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Communiqué de la Section Oswald Cavetti

 

"La gerbe déposée lors de la cérémonie d'hommage à Louis Lopez a été dérobée la nuit suivante, la photo que la famille avait fait mettre sur la plaque commémorative avait été vandalisée à peine posée, décidément 72 ans après son assassinat, Louis Lopez dérange encore! Est-ce à cause de son engagement au Parti Communiste pour une société fraternelle d'où l'exploitation de l'homme par l'homme serait bannie? Est-ce  son combat contre le fascisme et le nazisme qui serait insupportable aux nostalgiques de la peste brune?

Les réactions hostiles que provoquent la commémoration de l'assassinat de notre camarade Louis Lopez  par la Gestapo, montrent que ses combats sont toujours d'actualité. La section Oswald Calvetti les poursuivra donc avec détermination."

La Section Oswald Calvetti du PCF

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A l'appel de la section Oswald Calvetti du PCF, une quarantaine de personnes s'étaient rassemblées, ce dimanche 20 mars, pour rendre hommage à notre camarade Louis Lopez, à l'occasion du soixante-douzième anniversaire de son assassinat par la Gestapo, le 16 mars 1944.

Roger Martin introduisit la cérémonie en remerciant pour leur présence, Monsieur Gaillard, adjoint aux Anciens Combattants, représentant Monsieur Gonzalvez, maire de L'isle-sur-la Sorgue ainsi que la famille de Louis Lopez.

Dans l'assistance on notait la présence de notre camarade Sylvain Meyer (commandant Gervais dans la clandestinité), de Pierre Orignier (Coquinette), rescapé du massacre de Barbarenque, de Jacques Olivier ancien Conseiller Régional et de Roland Nivet du Mouvement pour la Paix.

Puis Bruce Royer a pris la parole (voir son intervention, ci-dessous).

Jasmine et Pierre Orignier ont ensuite été déposée une gerbe devant la plaque commémorative, qu'entourait le drapeau rouge de la section et les drapeaux tricolores de l'ANACR. Après la minute de silence l'assistance a entonné le Chant des Partisants.

 

Allocution de Bruce Royer au nom de la Section Oswald Calvetti

 

Nous sommes réunis aujourd’hui, en présence des membres de sa famille, pour rendre hommage à notre camarade Louis Lopez sur le lieu même où il fut assassiné ce 16 mars 1944.

Comme tant d’autres Espagnols de l’entre-deux guerres, ses parents, André Lopez et Célina Sanchez étaient venus rechercher en France de meilleures conditions de vie. Ces migrants venus d’Espagne, rejoignant ceux venus d’Italie ou de Pologne, furent ouvriers, manœuvres, journaliers, leurs forces de travail compensaient les effroyables pertes humaines d’une Grande Guerre que l’on croyait être la Der des Ders.

Cette main d’œuvre étrangère participa activement à la vie et à la prospérité de la France pour laquelle certains allaient donner même leur vie. Lorsqu’éclata la crise de 1929, ils furent aussi souvent les premières victimes de la xénophobie et du rejet, coupable aux yeux de certain de voler le travail et le pain des Français.

Né en Espagne en août 1916, Louis Lopez n’était lui-même devenu français qu’au moment de son service militaire dans les Chasseurs Alpins. Membre du Parti communiste, son combat politique mené au grand jour avant-guerre, il le poursuivra dans la clandestinité. A partir de juin 43 il intégrera les rangs des FTP-FFI.

Dans l’attestation retrouvée aux archives du ministère de la défense, grâce aux indications de la Fédération Nationale des Déportés, Internés, Résistants et Patriotes (FNDIRP) et signée par Vincent Pellegrini, dit Lieutenant Jeannot, ex adjoint au C.E. des anciens Francs Tireurs et Partisans Français on peut lire

« Lopez louis fut un de nos meilleurs combattants contre l’ennemi, il en donna d’ailleurs une preuve quand il fut chargé, après une action de récupération d’armes, de transporter cet armement dans un lieu sûr à l’Isle-sur-la Sorgue où nous devions accomplir une mission le 17-3-44 dans les environs.

Avant d’arriver à l’Isle sur la Sorgue il tombe sur un barrage de SS. Voyant qu’il était perdu, il sortit son arme et fit feu, l’ennemi étant nombreux il riposta et fut tué sur le champ.

