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Une centaine de personnes ont participé, ce samedi à Sarrians, à la cérémonie en HOMMAGE à ANTOINE DIOUF et ALBIN DURAND (Abominablement torturés puis assassinés, le 1er août 1944, par les fascistes du P.P.F.)

 

Un discours dont voici la retranscription, fut prononcé par Jean-Luc ROS au nom du Parti Communiste Français. Il retrace l' engagement d' Albin Durand et Antoine Diouf dans la résistance locale .

 

Madame le Maire, Associations de Sarrians, Messieurs les portes drapeaux, Mesdames, Messieurs, cher(e)s ami(e)s, cher(e)s camarades et vous tous, en vos grades et qualités, c’est avec beaucoup d’émotion et d’humilité, que je prends la parole aujourd’hui car, il y a tout juste 70 ans, le 1er août 1945, c’est Waldeck Rochet, lui qui allait devenir ensuite secrétaire général du PCF, qui, en personne, fit devant ce monument le discours d’hommage aux martyrs du 1er août.

 

En préambule, je voudrais insister sur notre devoir de mémoire, n’oublions pas la phrase du Pasteur Aimé BONIFAS, Résistant, déporté : "Oublier les enseignements du passé serait, non seulement trahir le passé et renier le combat de nos frères mais aussi hypothéquer l'avenir"

Alors, Pourquoi donc un haut dirigeant politique s’était-il déplacé dans le petit village de Sarrians ? Albin Durand y a été assassiné le 1er août 1944 à Sarrians, en compagnie de son camarade Antoine Diouf.

Antoine Diouf, enfant de l’assistance publique est ouvrier agricole, membre de la jeunesse communiste.

Albin Durand est un agriculteur communiste installé à Sarrians depuis 1930. En 1936, il a  été élu conseiller d’arrondissement de Carpentras Sud. En janvier 1940, après l’interdiction du parti communiste, il est déchu de son mandat et entre dans l’activité clandestine.

Dès cette date, il organise un réseau pour cacher les familles des députés communistes emprisonnés, dans les villes et villages du Comtat : Sarrians, Aubignan, Beaumes de Venise, Gigondas, Pernes, Carpentras, Isle sur la Sorgue.
Albin Durand œuvrait aussi à cacher des personnes recherchées. Avec le secrétaire de la mairie de Sarrians, il procurait de  faux-papiers aux réfractaires.
En février 1940, une surveillance est exercée sur les courriers adressés chez Albin Durand. Les consignes sont données par le préfet pour une “surveillance très discrète et suivie”.

En mai 1941 dans un rapport du sous-préfet, on peut lire:
Monsieur Durand, dont les opinions extrémistes sont notoires est considéré comme un des principaux militants du PC de l’arrondissement.
En juillet 1942, le sous-préfet écrit :

Il résulte de nouveaux renseignements qui viennent de m’être fournis par monsieur le maire de Sarrians sur l’ex-conseiller d’arrondissement Durand Albin.... qu’il serait opportun de faire exercer à son encontre une surveillance discrète et toute particulière...
En août 1942, un inspecteur de police écrit : “Les mesures nécessaires ont été prises afin qu’une surveillance étroite soit exercée sur les faits et gestes de Durand.
Albin Durand et ses camarades communistes avaient aussi fait l’objet, depuis 1940, de lettres de dénonciation de la part de collaborateurs sarriannais.

 

ALBIN RÉSISTE ! Son apport à la Résistance est essentiel.
Il est fondateur à Sarrians du Front national de lutte pour la Libération et l’indépendance de la France. C’est un mouvement créé par les communistes pour rassembler et unir les résistants de toutes opinions. (A ne pas confondre avec le parti de la famille Le Pen qui en a usurpé le nom.)

Puis il crée avec Marius Bastidon la filière sarriannaise du Maquis ventoux.
Enfin, il crée un réseau FTP de montée au maquis. Il est secondé par Antoine Diouf, instructeur militaire pour les jeunes du maquis.
Albin était un résistant sédentaire. Il continuait sa vie de paysan.

