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Photo de garde : AFP – Fred Dufour

Article tiré de l’Humanité  le 16 février 2016

L’éditorial de Maud Vergnol :  » Le premier ministre commence donc à ouvrir les yeux devant l’un des plus grands gâchis d’argent public, dont les milliards ont atterri dans les poches des actionnaires au détriment de l’emploi et des salaires. On comprend que l’exercice soit compliqué pour celui qui a tout misé sur ce pacte avec le diable, péché originel d’un quinquennat qui a échoué à inverser la courbe du chômage. »

L’échec du pacte de responsabilité est si cuisant que même Manuel Valls,son ardent promoteur, est obligé de l’admettre du bout des lèvres. « Nous ne sommes pas aux objectifs que nous nous étions fixés », a-t-il consenti, la veille d’une conférence de presse du Medef, envisageant de « conditionner les aides aux entreprises ». Il était temps ! Sa propre majorité l’en avait supplié l’été dernier, lorsque la direction du Parti socialiste s’était prononcée en faveur d’une réorientation du pacte de responsabilité vers les ménages et les collectivités locales… avant d’accuser une fin de non-recevoir cinglante !

Le premier ministre commence donc à ouvrir les yeux devant l’un des plus grands gâchis d’argent public, dont les milliards ont atterri dans les poches des actionnaires au détriment de l’emploi et des salaires. On comprend que l’exercice soit compliqué pour celui qui a tout misé sur ce pacte avec le diable, péché originel d’un quinquennat qui a échoué à inverser la courbe du chômage. L’indigent jeu de rôle patronat-gouvernement commence à s’essouffler sérieusement et l’exécutif aura du mal à justifier son échec uniquement par la simple mauvaise volonté du Medef. Les grands patrons, eux, se délectent. Quand Manuel Valls fait mine de taper du poing sur la table, il leur emballe en coulisses un nouveau cadeau pour « sécuriser » les licenciements économiques… Quelle autorité ! « Nous avons l’impression d’avoir beaucoup travaillé dans une période difficile… Malgré de nombreux obstacles, nous arrivons à un bilan honorable », a osé hier Pierre Gattaz, qui bizarrement n’arbore plus son pin’s « 1 million d’emplois ».

Le Medef devra pourtant s’acquitter de sa dette. Et ce n’est pas le premier ministre, coupable de complicité, qui lui présentera l’addition. Manuel Valls assumait lundi soir des « positions irréconciliables » avec la gauche. Sur ce point, nous lui donnons raison.


Maud Vergnol
 

 

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