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Les 10 plus grandes fortunes françaises possèdent 60,6 % du montant de la dette grecque
 
Alix Vinégla
Mardi, 14 Juillet, 2015
Humanite.fr
 
Mercredi 8 juillet, comme chaque année, Challenges a publié son classement des plus grandes fortunes françaises. Retour sur des chiffres aberrants.

En tête du classement du magazine économique Challenges, Bernard Arnault, le patron de LVMH, conserve la première place, avec une fortune estimée à 34,7 milliards d'euros. Il est suivi par Liliane Bettencourt, héritière de L'Oréal, avec 30,9 milliards d'euros d'euros. Axel Dumas, patron d'Hermès international, gagne une place cette année et arrive troisième, avec 24,1 milliards d'euros, devant Gérard Mulliez du groupe Auchan.

Le patron d'Altice fait désormais partie de la famille des « gros bonnets »

Patrick Drahi, le patron d'Altice, fait une entrée fulgurante dans le classement des plus grandes fortunes de France, il passe directement de la 12ème à la 6ème place. À la tête d'Altice (SFR et Numericable en France, Portugal Télécom, etc.), mais aussi des titres de presse comme Libération, sa fortune est estimée à 16,7 milliards d’euros. Et sa fortune est en excellente santé, si on se fie au fait qu'Altice, le 23 juin dernier, a fait une proposition de plus de 10 milliards d'euros pour le rachat de Bouygues Telecoms. Patrick Drahi lorgne maintenant sur le câblo-opérateur Cablevision, selon un article du Wall Street Journal.

Des chiffres aberrants

Les 10 plus grandes fortunes de France rassemblent au total 195 milliards d'euros.

En 2014, les dix plus riches de France possédaient 141,5 milliards d'euros, leur fortune a donc augmenté de 53,5 milliards d'euros depuis l'année dernière  ( classement Challenges 2014 ), soit en moyenne plus de 5 milliards d'euros d'augmentation par membre du top 10. Concrètement, une augmentation annuelle de 5 milliards d'euros représente un « salaire » net de 417 000 000 d'euros par mois (soit 285 874 fois le smic) pendant un an.

Cela représente une hausse des fortunes de 38 % en un an. En comparaison, le PIB de la France n'a augmenté que de 0,2 % en 2014 et et le smic de 0;8% sur cette même période, passant de 1 445,38 € au 1er janvier 2014 à 1 457,52 € au 1er janvier 2015. Des chiffres qui laissent penseurs en cette période de crise pour les ménages.

 

De quoi effacer la dette grecque

Si on examine les chiffres en détail, l'argent des dix personnalités les plus riches de France représentent 195 milliards d'euros, soit 60,6 % de la dette grecque (321, 7 milliards d'euros).

L'augmentation des dix plus grandes fortunes françaises (53,5 milliards d'euros cette année) représente un sixième (17 %) de la dette grecque. Autrement dit, en considérant que l'augmentation des fortunes reste la même (alors qu'en vérité les augmentations gonflent un peu plus chaque année), la dette grecque serait remboursée en l'espace de six ans par la simple augmentation des dix plus grandes fortunes de France.

Les dix plus grandes fortunes mondiales, avec leurs 549,7 milliards d'euros, couvrent quant à elles 171 % de la dette grecque.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes ; le problème n'est pas un manque d'argent mais une malheureuse répartition des richesses. Les plus riches, toujours plus riches, sont paradoxalement les moins taxés et jouent d'un système fiscal trop tendre envers eux.

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Le pluralisme en danger : le tycoon français Patrick Drahi concentre à qui mieux mieux

 

Communiqué du SNJ-CGT

28/07/2015

 

Dans un silence assourdissant, le câblo-opérateur Patrick Drahi et son groupe Altice viennent de porter un nouveau coup au pluralisme en mettant la main sur le groupe NextradioTV dirigé par Alain Weill. Désormais, comme l’écrit Le Monde, « rien n’arrête plus la boulimie d’acquisitions de Patrick Drahi dans les médias ».


Avec ce partenariat stratégique noué avec M. Weill, l’empire Drahi s’étend non seulement de Libération à l’Express-L’Expansion, Mieux vivre son argent, Lire, Classica et les titres de la presse professionnelle via sa filiale Altice Media Groupe, mais aussi l’audiovisuel avec BFM-TV et RMC. On peut déjà parier que les autorités de la concurrence ne vont pas s’en émouvoir.

Les concentrations, avec leur cortège de financiarisation et de casse sociale, se poursuivent sans que rien, ni personne au sommet de l’Etat n’arrête les tycoons qui comme Drahi, Niel, Bouygues, Lagardère, Dassault, Bolloré, Arnault, etc s’emparent des médias les uns après les autres.


Alors que le service public de l’audiovisuel est soumis aux cures d’austérité qui le privent des moyens pour assurer ses missions, alors que l’AFP est sous le coup d’un hold-up social en règle par son PDG Hoog, le monopoly capitalistique s’accélère...au détriment de l’indépendance des médias.


Le SNJ-CGT dénonçait le mois dernier les manœuvres de M. Drahi, après l’annonce de son offre de rachat de Bouygues Télécom. « Le groupe Altice a un appétit insatiable, mais, surtout, un endettement colossal, 33 milliards d’euros. Et, pourtant, la BNP est prête à lui offrir une nouvelle ligne de crédit de plus de 10 milliards pour s’offrir Bouygues Télécom », écrivions-nous.
Face à la boulimie du milliardaire résidant en Suisse, le SNJ CGT avait mis en garde la profession : « Dans de telles conditions, une hémorragie dans les effectifs des rédactions et des coupes claires dans les budgets sont à prévoir. C’est l’information qui va en pâtir, car les dirigeants donneront la priorité au tout publicité ».


C’est encore plus vrai aujourd’hui.



SNJ-CGT

Tag(s) : #SE FORMER - COMPRENDRE

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