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Historiquement peu puissant, le Parti Communiste de Grande-Bretagne (CPGB), fondé en 1920, n'a jamais dépassé les 60 000 militants là où, à la même période, le PCF en revendiquait 800 000 .
En 1988, des militants refusant l'orientation Eurocommuniste du CPGB le quittent et fondent le Parti Communiste Britannique (CPB), connu depuis sous le nom de "Communist Party" . 
Le Parti Communiste de Grande-Bretagne  quant à lui, est officiellement dissous en 1991, les membres restants rejoignant soit "Democratic Left "(une  organisation politique de gauche ) soit le Parti Communiste Britannique

Le Parti Communiste Britannique (opposé a l ' Union Européenne décrite comme non démocratique et néolibérale )  est aujourd'hui considéré comme la continuation du Parti Communiste de Grande-Bretagne originel de 1920, il compte environ un millier de membres.

L'organe officiel du parti est le "Morning Star"(*) successeur du "Daily Worker", appartenant à une coopérative de lecteurs. 

Le Morning Star est diffusé quotidiennement entre 13 000 et 25 000 exemplaires . D'après John Haylett ancien rédacteur, lui-même membre du Parti Communiste Britannique, seulement dizième des lecteurs se désigneraient eux-mêmes comme communistes.

Le Morning Star est très actif dans le soutien à Jeremy Corbyn ( pourtant pro Européen (?),  voir  fin de l 'article suivant repris de l Humanité  ... ) dont la candidature  à la direction du Parti Travailliste  est présentée dans ses colonnes comme un espoir pour le socialisme en Grande Bretagne .

 

 

Extrait de l ' Editorial du Morning Star du 15 aout 2015

 

 

Un héraut des temps nouveaux

 

Cela semble inconcevable que la position politique de Jeremy Corbyn puisse être rejetée comme dépassée par ses détracteurs du Parti Travailliste.
L’accueil extrêmement enthousiaste reçu lors de ses apparitions publiques est une preuve que quelque chose de nouveau est en train de se passer.
À écouter ses trois rivaux  et la tripoté d'anciens dirigeants du Parti Travailliste, ressortie pour l'occasion d'une obscurité amplement méritée, nous pourrions penser que Jeremy Corbyn appartient à une période historique révolue.
Pourtant si cela était vrai, pourquoi des dizaines de milliers de personnes se rendraient-ils à ses rassemblements ou s'inscriraient-ils par centaines de milliers en tant que membre ou sympathisant auprès du Parti Travailliste?
Le député de North Islington préfère, pour sa part, se concentrer sur les questions politiques plutôt que de répondre aux propos diffamatoires ou aux insultes de ses adversaires.
 Il le précise clairement dans l'édition d'aujourd'hui du Morning Star : le gouvernement doit avoir un rôle stratégique dans l'économie, son objectif doit être : le plein emploi, un revenu réaliste et décent, des investissements pour répondre aux besoins de la population en matière de logement  et aussi le développement de la solidarité nationale et internationale.
Cette vision retient  l'attention du public  mais elle est rejetée par ses adversaires du Parti Travailliste comme étant de la poudre aux yeux, irréaliste et irréalisable.  Leurs appels à accepter la défaite aux législatives de mai derniers (ce qui revient à  « avaler » le programme d'austérité) et  leurs continuelles mises en garde sur le risque de décrédibiliser le Parti Travailliste en cas de désignation de Jeremy Corbyn comme candidat, ne sont que le reflet de leur incapacité à enthousiasmer les électeurs (....... ) Par leur soutien aux guerres, le scandale de leur train  de vie et leur soumission aux diktats des grandes entreprises ils se sont eux-mêmes discrédités. 
Ils ne manqueront pas de continuer à utiliser la peur, seule arme à leur disposition, pour tenter de faire oublier leur néfaste passé et même si les sondages sont confirmés et que Corbyn est désigné comme candidat, ces fantômes du passé tenteront tout ce qu’ils peuvent pour lui nuire.
Cependant la vague montante de soutien à sa politique anti-austérité peut contrecarrer ces petites manœuvres et encourager une union très large autour d’une alternative à l'orthodoxie néolibérale.

 

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Pour en savoir plus sur Jeremy Corbyn , un article de Thomas Lemahieu paru le  4 Août, 2015 dans L'Humanité

 

Jeremy Corbyn sème la gauche au Labour
 
Méconnue du grand public il y a quelques semaines encore, cette figure de l’aile gauche du Parti travailliste caracole en tête des sondages pour l’élection interne. Son discours anti-austéritaire rompt avec le blairisme.

