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Je vois déjà la mine ébahie des fidèles lectrices et lecteurs de Rouge Cerise.

Comment, voilà qu’à son tour, notre ami, notre camarade, est aspiré par le tourbillon sécuritaire aussi sûrement que Monsieur le Trouhadec par la débauche !
Lui aurait-on subtilisé son VTC de quinze ans d’âge à la faveur d’une pause-pipi le long du canal entre Velleron et Pernes ? Un voleur de poules aurait-il dérobé une de ses quatre vaillantes gallinacées qui vous pondent chacune leur œuf quotidien ? Un Canadair, par une manœuvre aussi périlleuse qu’acrobatique, aurait-il réussi à siphonner les trois mètres cubes d’eau de la piscine de plastique où il aime à s’ébattre ?
Que nenni ! comme dirait notre ami Serge Guérin, dont le prochain papier se fait attendre !
La vérité, c’est qu’en quelques jours à peine, on a pu vérifier que si, à en croire Hamlet, il y a quelque chose de pourri au royaume de Danemark, en Vaucluse la gangrène brun-marine s’étend, s’insinue, ronge, nécrose, à une vitesse exponentielle, sans qu’hélas ne se dressent en face les forces nécessaires.


C’est ainsi qu’à Sarrians, où l’on commémorait l’assassinat de nos camarades Antoine Diouf et Albin Durand par les fascistes du Parti Populaire Français protégés par un détachement allemand, on eut droit au spectacle ahurissant d’une Conseillère départementale FN dont les sympathies pour l’Afrique du sud de l’Apartheid n’étaient pas un mystère, déposant une gerbe à deux communistes torturés et achevés par les membres d’un parti dont plusieurs co-fondateurs du FN avaient été membres !
Comment ne pas penser à Desproges évoquant le torchon Minute (aîné de Valeurs Actuelles, oui, le journal auquel collabore (!) le « communiste » Jérôme Leroy) : «Vous lisez Minute? Non?Vous avez tort…Au lieu de vous emmerder à lire tout Sartre, vous achetez un exemplaire de Minute, pour moins de dix balles, vous avez à la fois La Nausée et Les Mains sales.
»
Plus près de nous, vendredi matin, sur la route de L’Isle à Velleron, le rictus carnassier de Marine Le Pen (à gauche) semblait menacer le profil virginal (à droite) de sa nièce chérie. À voir la colle dégouliner encore, nous fûmes pris d’un pressentiment.
Et s’IL était de retour !
Eh bien, les abonnés de Rouge Cerise en auront la primeur : IL est revenu. L’Homme au katana, l’homme qui veut « briser les membres des communistes à coups de marteau », qui propose aux militantes de même couleur ou/et aux « ignobles gouines » de se « faire sodomiser par les ratons », vous savez, cet « individu » dont monsieur de Lépinau (L’homme qui pose en lapin) expliquait doctement qu’ « il ne collait plus pour le Front national ». En d’autres termes, M.B. est de retour…
Pourtant, mes ami(e)s, pas la peine de s’alarmer! Monsieur le Procureur de la République nous l’a affirmé : « L’individu que vous soupçonniez a réfuté les accusations ! » CQFD, il n’est pas coupable… Le véritable littérateur, le polygraphe impénitent, c’est quelqu’un d’autre, un sosie, un ectoplasme, qui sait ? Le Vaucluse doit en être truffé puisque le même procureur a renoncé à faire rechercher le courageux anonyme qui laisse des messages de menaces au téléphone !

 

Bon, quoi d’autre ?

Samedi après-midi, Pernes-les-Fontaines, au cours du festival Font’Arts. Un agent de sécurité (1m80 environ, chauve ou rasé à 90 %, les 10% restants lui sortant des oreilles, œil torve et oreillette vibrionnante) en faction derrière une barrière dressée en travers de la route, s’épanche dans le giron d’une ASP (Adjointe de Sécurité Police) à vélo. Il parle fort, très fort (j’entends tout du distributeur de billets). Il s’indigne : il est là en plein soleil pour « ce festival de merde où y-a que des rouges, des anarchistes, des punks, toutes des racailles qui puent » (sic !)…
C’est à mon tour de m’indigner. Je lui crie de ma place que je suis « rouge » et fier de l’être et que je démens formellement puer! Comme s’il sentait une certaine ironie dans mes propos, il en rajoute une louche. La patience n’ayant jamais été ma vertu cardinale, le ton monte, je lui rappelle qu’il est au boulot, que la mairie de Pernes ne le paie pas pour insulter les festivaliers et le traite de fasciste. Curieusement, le mot ne le fâche pas. Il frémit, se rengorge, rectifie la position… Peut-être songe-t-il à postuler au DPS (Département Protection Sécurité du FN), malgré son orthographe défaillante. Un ami colleur d’affiches ne vient-il pas d’être recalé malgré des états de service impressionnants contre la racaille rouge? Il lui a montré le texte de la dictée. Il aurait fait pire : « Le fureur, le douche et le godillot félicitèrent le maréchal… » avait écrit son camarade. Comment deviner qu’il fallait écrire: « Le Führer,  le Duce et le Caudillo… » ? On est français quand même !

Bref, derrière mon ironie et mon humour en gros sabots, on comprendra que l’avenir me paraisse moins rose que morose, surtout dans notre département de Vaucluse.
Vallis Clausa, Vaucluse : la vallée fermée. C’est bien ce qu’ILS voudraient en faire.
On n’est pas obligés de se résigner! Sursum Corda* !

 

 Roger MARTIN


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*Haut les cœurs !

 

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