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Smart-Daimler-Benz : le vrai visage de la "négociation d’entreprise", ou l’exemple parfait d’un monde sans loi dominé par le chantage patronal à l’emploi

Lors de son discours du 12 septembre à la fête de l'Humanité,à propos du résultat du référendum auprès des travailleurs de l'usine Smart, Pierre Laurent s'interrogeait : " quelle est cette démocratie ou le travailleur a le droit de répondre à une question piège mais jamais de poser la question ? " ..." les travailleurs n'ont-t-ils pas le droit de poser une autre question ?"   et cette question elle pourrait être : " êtes-vous d'accord pour travailler 32 heures, pour que nous embauchions des jeunes de la région et que nous diminuions les dividendes des actionnaires ? " . Sans doute, le résultat du référendum serait-il tout autre...

Voici provenant du sîte du syndicat CGT unilever un décryptage de ce chantage à l'emploi.

Publié le 13 septembre 2015 par Syndicat CGT Le Meux 

 

 

 

LES MÉDIAS FONT UN GRAND BATTAGE SUR LA CONSULTATION PATRONALE DES 800 SALARIÉS DE L’USINE DE MOSELLE APPELÉS À SE PRONONCER CONTRE LEURS PROPRES INTÉRÊTS.

AU DELÀ DU MENSONGE MÉDIATIQUE, DÉCRYPTAGE.

 

1. Smart ? De quelle société s’agit-il ? Une filiale Daimler Mercedes Benz

Smart (dérivé du nom de projet Swatch Mercedes Art car1) est une marque automobile allemande créée en 1994 sous l’impulsion du groupe horloger suisse Swatch en collaboration avec le constructeur allemand Mercedes-Benz.

Fondé en Suisse en 1994 sous le nom de Micro Compact Car AG (MCC), de 2002 à 2006 l’entreprise, spécialisée dans la manufacture de micro-voitures citadines à deux places, opère sous le nom Smart GmbH, puis est entièrement reprise et incorporée dans la division Mercedes-Benz du groupe allemand Daimler AG.

Daimler AG (anciennement DaimlerChrysler AG), dont le siège social est à Stuttgart en Allemagne, est un constructeur d’automobiles et de camions ainsi qu’un fournisseur de services financiers (via Daimler Financial Services). DaimlerChrysler naquit de la fusion en 1998 de Daimler-Benz AG et de Chrysler Corporation. En 2007, à la suite des mauvais résultats du groupe, la branche Chrysler du groupe fut revendue et, en octobre, la société renommée Daimler AG.

Actionnariat de Daimler

Après le retrait, le 11 octobre 2012, d’Aabar Investments, contrôlé indirectement par le gouvernement de l’émirat d’Abu Dhabi 9,1 % ,

- l’État du Koweït est devenu le plus gros investisseur de Daimler AG avec 6,9 % suivi par la Deutsche Bank avec un peu moins de 4,35 % et l’émirat de Dubaï avec un peu plus de 2 % des actions du groupe8.

La répartition des actionnaires par régions 9 :

• 72,2 % Investisseurs institutionnels

• 17,8 % Investisseurs privés

• 6,9 % Koweït

- 3,1 % Alliance Renault-Nissan

2. Le chantage à l’emploi

- Les 800 salariés de l’usine automobile Smart, basée à Hambach, ont été appelés par la direction à se prononcer ce vendredi sur une proposition censée économiser 5% de la masse salariale.

Les médias présentent ça comme une affaire de temps de travail, les salariés auraient dit « oui » aux 39 heures payées 37

Le taux de participation s’est élevé à 93,3%.

Dans un communiqué lénifiant, la direction de Smart France s’est félicitée « de ce résultat qui confirme l’engagement de ses coéquipiers en faveur de l’usine de Hambach ».

- La proposition des dirigeants de l’usine conduirait à remonter le temps de travail hebdomadaire de 35 à 37 heures dès l’automne, puis à 39 heures entre 2016 et 2018, avant de redescendre à 35 heures en 2020.

En contrepartie, les salariés seraient augmentés de 120 euros brut par mois et toucheraient une prime de 1 000 euros, versée sur deux ans. Soit - pour la rémunération hors prime - 12% de hausse de la durée du travail, contre 6% seulement d’augmentation salariale. Ou encore 90 euros nets par mois en plus pour 17 heures supplémentaires, au lieu de 260 euros normalement.

Ce qui revient à payer quatre heures supplémentaires 30% en dessous du Smic horaire (5,19 euros net de l’heure).

- En échange, la direction garantirait l’emploi jusqu’en 2020, et s’engage à embaucher 50 personnes.

Sinon, llx procédera à de nouveaux licenciements, à commencer par les intérimaires.

- La raison de cette « proposition" n’est pas difficile à comprendre.

L’entreprise va bien, et un tout nouveau modèle vient d’être lancé. Un accord de modulation du temps de travail existe également, et les "modulants" ont déjà plusieurs dizaines d’heures de déficit.