Panique au New Labour, ce laboratoire sans pareil de la conversion totale de la gauche au néolibéralisme ! Après la magistrale déculottée des législatives 
le 7 mai dernier, suivie de la démission immédiate de son dirigeant, Ed Miliband, le Parti travailliste britannique est engagé, depuis quelques semaines, dans une campagne électorale interne qui pourrait bien s’achever par une profonde 
réorientation politique. À ce stade, en effet, alors que le vote des adhérents – et des sympathisants qui peuvent verser 3 livres sterling (4,20 euros) pour participer au processus – s’ouvre la semaine prochaine et s’achèvera le 12 septembre avec le congrès du Labour, c’est un candidat totalement inattendu et parfaitement hétérodoxe qui, avec 43 % dans les sondages, écrase ses trois adversaires, plafonnant chacun sous les 20 %… Mais qui est donc cet outsider, donné à 100 contre 1 par les parieurs lors de l’annonce de sa candidature il y a quelques semaines à peine ? Et comment a-t-il pu susciter un tel engouement populaire – salles combles pour ses réunions publiques – et recueillir le soutien d’une majorité de sections du parti ainsi que des fédérations syndicales les plus importantes du pays ?

Jeremy Corbyn appelle à rompre avec la politique de Cameron

Il s’appelle Jeremy Corbyn. Il est député travailliste de la circonscription d’Islington-Nord, dans la banlieue de Londres, élu à la Chambre des communes depuis 1983. Selon sa biographie narrée non sans dédain par une presse dominante qui brocarde sa « candeur » et ses « solutions du passé » face à un monde qu’il refuserait de voir comme « complexe », cet homme de 66 ans, compagnon de route des figures de l’aile gauche du Labour comme Tony Benn ou Ken Livingstone, ne boit pas d’alcool, est végétarien, ne possède pas de voiture, a épousé en troisièmes noces une Mexicaine importatrice de café équitable après avoir divorcé car sa deuxième femme souhaitait envoyer les enfants dans une école privée. Il a accompagné les campagnes d’Amnesty International pour réclamer la libération des prisonniers politiques chiliens sous Pinochet, fait partie du mouvement pour le désarmement nucléaire, s’est opposé à la guerre en Irak en 2003. Un pedigree loin, très loin du New Labour et de ses valeurs incarnées par Tony Blair. Mais ce n’est pas avec son parcours militant que Jeremy Corbyn parvient à percer, c’est son discours qui trouve un écho croissant dans un peuple de gauche qu’il réveille en Grande-Bretagne. Alors que les conservateurs, emmenés par David Cameron, imposent le remède de cheval de l’austérité dans tous les secteurs de la société, tout en repassant à l’attaque contre les droits syndicaux et contre les services publics, Jeremy Corbyn appelle à rompre catégoriquement avec cette politique mortifère dont les sirènes ont séduit très largement dans les rangs des dirigeants du Labour. « J’ai été en Grèce, j’ai été en Espagne, glisse-t-il. C’est vraiment très intéressant de constater que les partis sociaux-démocrates qui ont accepté les programmes austéritaires et ont choisi de les mettre en vigueur dans leurs pays ont perdu de très nombreux membres et, bien souvent, tout soutien parmi les citoyens. » Si Corbyn séduit les syndicats britanniques, dont les plus importants comme Unite ou Unison comptent plus d’un million de membres, c’est bien parce qu’il prône, lui, une taxation plus importante sur les profits et sur les riches, la propriété publique des chemins de fer, des services postaux et des télécommunications, une stricte régulation des marchés financiers, la fin du gel des salaires et l’arrêt des suppressions d’emplois dans la fonction publique…

Les concurrents de Corbyn dans la course à la tête du Labour font grise mine devant les sondages. Tony Blair sort de sa retraite de conférencier haut de gamme pour tenter d’empêcher la victoire, désormais possible, de cet adversaire. Lors d’un meeting à Londres il y a une dizaine 
de jours, il a conseillé aux gens dont 
« le cœur bat pour Jeremy Corbyn » de faire d’urgence une « transplantation ». « On ne gagne pas les élections avec un programme à gauche de la gauche », 
a édicté l’ex-premier ministre travailliste. Avec la foule croissante, de jour en jour, de ses milliers de partisans, le candidat à la tête du Labour, regard tourné vers l’Europe du Sud, compte bien le démentir…

 

Une autre voix sur l’europe  Selon une déclaration récente, Jeremy Corbyn estime que les Britanniques ne doivent pas déserter l’Union européenne et, au contraire, « se battre tous ensemble (avec les autres forces progressistes) pour une meilleure Europe ». Dans un entretien au New Stateman, le candidat à la tête 
du Labour précise toutefois : «  Si nous laissons des forces irresponsables détruire une économie comme celle de la Grèce, quand tout l’argent de l’aide financière 
va aux banques de toute l’Europe et pas du tout aux citoyens grecs, il faut quand même s’interroger sur ce que 
l’Union européenne fait et quel rôle 
nous jouons là-dedans… »

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