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" Nous n'avons qu'une liberté:  la liberté de nous battre pour conquérir la liberté "    Henri Jeanson

illustration " Das Blut der Fische " Gustav Klimt

Ce film ( ne vous fiez pas au titre ! ) réalisé par une femme, met en avant la beauté éclatante de cinq jeunes filles au début des vacances, au bord de la mer.

Cinq chevelures abondantes, ondoyantes, rebelles, voilà pour moi le fil conducteur de cette histoire tournée en Turquie, pays paradoxal car fortement imprégné par l’Occident ( et oui, cheveux détachés et libres ) et cependant reflet d’une société presque en régression. Orphelines, élevées par leur grand-mère jusqu’alors permissive, unies comme les cinq doigts de la main, complices, affectueuses et gaies, elles enfreignent innocemment d’entrée de film, les règles de l’honneur, situation que leur oncle ne veut en aucun cas laisser perdurer. En conséquence, leur univers se rétrécit peu à peu au rythme des fugues successives, horizontalement et verticalement, les murs se rehaussent, les grilles se ferment sous les cinq paires d’yeux étonnés ( quels beaux yeux clairs dont l’expression alterne entre joie et tristesse ! ) de ces belles filles pleines de vie, mais aussi sous le regard de plus en plus révolté du spectateur.

Les scènes douloureuses qui nous serrent la poitrine ( l’apprentissage du métier d’épouse, l’essayage de robes aux couleurs de « merde », le défilé presque ridicule des prétendants, l’autorité perverse de l’oncle, la vérification médicale de virginité , et j’en passe…) alternent avec des passages joyeux et presque comiques, magnifiques en tous cas ( la première scène de jeux d’ados sur la plage, les fugues diverses, la sortie burlesque au match de foot, le lit transformé en piscine pour les deux plus jeunes qui n’hésitent pas à enfiler leur maillot de bains pour « mieux y croire »…) . Bref, grâce à cette mise en scène habile, l’ESPOIR l’emporte étonnamment sur le tragique de la situation.

Ces cinq sœurs débordantes de vie nous montrent des réactions diverses et liées à leurs personnalités face au régime carcéral infligé subitement : l’ainée amoureuse et forte, la seconde totalement résignée, la suivante ne luttant même plus mais si digne, l’influençable, éternelle effacée, et enfin la rebelle. En effet, la plus jeune, la narratrice en fait, se révolte vivement et montre le chemin de la liberté aux femmes de ce pays. Vous verrez à quel point elle la veut, cette liberté, à tout prix , sans jamais perdre l’espoir !

Aux côtés de ces cinq jeunes filles superbes en tous points qui sont les personnages principaux, la grand-mère (et les tantes) est conforme à la tradition malgré un amour qui se veut protecteur, l’oncle est violemment odieux, le digne représentant de la dite tradition, liée à la religion (le machisme, l’autorité, le vice même), l’ami de la narratrice est moderne, sympa et affectueux et la professeure incarne la femme libérée, fort heureusement.

 

Ce grand film est poignant et haletant. C’est surtout, vous l’avez compris, un magnifique et émouvant tableau de femmes qui luttent pour leur liberté.

Les filles sont BELLES, avec je le répète, ces chevelures omniprésentes symboles de liberté. Les paysages, la campagne comme la mer, sont BEAUX. La musique est BELLE. Et même si l’on ne sort pas indemne de cette séance éprouvante, l’impression globale reste LA BEAUTE.

 

Faites un détour par Utopia, « Mustang » en vaut vraiment la peine !

                                                               

                                                                                                                       Martine Taxil

Tag(s) : #CULTURE

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