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Publié sur le blog de Gérard Filoche le 16 décembre 2015

 

Smart, la mystification Macron et l’illusion Le Pen

A peine deux jours après les élections qui ont donné le résultat que l’on sait, les urnes pas encore refroidies qu’apprend-on ?

Chez Smart, alors que le vote des ouvriers avait repoussé la réorganisation du temps de travail, la direction de l’entreprise leur a fait signer individuellement une modification des contrats de travail.

C’est illustration la plus claire de la violence, du mépris et de la brutalité appliqués à une collectivité.

Il n’aura donc pas fallu très longtemps pour que l’on voie dans sa nudité virginale en quoi le « Ligne MACRON » est une pure illusion, une mascarade.

Le respect de la démocratie n’étouffe pas les tenants de l’augmentation des dividendes. D’ailleurs si l’entreprise était une démocratie ça se saurait !

Les dirigeant de cette entreprise on donc fait en sorte d’utiliser le chantage le plus clair pour induire un comportement individuel : Si collectivement un salarié peu se prémunir contre cette violence, il n’a aucun moyen de se prémunir contre une violence qui s’exerce individuellement contre lui.

Que fait la direction de l’entreprise ? En quelque sorte elle lève le secret de l’isoloir qui ne lui a pas donné satisfaction pour le remplacer par un contrat individuel, dont on voit bien ce que le refus de le signer impliquera : licenciement et chômage.

Les donneurs d’ordre disposent pourtant d’une usine rentable, qui n’a nul besoin de compresser ses coûts pour survivre. Dès lors on ne peut qu’en conclure qu’il y a autre chose, encore plus grave derrière cette affaire caricaturale : La volonté d’écraser toute velléité de résister. Aucune expression, même la plus policée et civilisée ne sera tolérée.

Il y a fort à parier qu’ils ne reconnaîtront jamais leur responsabilité sociale et politique, les seul comptes qu’ils aient à rendre, c’et à leurs actionnaires.

Que peut faire un salarié face à cette pratique de terreur sociale ?

Il a exercé son droit de vote et a dit non, ses organisations syndicales locales ont fait ce pourquoi elles étaient mandatées, et pourtant il se voit imposé par la violence ce contre quoi il s’exprime.

Il constate que son gouvernement ne voit rien à redire à ce à quoi il est confronté, non seulement le silence de nos politiques est assourdissant, mais pire encore il le théorise.

Pas un mot de monsieur Macron, qui continue de penser que le travail du dimanche doit être basé sur le volontariat, et à entretenir la mystification selon laquelle un salarié et un employeur traiteraient à parties égales lors de la signature d’un contrat de travail.

Pas un mot de Monsieur Le Foll, qui, dans une magnifique langue de béton, répondant à Madame Polony devant les caméras, à propos du volontariat du travail du dimanche : « Madame Polony, pourquoi imaginez-vous le pire ». Et bien Monsieur Le Foll, le pire et là sous vos yeux.

Pas un mot de Monsieur Hollande, celui qui pensais que la finance était son ennemi il y a encore deux ans.

Ces tenants de l’adaptation individuelle du contrat de travail semblent très bien se satisfaire de ce coup délibéré donné au dialogue social collectif. Ils sont parvenus à transformer 44 % de refus dans le secret de l’isoloir en 90 % d’acceptation en public (résultat du vote des salariés Smart versus le nombre de signature des avenants aux contrats de travail selon la direction de l’usine). Quelle belle victoire !

Ah ils font du beau travail ces cadres de haut niveau et ce personnel politique aveugle. La mascarade du volontariat est une évidence, elle ne les empêche pas de continuer de jouer avec.

Allez-vous ouvrir les yeux ? Allez-vous enfin comprendre là où vous menez le pays ? Hélas je vous crois trop intelligents pour ne pas le savoir d’avance.

Ceux de Hambach sont probablement les fils des métallurgistes trahis dans les années 70. Ils ont vus Hollande leur tenir un joli discours sur le toit d’une camionnette en 2012.

Que peut-il se passer dans une tête de salarié qui se voit ainsi dénudé de sa fierté et de sa dignité la plus intime ?

Il cherche sans aucun doute une perspective politique qui lui permette de faire dignement face, de ne pas utiliser la violence face à cette brutalité. Où peut il la trouver lorsque ses représentants naturels, ceux dont on pourrait penser qu’ils agissent en son nom, se taisent ou pire encore, cherchent à généraliser « l’inversion des normes juridiques ».

C’est sous ce vocable complexe, qui semble éloigné de ses préoccupations immédiates que ce cache le concept dont il est victime. C’est en effet en théorisant le remplacement du rapport collectif par un rapport individuel que M. Macron s’est fait un nom et une loi. Pourtant l’histoire de la démocratie est précisément celle du rapport politique collectif affrontant le rapport individuel à travers entre autre les élections.

Lorsqu’il organise et légitime une violence légale, permettant tous les chantages au chômage en la renommant « volontariat », il ne fait rien d’autre que de transformer les mots, pas la réalité.

Vous vous interrogez sur les raisons du vote massif Le Pen ? Commencez par cesser de désespérer Hambach où le FN passe les 50 %  (à Billancourt on vote maintenant LR à 64 % et FN à 6 %).

Ces votes sont les exutoires politiques d’une désespérance sociale. C’est le résultat de ce musèlement de cette « France d’en bas » qu’on s’évertue à ne pas entendre.

Le paradoxe c’est que Mme Le Pen n’a pas non plus dit un mot sur cette question, et pour cause ! Elle partage cette même volonté de rendre silencieux les mêmes. Elle partage le même point de vue que LR et PS : Tais toi et bosse !

 

Richard Bloch (cheminot ex-CFDT, puis CGT et aujourd’hui responsable CGT  sur Paris des conseillers du salarié)

Tag(s) : #JE LUTTE DES CLASSES

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