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Par Paule Masson Jeudi, 4 Février, 2016 L'Humanité

"Face à la flambée des cas, souvent cantonnés à l’anonymat médiatique, de criminalisation de l’action syndicale, la sévérité de la sanction infligée aux Goodyear a déclenché une alerte d’urgence vitale pour la défense des libertés syndicales"

 
La condamnation des 8 de Goodyear à de la prison ferme le 12 janvier dernier n’avait qu’un seul but : faire peur. Et faire taire. Mais, loin de provoquer une paralysie sociale, ce verdict d’injustice a déclenché un élan de solidarité qui prend de la force. La pétition de la CGT compte plus de 150 000 signatures, des centaines de personnalités du monde artistique, universitaire, politique ou associatif ont signé un appel pour exiger la relaxe, et aujourd’hui la mobilisation se fait entendre dans la rue.
 
Face à la flambée des cas, souvent cantonnés à l’anonymat médiatique, de criminalisation de l’action syndicale, la sévérité de la sanction infligée aux Goodyear a déclenché une alerte d’urgence vitale pour la défense des libertés syndicales. Bien sûr, dans une période où le gouvernement affiche sa fermeté sur tous les fronts, le rapport de forces permettant de s’extraire de l’étouffoir sécuritaire ne se construit pas en un jour. « Défendre son emploi n’est pas un crime », affiche la CGT. Un mot d’ordre qui trouve écho auprès de nombreux salariés, conscients de se trouver du côté de ceux qui ont beaucoup à perdre. Déjà, au moment de l’affaire de la « chemise arrachée » à Air France, plus de la moitié des Français disaient comprendre la colère du personnel de la compagnie.
 
Depuis plusieurs années – Nicolas Sarkozy avait donné le coup d’envoi à la basse œuvre – le syndicalisme revendicatif est dans la ligne de mire des anges gardiens de l’orthodoxie libérale. Ça tire en rafale. La CGT essuie les plus rudes coups. Seule une pratique syndicale docile, qui accepte de négocier des reculs sociaux camouflés en mesures d’adaptation au monde moderne, trouve grâce à leurs yeux. À l’heure de la constitutionnalisation d’un état d’urgence réducteur de libertés et de la refonte à droits « inconstants » du Code du travail, il leur faut resserrer le bâillon, jusqu’à la prison. Pour l’exemple. Mais cette bataille n’est pas la première qui semble perdue et peut être gagnée.
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Quelques images du rassemblement devant le Palais de Justice et la Préfecture d' Avignon en soutien aux 8 de Goodyear ( 4 fev 2016 )
 
 
 
 
 
Tag(s) : #JE LUTTE DES CLASSES

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