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Cette tribune libre est publiée sous la responsabilité de son auteur et n'engage ni le PCF ni la section Oswald Calvetti.

Il y a dans les milieux populaires un grand attachement au terme « gauche ». Nostalgie d’un temps où le capital consacrait beaucoup d’efforts à gagner sa guerre froide contre les pays socialistes (ce qu’il a réussi à faire) et cédait donc plus facilement aux luttes populaires. L'alliance des partis socialiste, radical et communiste (partis qui à l'époque avaient une réelle influence) a donc pu mettre en oeuvre quelques grandes conquêtes sociales, des congés payés aux 35 heures en passant par la retraite à 60 ans ou la sécurité sociale. Cette époque s’est terminée avec la défaite des pays socialistes et, depuis bientôt 30 ans, on chercherait en vain une grande victoire sociale.

Mais faisant fi de cette triste réalité, ceux qui invoquent « la gauche » pullulent. Leur point commun le plus notable est que, profitant de ce qu’il n’ existe pas une définition partagée par tous de "la gauche", chacun la définit  à sa façon. Les uns sont un « gouvernement de gauche », les autres cherchent à « bâtir une alternative à gauche » et chacun veut unir, sous sa houlette, « la grande famille de gauche ».

Cette absence de définition du mot « gauche » pourrait rendre risibles ces politiciens qui parlent ainsi d' « on ne sait quoi », et disent donc  « n’importe quoi », renforçant  l’image peu flatteuse qu’ a  d'eux la population.

Eh pourtant non !

Cette notion « gauche », jamais définie, est l'habillage des petites et odieuses combinaisons politiques visant à faire croire, par exemple, que ceux qui font la loi Macron  ou l'ANI  et ceux qui en subissent les conséquences  seraient unis, comme frères et soeurs, dans une grande famille qui s'appelleraient "la gauche". Exploiteurs et exploités la main dans la main, quelle bénédiction pour le MEDEF et ses commis du gouvernement ! Ces  Tartuffe  des temps modernes s'écrient rose, de plaisir, « Gauche, cache cette lutte des classes que je ne saurais voir! »  Pas étonnant que, Cambadélis en tête, cette gauche indéfinie fasse frétiller toutes les variété de sociaux-démocrates à quelque parti qu’ils appartiennent (et il y en a malheureusement jusqu'au sommet  du mien!).

Il me semble qu’un communiste, soucieux de clarté et d'efficacité, proposerait qu'on considère "de gauche" celui qui lutte pour que les travailleurs gardent les richesses qu’ils produisent, et donc que soit "de droite" celui qui aide le capital à accaparer une part toujours plus grande de ces richesses. Ainsi aucune confusion ne serait possible: Hollande, qui a fait cadeau de milliards au MEDEF, apparaitrait clairement « de droite ».

Cela n'est pas sans conséquences pratiques.

Les uns appellent "la gauche" à prendre le pouvoir, ce qui n'engage à rien et surtout pas à sévir contre le capital. Tout au plus s'agit-il de remplacer Nicolas par François. Le triste bilan du quinquennat témoigne de leur impuissance à améliorer le sort des couches populaires ou même celui de la très grande majorité de la population. La capitulation puis la collaraboration, chaque jour plus honteuse, de Syriza en Grèce le confirment.

Le combat des communistes est tout autre: il s'agit d'unir tous les exploités pour se débarrasser des exploiteurs et de leur système capitaliste et de construire un monde d'où sera bannie toute exploitation de l’homme par l’homme.

C’est incontestablement plus exigeant car il faut relever le défi de la terrible lutte de classe qu’impose, au quotidien, les exploiteurs aux exploités; de plus l’objectif, bien qu’enthousiasmant, peut paraître lointain, incertain, voire utopiste. Cependant souvenons-nous que « celui qui combat peut perdre mais  que celui qui ne combat pas a déjà perdu » et qu’avec cette "union de la gauche indéfinie" l’échec est certain. Alors refusons de parler de n'importe quoi et retroussons nos manches. 

 

Enver

Militant communiste

 

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Assemblée générale du Comité local de Pernes

de l'ANACR

Samedi 13 février à 14H 

Centre culturel des Augustins à Pernes

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Tag(s) : #TRIBUNE LIBRE

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