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Article du blog de Vivian Point

Notre ami et camarade Fernand MARIN est decédé à l'âge de 96 ans.
Un hommage lui sera rendu par la ville et le Parti Communiste Français

VENDREDI 12 FEVRIER A 10H SALLE DES FETES DE SORGUES

 



 

Né le 19 mars 1919, dans une famille de fermiers devenus exploitants agricoles indépendants comptant sept enfants, Fernand partage sa vie entre les champs avec ses frères et sœurs et l’école où il est un bon élève. Il entre ensuite à l'école normale d'Avignon dont il sort muni d'un brevet supérieur. Arrive 1936 et le Front populaire où comme il l’écris dans son livre « Café des palmiers » son cœur commençait à faire de la politique ». En 1939, obligé de rejoindre la caserne Chabran à Avignon, il tisse des liens d’amitié avec René Vietto, héros du tour de France. Rapidement il est affecté à un peloton d’élèves officiers de réserve et rejoint la caserne Vassoigne à Hyères. En février, un instituteur Varois l’invite à venir ce soir au « Café des palmiers » sans lui en dire plus. C’est dans le brouhaha que se tient une réunion politique. Sa volonté de combattre le fascisme le conduit à adhérer ce soir-là au Parti Communiste Français clandestin.

Fait prisonnier, il s’évade de l’école de cavalerie de Saumur où il est emprisonné. De retour sur ses terres vauclusiennes, il est nommé à l’école des Michelons à Gordes et s’engage dans la résistance. En 44, après la libération du Vaucluse, il participe activement à l’activité du Parti Communiste. Le représentant de la fédération de Vaucluse, Pioline, se présente à lui et lui propose de devenir secrétaire à l’organisation. Il accepte et se met en disponibilité de l’éducation nationale pour devenir permanent à la fédération. Cette responsabilité le conduit à découvrir le monde ouvrier qu’il connait encore peu, à travers notamment de ses nombreuses visites dans les cellules des entreprises vauclusiennes. Après l’élection de René Arthaud en 1946 et sa nomination comme Ministre de la Santé Publique, Fernand devient son chef de cabinet. Aux côtés de René Arthaud et d’Ambroise Croizat alors ministre du travail, il participe à la création de la sécurité sociale, cette très grande conquête du monde ouvrier que le monde entier nous envie mais qui fait l’objet d’attaques permanentes de la part du patronat et de la droite. C’est avec fierté que Fernand parlait du travail réalisé au cours de cette période. C’est au sein du ministère qu’il rencontre Claude et c’est à la Fête de l’Humanité qu’est né un amour partagé toutes ces années.

Lorsque Léon Blum écarta les ministres communistes du gouvernement, il rejoint la nouvelle école du parti à Viroflay. En janvier, André MARTY le glorieux mutin de la mer noire qui avait refusé de combattre la flotte russe après la révolution d’octobre lui proposa de rejoindre l’Algérie pour diriger le journal « Alger Républicain ». Une responsabilité qu’il accepte en compagnie de Claude et rejoint l’Algérie puis le Maroc où il avait la responsabilité de guider les pas du Parti Communiste marocain. De retour à l’Ilse sur sorgue, Claude et Fernand se marient le 13 aout 1947. Son activité militante se poursuit en faveur notamment de la pétition sous l’appel de Stockholm contre l’usage de la bombe atomique et qui lui valut d’être mis plusieurs fois au « violon » du commissariat d’Avignon. En parallèle, Fernand est un sportif émérite, athlétisme et le rugby, rythment sa vie. En 1951, il réintègre l’Education Nationale à Carpentras et plus tard à Avignon. Puis, ce fut la venue au monde de notre camarade Jean Francois.

En 1953, Fernand est élu Conseiller Municipal d'Avignon et anime farouchement l'opposition communiste au maire de la ville, Edouard Daladier. Fin 1955, il est élu pour la première fois député de Vaucluse. Après le push d’Alger, il vota contre les pleins pouvoirs au Général De Gaulle. Lors de la dissolution de l’assemblée, il réintégre l’Education Nationale sur Avignon. Malgré de nombreux soutiens dont celui d’Augustin Mourna, Maire de l’Isle sur Sorgue, Fernand ne se présenta pas aux élections municipales dans son pays natal mais à Sorgues ou il élu Conseiller Municipal puis maire en 1965 après le décès du Maire, le docteur Gavaudan. Conscient de la nécessité de moderniser la ville, il s’engage avec la majorité d’union de la gauche de vastes travaux : la zone industrielle de Fournalet, de nouvelles écoles, l’installation de la sécurité sociale, la salle des fêtes, la première maison des jeunes en Vaucluse, la piscine d’été aujourd’hui démolie, le foyer logement, le stade Badaffier, le boulodrome, la rénovation du centre-ville, le lancement de la déviation de la 7, la création de nombreux lotissements, le quartier de Chaffune, la bourse du travail CGT, le village Ero, le centre administratif et biens d’autres réalisations encore. Le 12 mars 1967, il est à nouveau élu député. Apres les évènements de mai 1968, de Gaulle dissout l’assemblée nationale. La peur du bouleversement l’emporta sur l’espoir d’un changement, son deuxième mandat dura quinze mois. Fidèle à son engagement, il fut tout au long de sa vie, un ardent défenseur de la classe ouvrière, toujours au côté et souvent en première ligne des rassemblements et manifestations pour l’emploi. Son attachement en faveur de la paix le conduisit naturellement à jumeler Sorgues avec la ville de Wettenberg en Allemagne. En 1973, il est élu Conseiller général du canton de Bedarrides, un mandat qu’il assume jusqu’en 1985. Le 19 mars1978, il est à nouveau élu député et pour la troisième fois il ne pourra mener son mandat à terme, il perd en 1981 sous l’effet de « la vague rose » après l’élection de Mitterrand. Les années 80 furent douloureuses. La montée de l’extrême droite, l’échec des pays de l’est, la déception après 1981..tout cela contribua à la perte de son mandat au département et en 1989, le jour de son 70ième anniversaire, à la mairie.

Malgré ces épreuves, il reste fidèle à son idéal communiste jusqu’à la fin de sa vie. Le mandat de maire fut sans aucun doute celui qui l’aura le plus marqué. Son grand regret aura été de ne pas pouvoir répondre aux nombreuses demandes d’emploi. Le maire disait- il, ne peut tout faire mais il est bien difficile de le faire comprendre. Fernand a marqué l’histoire de notre parti en Vaucluse. La première fois que je l’ai rencontré c’est devant l’usine TECNOMA à Vaison la Romaine. Le jeune adhèrent que j’étais était très impressionné devant ce militant à l’incroyable parcours. Puis je le revis ensuite régulièrement à Sorgues. Il y a peu encore, il venait aux réunions du parti, toujours présent chaque fois qu’on lui demandait un soutien, un texte. Il a marqué la vie de très nombreux camarades, nous lui devons beaucoup et il restera à jamais gravé dans nos mémoires. En 1993, dans un ouvrage dont le titre est « Café des Palmiers », il revient sur son parcours politique là où tout a commencé.

Vivian POINT

Conseiller municipal de Sorgues

 

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La cellule Jean Lèbre et la section Oswald Calvetti

vous invitent au:

 

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