Lopez Louis durant toute son activité était toujours volontaire pour les missions dangereuses, de nombreuses récupérations et distributions furent effectuées par lui et ses camarades à travers le département des BDR et du Vaucluse. Il se distingua par sa bravoure et son courage dans toutes les missions qui lui furent confiées. »

Il avait 28 ans ce soir du 16 mars 1944 lorsqu’il perdit la vie en se battant, pour la liberté, pour notre liberté.

Quelques jours plus tard, ce sera au tour de notre camarade Abel Sarnette d’être lui-même abattu sur la route qui mène à Caumont. Puis, le 22 août, quatre habitants de L’Isle seront fusillés dans l’enceinte du Lycée Benoit: Louis Bourgues, Georges Ferrieres, Marcel Manzi, Marius Monier. Pour ne citer que quelques noms dans cette longue liste de martyrs que l’on égrène à chaque commémoration.

Rendre hommage à Louis Lopez, c’est rendre hommage à tous ces hommes et femmes qui ont cultivé et fait grandir ce beau mot de Résistance, c’est se souvenir de ces noms illustres ou moins connus, simple petites mains ou responsables d’actions d’éclat, étrangers fuyant leur pays en guerre et continuant le combat sur une terre d’accueil ou français résistant sur la terre même de leurs ancêtres, c’est se rappeler les actions du groupe franc Kléber, dont la base arrière se situe dans les collines surplombant Lagnes, à la ferme du Chat et du maquis FTP Jean Robert qui regroupe des éléments sur L’Isle, Velleron, Pernes et les environs. Et d’autres encore… Ils étaient nombreux mais tellement seuls dans une France qui avait choisi au mieux de fermer les yeux au pire la collaboration active.

Le fanatisme, le fascisme et la guerre se nourrissent d’instincts primaires, de l’ignorance, de la peur, de la haine de l’autre. Aucune civilisation ne peut se bâtir durablement sur de telles bases.

Louis Lopez et ses camarades croyaient dans un monde où tous seraient égaux, libres et fraternels, ils ont tenu tête avec courage à l’envahisseur

Commémorer, c’est transmettre aux nouvelles générations les idéaux de ceux qui se sont unis pour que resurgisse la lumière de la liberté au milieu d’un cortège de malheur et de haine qui aurait pu durer mille ans.

Commémorer, c’est également une invitation à comprendre les suites d’événements complexes conduisant ces résistants à répondre par une violence légitime à une violence barbare.

« Résister se conjugue toujours au présent » écrivait Lucie Aubrac.

Aujourd’hui, alors que se libère la parole xénophobe et raciste dans notre pays construit sur la diversité, alors que meurent chaque jour sur les rives de la Méditerranée des centaines d’hommes, femmes et enfants fuyant les horreurs d’une guerre qui les dépasse, pendant que les frontières se referment partout en Europe et que dans certains pays se reconstituent même ouvertement des ligues fascistes, alors que non loin d’ici à Aix-en-Provence, le 30 janvier 2016 jour anniversaire de l’accession d’Hitler au pouvoir, les militants de l’Action Française défilent aux flambeaux, il est de notre devoir de nous remémorer cette phrase attribuée à Karl Marx « Celui qui ne connaît pas l’histoire est condamné à la revivre », et de nous souvenir qu’au-delà de leurs sacrifices c’est à nous tous de tout faire pour que l’avenir appartienne aux idéaux de Louis Lopez et de ses camarades de combats.

Symbole de cette transmission de mémoire, Jasmine, à qui nous souhaitons de ne jamais vivre la guerre, et Pierre dit Coquinette dans la résistance, survivant du massacre de Barbarenque, vont déposer ensemble une gerbe en l’honneur de Louis Lopez.

À présent, chers amis chers camarades, mesdames messieurs, je vous propose de nous recueillir pour une minute de silence…

 

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Jasmine  et Pierre Orignier déposent la gerbe

Les Résistants: Coquinette (Pierre Orignier) à droite

et le Commandant Gervais (Sylvain Meyer)

Roland Nivet du Mouvement pour la Paix

 

 


  

 

 

 

 

 

Monsieur Gaillard, adjoint aux Anciens Combattants, 

 

Jacques Olivier, ancien conseiller régional

 

Après la cérémonie, quelques camarades...

 

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Tag(s) : #AGIR AVEC LE PCF

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