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Lundi, 23 Mai, 2016
L'Humanité
 

Représentante de l’UEC à Amiens, Manon, 22 ans, est poursuivie avec Jules, un lycéen de 18 ans, à la suite de l’évacuation musclée de la mairie picarde, le 28 avril. Leurs soutiens dénoncent des charges disproportionnées.

Il n’a pas fallu longtemps pour que le gouvernement embraye, après les violences parfaitement condamnables dont ont été victimes deux policiers, mercredi dernier à Paris, à la suite de l’incendie volontaire de leur véhicule. Les deux fonctionnaires, dont l’un va être titularisé pour l’occasion, ont été décorés samedi par le ministre de l’Intérieur, en présence de François Hollande. Aucun ne s’est en revanche exprimé sur les « cinq ans de prison ferme » dont seraient passibles Manon Chelmy, 22 ans, étudiante en science politique à Amiens, et son compagnon d’infortune, Jules, lycéen de 18 ans, après l’évacuation musclée de l’hôtel de ville de la cité picarde par les CRS, le 28 avril.

C’était alors jour de mobilisation dans la ville contre la loi El Khomri et le cortège bon enfant, passant devant la mairie, avait pris l’initiative d’aller mettre quelques banderoles « Nuit debout » dans la salle du conseil municipal. « Personne n’avait rien planifié, ça s’est fait spontanément. Moi-même, je n’étais pas en début de cortège, j’ai suivi le mouvement », raconte Manon, jeune militante venue à l’engagement par le féminisme, aujourd’hui représentante de l’UEC à Amiens. Professeur de science politique à l’université de la ville, Bertrand Geay était aussi sur place. « L’occupation était très tranquille, j’ai même pu travailler sur mon ordinateur pendant un moment. Et c’est l’intervention des CRS, particulièrement confuse, facilitant le corps-à-corps, qui a fait dégénérer les choses. Chez les manifestants, personne n’était masqué ou violent. »

Plus de coups de matraqueque de micros qui volent

Des vidéos attestent de ce scénario, où l’on voit beaucoup plus de coups de matraque voler que de micros de table. Car c’est ce qui est reproché à Manon : avoir jeté en direction des CRS un de ces micros censés porter la parole des élus municipaux. Ce que le substitut du procureur a traduit par « dégradation de biens publics » et « violences volontaires contre dépositaire de l’autorité publique ». Des faits passibles de cinq ans de prison ferme, ce dont le substitut du procureur aurait clairement menacé la jeune femme. Et ce alors qu’aucun CRS intervenant ce jour-là n’a eu à déplorer la moindre blessure.

« C’est une peine totalement disproportionnée et injuste qui est brandie là », avancent les enseignants de l’université d’Amiens, dont la pétition de soutien à Manon dépassait hier les 3 200 signatures (1). Tous dressent le portrait d’une étudiante « engagée mais pas du tout pour des modes d’action extrêmes ». « Mon credo, c’est plus la sensibilisation, essayer de convaincre par la discussion », ajoute Manon elle-même. Au lendemain des attentats de novembre, elle avait ainsi organisé un rassemblement avec une banderole « Cœurs chauds, têtes froides », pour tenter de prévenir tout amalgame ou discrimination à l’égard des musulmans. Déjà titulaire d’une licence de droit privé, la jeune femme, qui affiche une bonne moyenne en science politique cette année, envisage de poursuivre en master, avant peut-être de tenter des concours de la fonction publique. Une ambition qui pourrait être totalement anéantie par une condamnation et une inscription sur son casier judiciaire. « Or, même si cela paraît fou, il y a un risque, analyse Jean-Christophe Iriarte Arriola, militant à Amiens et membre d’Ensemble. Souvenez-vous que c’est ici que les Goodyear ont été condamnés à neuf mois ferme en janvier dernier. Ces poursuites sont la marque d’une volonté de criminaliser le mouvement social et d’intimider ceux qui se battent. »

 

Alexandre Fache

SIGNER ICI LA PETITION DE SOUTIEN A MANON

 

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" Allons, c'est l'heure, à la rescousse."

Journée d’action pour le retrait du projet de loi « travail »: 

jeudi 26 mai

 
Rassemblement et déploiement dans la zone commerciale de Auchan Nord
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Le Pontet:

> 12h Rendez-vous sur le parking de Décathlon (pique-nique tiré du sac)

> 13h Déploiement sur la zone d'Auchan

> 17h30 rassemblement devant la Préfecture à l'appel de l'intersyndicale CGT, FO, FSU, et Solidaire

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Tag(s) : #AGIR AVEC LE PCF

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