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Publié le 13 septembre 2015 par Front de Gauche de Pierre Bénite

( http://fdgpierrebe.over-blog.com )

 

Sur le thème de contre la guerre et contre l'austérité, Jeremy Corbyn triomphe ! Avec 59,5% des voix il prend la tête du parti travailliste anglais.

 

Cette élection est le résultat de ce qui bouge en profondeur dans la société britannique. Sous les coups de butoirs de la droite de Cameron, les britanniques souffrent et résistent. Ils aspirent comme de nombreux peuples européens à des changements profonds de politique avec le progrès social, les libertés, la démocratie et la paix comme fondements.

Cette élection met en ébullition le parti travailliste et le pays. La première tâche du nouveau leader est de rassembler le Labour, condition pour conquérir l'électorat britannique.

Ce samedi à Londres face à Westminster, des dizaines de milliers de personnes déferlent avec des panneaux en soutien aux réfugiés. La manifestation prend un tour très politique. Jeremy Corbyn, élu à la tête du parti travailliste le même jour, y prononce son premier discours. « Je n’ai jamais vu la place du Parlement aussi belle et heureuse qu’aujourd’hui ! Nous n’avons plus à avoir peur de l’extrême droite et des racistes. Un soulèvement populaire en faveur de la décence et de l’humanité est en marche. »

La foule applaudit à tout rompre. L’enthousiasme est contagieux. « J’ai pleuré ce matin quand j’ai appris le résultat, témoigne un employé du métro de Londres.C’est l’événement politique le plus heureux et le plus important que j’ai vu de mon vivant. » « Regardez l’énergie débordante qu’il y a ici ! C’est ce qu’il fallait au parti travailliste », renchérit un militant travailliste.


 

Samedi 12 septembre à Londre Jeremy Corbyn prononce sont premier discours de chef du parti Travailliste.

 

 

Pourtant, quelques heures plus tôt, dans la salle des congrès de Londres où les résultats ont été annoncés, l’atmosphère était différente. Les sièges étaient occupés par les cadres du parti et les députés. S’ils ont sauvé la face avec des sourires polis, la plupart sont consternés de la victoire de Jeremy Corbyn. L’homme est anti-guerre, anti-austérité, anti-armement nucléaire, et il prône des politiques à l’opposé de leurs convictions.
 

Les urnes ont pourtant parlé et la victoire dès le premier tour est sans appel. Jeremy Corbyn a réuni 59,5 % des voix lors des primaires du parti travailliste, déclenchées après la lourde défaite d’Ed Miliband en mai. De son propre aveu, cette énorme majorité, loin devant le deuxième, Andy Burnham (19 %), l’a « un peu surpris ». Le résultat est d’autant plus convaincant que le nombre d’adhérents au Labour a plus que doublé depuis que Corbyn est le favori.

Rapidement sept membres du cabinet actuel du parti travailliste ont annoncé leur « démission ». Ils refusent de travailler avec Jeremy Corbyn, mais ils demeurent députés. Yvette Cooper et Liz Kendall, deux des opposants de Jeremy Corbyn pendant cette primaire, ainsi que le médiatique Tristram Hunt font partie de la liste.

Iain McNicol, le secrétaire général du parti, lance un avertissement : « Le Labour est plus important que chacun d’entre nous. Les leaders vont et viennent. » Chris Bryant, un député assez influent, appelle à l’unité, demandant à Jeremy Corbyn de ne pas s’entourer que de ses proches : « Tout le parti doit rester ensemble. Si on n’en prend qu’un petit morceau, nous serons beaucoup moins forts. »

Offensif le nouveau leader a remercié publiquement tous ses opposants lors de son discours. Mais à 66 ans, après avoir été marginalisé pendant des décennies quand Tony Blair et Gordon Brown dirigeaient le Labour, il n’a pas l’intention de changer sa ligne politique.

La victoire de Jeremy Corbyn est une révolution chez les travaillistes habitués et lassés d'un parti qui prône le libéralisme alors que le pays s'enfonce dans la crise. Lassés aussi de voir une alternance droite/ travailliste faire la même politique. Si Podemos en Espagne ou Syriza en Grèce ont provoqué des mouvements populaires similaires, il s’agit de partis qui n’ont pas été au pouvoir auparavant. Les travaillistes ont eux une longue habitude de gouverner et sont une machine à conquérir le pouvoir. Cela peut conduire à des bouleversements politiques considérables en Grande Bretagne au moment même où tous les médias européens et internationaux font des éloges à la royauté à l'occasion du record de longivité de la reine.

Paula Mitchell témoigne. Distribuant le fanzine de son parti dans la manifestation pour les réfugiés, elle raconte comment elle a été expulsée du Labour dans les années 1990. Elle faisait partie de Militant, un groupe trotskyste que la direction des travaillistes avaient décidé d’exclure. À l’époque, Jeremy Corbyn s’était d’ailleurs opposé à cette décision. « Vous allez voir, ils vont progressivement l’encercler, le forcer à l’erreur, et le faire chuter. Je pense qu’il est presque impensable qu’il réussisse à tenir jusqu’en 2020 », date des prochaines élections législatives.

Selon elle, la tâche est presque impossible pour le leader travailliste. « Il faut qu’il change fondamentalement le Labour de l’intérieur. Cela nécessite d’en faire sortir les blairistes. » qui détiennent toutes les positions et postes clés.

Face à ces militants du passé qui vont tenter de s'accrocher pour garder la ligne du parti à droite, Jeremy Corbyn a pour lui une vague d’enthousiasme exceptionnelle, du jamais vu. Le peuple de gauche britannique, longtemps délaissé, s’est remobilisé en se retrouvant un vrai porte-parole. Il était temps : depuis la victoire de Tony Blair en 1997 et suite à sa politique libérale le Labour a perdu près de cinq millions de voix. L’Écosse, autrefois un bastion imprenable, a été conquis par les indépendantistes du SNP (Scottish National Party). Dans le nord de l’Angleterre, l’UKIP a rassemblé une bonne partie des voix des classes populaires.

La mobilisation des militants de gauche sera t-elle suffisante pour aider Cobyrn a imposer sa politique progressiste au Labour et conquériir une capacité de rassemblement des britanniques pour mettre en oeuvre une politique fortement attendue par les classes populaires.

 

Les semaines à venir répondront à la question. Ce qui est sur c'est que le combat s’annonce rude.

 

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Pour en savoir plus

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Tag(s) : #JE LUTTE DES CLASSES

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