choix des électrices et électeurs ? 
La réponse à ces questions est plus compliquée qu’on le croit. 

    Oui le FN n’est pas un parti comme les autres. C’est la raison pour laquelle il faut cesser de l’instrumentaliser comme certains le font ! 
  Aujourd’hui il est malheureusement là, il faut combattre ses idées efficacement en redonnant espoir en une autre politique à ceux qui désespèrent. C’est le sens de mon action hier comme aujourd’hui !
"

Guy Moureau

Maire d’Entraigues

 

Avant même que Guy Moureau ait pu s’exprimer, des commentaires « bienveillants » ont circulé un peu partout.

Rouge Cerise a ainsi reçu un message d’un ancien conseiller régional PC passé au PS, s’indignant et nous demandant ce que nous allions faire. Internet, Facebook, Twitter, et autres réseaux prétendument « sociaux » ont vu reprises en boucle des informations controuvées. La répétition d’un mensonge ne l’ayant jamais transformé en vérité, qu’on nous permette de rappeler quelques vérités.

En 2012, dans des conditions plus que troubles (L’Express accusera la Fédération socialiste d’avoir refusé de suivre les consignes nationales données par Martine Aubry et Harlem Désir de retirer la candidature de Catherine Arkilovitch), Marion Maréchal Le Pen a pu emporter la triangulaire de Carpentras. Dans la 5ème circonscription, Lovisolo, lui, perdait, la triangulaire n’ayant pas eu lieu. La candidate Rassemblement Bleu Marine, alors proche de De Villiers, s’étant retirée et ayant appelé à voter pour l’UMP Julien Aubert. Mystérieusement, Marine Le Pen, alors en pleine campagne à Hénin-Beaumont, avait multiplié les allusions à la 5ème de Vaucluse, désavouant madame Furioli, et appelant les électeurs FN au vote nul ou à l’abstention, ce qui ne pouvait que nuire au candidat UMP. Au même moment, monsieur Cavasino, alors secrétaire départemental du FN, se répandait en propos confus et s’excusant presque ! Pour la petite histoire, Lovisolo avait annoncé à grands cris qu’il portait plainte contre L’Express… N’ayant pas les oreilles de la Justice, je ne sais pas où en est cette plainte ? A-t-elle été traitée ? Si oui, quel en a été le résultat ? À moins que cette annonce n’ait été qu’un écran de fumée avant qu’on passe à autre chose…

Naturellement, Rouge Cerise se fera un devoir de rectifier et de donner le jugement s’il lui était fourni…

« Qu’il se sent morveux, qu’il se mouche ! » faisait dire Molière dans L’Avare à La Flèche. Un conseil que nous reprenons à notre compte aujourd’hui…

Le résultat de 2012, c’est la victoire d’une Le Pen, censée selon de bons esprits « ne jamais venir à Carpentras », puis son implantation, sa mainmise sur le secrétariat de la fédération (exit le pâle Cavasino !), la campagne des départementales et la presque conquête du Conseil général (on a quand même évité l’élection du chef de cabinet des Balkany – mains propres, tête haute -, programmé futur président du Conseil départemental, ouf !), une complaisance médiatique inouïe, les menaces contre nos militants et d’autres qui osent résister, le procès d’Hervé de Lépineau contre François Corteggiani…

Alors que ceux qui ont ouvert la boîte de Pandore, que ceux dont la politique au Gouvernement, oublieux de leurs engagements contre L’ARGENT (sic,) alimente le terreau sur lequel prospèrent FN et Ligue du sud dans notre département, aient la décence de se taire et qu’ils méditent la parabole de la paille et la poutre dont nous nous ferons un plaisir de leur donner les références s’ils ne les connaissent pas.

 

Roger Martin

 

 

(Et, tiens, car je l’ai encore sur le cœur : il y a quelques années, j’avais été désigné candidat unique de la gauche - PC, PS, Verts – dans le canton de Pernes-les-Fontaines. Curieusement, voilà qu’une autre candidature de gauche, celle du maire du Beaucet, Bouvier, avait surgi de nulle part. Certains socialistes (d’autres ont respecté le choix commun et leur parole) ont fait alors campagne pour lui. À la surprise générale, j’ai gagné la primaire. Mes affiches se sont retrouvées soudain couvertes de bandes « STALINIEN », qui n’étaient pas collées par les partisans du candidat RPR. Et, pire, au premier tour, une conseillère régionale, alors PC (elle est passée depuis au PS) est venue faire campagne pour son collègue conseiller régional Bouvier. Je crois savoir qu’elle est la compagne de notre correspondant, qui nous somme aujourd’hui de nous prononcer. La paille et la poutre…)

 

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Tag(s) : #AGIR AVEC LE PCF

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