Au début, nous ne sommes que quelques-uns groupés autour de Bastidon et de Durand” se souvient Emile Girard, ancien maire communiste de Sarrians.
Aux yeux de l’immense majorité, tout est perdu. Pourtant Durand fait le tour des campagnes. Il recrute inlassablement. Puis avec Marius Bastidon, son ami radical-socialiste, il participe au ravitaillement des premiers maquis, il organise les premiers groupes-francs, aide les jeunes à échapper au STO. Il donne les instructions pour les départs sur le plateau de Sault.
Le Front National de Sarrians ravitaille le maquis, cache des gendarmes et des fonctionnaires et camoufle le matériel et les moteurs de grandes usines sabotées pour que les allemands ne les utilisent pas. Il organise l’évasion de prisonniers soviétiques enrôlés de force dans l’armée allemande, cache même pendant des mois les responsables départementaux du Front National clandestin, des républicains espagnols, et il collecte des sommes importantes.
A la maison Durand, il y a du passage.
La discrétion s’impose pour ne prendre aucun risque.
En particulier, les responsables départementaux des FTP organisent des réunions clandestines à la ferme Durand. Une réunion devait d’ailleurs se tenir le 2 août 1944, lendemain de l’assassinat.
Albin s’était éloigné quelques jours avant ce drame. Le climat n’était pas bon. Il était revenu la veille, sans doute pour honorer la réunion.
Et puis le 1er août, un commando de tueurs français, membres du PPF, de la Milice et de la Gestapo, appuyés par la troupe allemande, ont investi le village de Sarrians. Ils cherchaient les résistants communistes et en particulier Durand.
Tous les témoignages concorderont, lors du procès qui a été fait aux tueurs devant la Cour de justice de Lyon : les photographies que les hommes du commando avaient en main, c’étaient celles des communistes de Sarrians.
Le crime du 1er août est un crime politique.

N’oublions pas l’Histoire.
N’oublions pas qu’en Allemagne, Hitler est parvenu au pouvoir par une élection légale.
N’oublions pas que ce sont les députés français, élus du suffrage universel en 1936, qui ont porté au pouvoir le maréchal Pétain, abolissant ainsi la République.
Que les descendants idéologiques des collaborateurs relèvent aujourd’hui le front, cela ne peut qu’inquiéter tous les démocrates.
Albin Durand et ses amis n’avaient pas pour seul but la libération du pays. Ils défendaient aussi le Programme du Conseil National de la Résitance qui nous amena la Sécurité sociale, la retraite, le service public de l’énergie, et tant d’autres conquis aujourd’hui malmenés.

Paul Eluard avait écrit : « Si l’écho de leurs voix faiblit, nous périrons »
Chacun de nous a la responsabilité de ses choix, la vigilance seule ne suffit plus, il nous faut alerter et, inlassablement, rendant compte de l’Histoire, ne pas se contenter de prendre acte. Alerter, et, encore et toujours, résister.

Alors,  « Créer c’est résister. Résister c’est créer ».

Maurice DRUON, Gaulliste, ministre des Affaires culturelles en 1973-74. écrivait :

"Jeunesse n'oublie pas tout à fait"
"N'oublie pas qu'il avaient ton âge, ceux qui tombèrent pour que tu naisses libre et n'oublie pas que le liberté ne mourra jamais tant qu'il y aura des hommes et des femmes capables de mourir pour elle"

 

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N'oublions pas d'être également présent à la cérémonie 

DIMANCHE 2 AOÛT, LE BEAUCET : 

HOMMAGE aux 5 MAQUISARDS de Barbarenque 

(Exécutés par les nazis de la Division Brandebourg)

- Rassemblement : 18h00 PLACE DE LA MAIRIE

Tag(s) : #AGIR AVEC LE PCF

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