- En fait, la boîte veut envoyer un signal à la direction de Daimler. Le maintien de l’emploi d’ici à 2020? C’est impossible à promettre, surtout dans l’automobile, où les retournements peuvent être rapides. Il n’y a qu’à voir Continental à Clairoix, remonté à 39 heures avant de fermer deux ans plus tard.

- Quant aux 50 embauches ? Oui, ils vont faire signer 50 CDI parmi les 160 intérimaires actuels, et vont virer les autres. Au final, il y aura 110 personnes sur le carreau.

- Les économies pour l’entreprise, par ailleurs, paraissent légères. Certes, elle économiserait au final quelque 5% de sa masse salariale. Mais le coût du travail, dans l’automobile, ne représente guère plus de 25% du coût final d’un véhicule. Soit une baisse des dépenses de 1,5% par voiture. Une économie réelle, mais qui reste bien modeste.

3. Un monde patronal européen qui agit sans loi

- Certes, la nature juridique de la proposition pose question. L’entreprise n’étant pas en difficulté, elle ne peut s’inscrire dans un "accord de maintien de l’emploi" tel que le propose la loi de juin 2013.

Quand bien même les syndicats signeraient un tel accord, il risquerait donc de ne pas être opposable aux salariés. Seuls les employés acceptant, individuellement, une modification de leur contrat de travail, pourraient alors remonter aux 39 heures payés 37.

- Comme l’Union européenne a été construite hors des lois sociales, le patronat y fait ce qu’il veut.

En Moselle, chez Smart, la loi qui régit les relations sociales n’est ni la loi française ni la loi allemande, mais le no man’s land sans loi conquis par le patronat.

- Si les médias relaient à fond cette aventure mosellane, c’est qu’elle semble soutenir le rapport Combrexelle dans ce qu’il offre de meilleur au patronat : l’émancipation de toute règle sociale.

- Mais Daimler Benz Smart démontre en fait que le but réel du patronat, ce n’est ni la loi ni l’accord mais un droit absolu d’agir comme bon lui semble, le chantage à l’emploi figurant l’utilisation de l’arme dissuasive du chômage et le pouvoir patronal absolu de licencier, que l’entreprise aille bien ou non.

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Quelques informations supplémentaires sur le résultats de ce scrutin au sein de l'entreprise Mosellane SMART,  ou l'on s'apercoit après analyse, que les résultats ne sont pas ceux que les journaux veulent bien nous présenter.

Article provenant du blog " les échos de la gauchosphère " http://gauchedecombat.net/

le 12 septembre 2015.

 

Chez Smart, la guerre des classes a bien eu lieu

Simple exemple comme cela en passant d’une information tronquée au profit de la thèse libérale dominante, la manière dont la consultation des salariés de l’usine Smart à Hambach (Moselle) a été traitée me semble significative du peu de sérieux et d’objectivité de nos journaux français. En effet, la plupart se sont empressés de titrer, comme pour encourager les positions régressives du Medef et de l’aile droite du PS, que les salariés de Smart ont voté à 56 % pour un retour aux 39 heures payées 37, ce qui signifierait leur adhésion pleine et entière aux thèses libérales.

C’est aller un peu vite en besogne, la réalité étant quelque peu plus nuancée. En effet, bien que ce résultat soit exact, il convient de souligner la composition de ce vote auquel 385 cadres consultés et seulement  39 % des  367 ouvriers (qui ont voté contre à 61%) ont participé. Les intérêts de ces deux catégories sont tout à fait différents, puisque les cadres étant forfaitisés, cela ne change pas grand chose pour eux. Par contre, chez les ouvriers, l’amertume est palpable, et plusieurs témoignages démontrent qu’ils se sentent clairement victimes de chantage à l’emploi (la direction menace de délocalisation en Slovénie), même parmi ceux qui ont voté pour.

En outre, il suffit de se souvenir du cas des salariés de Continental à Clairoix à qui on avait fait la même promesse intenable de remonter à 39 heures pour sauver leur entreprise, et qui l’ont vu fermer deux ans plus tard…. Cynisme patronal.

Un exemple qui montre clairement que l’on n’est pas tous égaux face à l’emploi, n’en déplaise aux libéraux qui choisissent d’ignorer la pression que subit le salarié dans le cadre de négociations dans l’entreprise, alors qu’il n’y est pas en position de force. Pour rétablir l’équilibre plus mesuré de ce rapport dominant, on attend avec impatience le positionnement des syndicats. Puisque d’eux dépendra la solidarité avec les intérêts des ouvriers, plutôt que des cadres… Espérons qu’il n’y aura pas de syndicats renégats pour entériner cet accord inégalitaire.

 

Post-scriptum : on apprend aujourd’hui que la CGT et la CFDT ne signeront pas l’accord. De fait, celui-ci est donc bloqué.

 

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NOM DE CODE ALEX
Réalisation de notre camarade Alexandra Rollet
  

 

Dans le cadre du 70ème anniversaire de la libération du territoire

et de la Victoire sur le nazisme,
 

Vendredi 2 octobre à 20h30
 
Salle des fêtes de l’Hôtel de Ville d’Avignon

 

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Tag(s) : #JE LUTTE DES CLASSES

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