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Affiche de la campagne du Parti communiste pour le second tour de la présidentielle de 1969. ( Choix de l'illustration R.C )

 

Tribune publié le 12 mai 2016 http://www.le-chiffon-rouge-morlaix.fr

Des interchangeables dont on attendrait du changement?

Avec la conversion totale des dirigeants du PS aux politiques néo-libérales et capitalistes, l'élargissement du camp politique en faveur des riches et de la finance est saisissante, et la droite peut faire de la surenchère sur ses propositions politiques de casse du droit du travail, du service public, de mise au service du monde de la finance et de la grande bourgeoisie, contre les intérêts de 90 % des Français.

Comment peut-on voir dans des gens comme Juppé, le premier fossoyeur de la Sécurité Sociale, de l'Hôpital Public et du Système des Retraites, en 1995, un des papes de la pensée unique libérale et post-démocratique à cette époque, une alternative ?

Hier, au moment où Hollande et Valls se préparaient à imposer la loi El Khomri de casse du travail dans un parfait mépris de la démocratie et du peuple par le 49-3, soit par la dictature présidentielle, Alain Juppé ne trouvait rien de mieux à dire en meeting au Palais des Congrès de Paris devant 1000 personnes avant la sortie de son livre Cinq ans pour l'emploi que, pour revenir à une « société de plein emploi » (ben voyons... on nous l'a déjà fait ), il faut faire retour à la première loi El Khomri pour aggraver ses dispositions de remise en cause du CDI, de sécurisation des licenciements, de renforcement de la primauté de l'accord d'entreprise sur la convention collective et la loi.

Un article du Monde ce mercredi 11 mai 2016 en dit long sur l'absence d'alternative constituée par l'ensemble des candidats à la primaire de la droite (20 et 27 novembre) par rapport aux logiques actuelles : « Avant la primaire, les candidats de droite se lancent dans une surenchère libérale ». Alors, les esclavagistes et les fossoyeurs du modèle social français vont-ils succéder à d'autres défenseurs du patronat, néo-libéraux, néo-conservateurs?

Que propose François Fillon ?
Un projet de rupture revenant sur plusieurs acquis sociaux : 110 milliards d'économies à réaliser (le PS a imposé 50 milliards d'économies entre 2012 et 2017, on voit avec quelles conséquences pour le chômage, l'égalité, les services publics, les collectivités locales), mais aussi, nous rappelle l'article du Monde, « fin des 35 ans, retraite à 65 ans, suppression de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF), facilitation des licenciements économiques... »

Que propose Alain Juppé le « républicain » et le modéré paraît-il des Républicains, celui en qui une partie de l'électorat traditionnel complètement déboussolé de la gauche voit un rempart contre le FN?
Des économies à hauteur de 100 milliards d'euros, la suppression des 35 heures et de l'ISF, la retraite à 65 ans. « L'esprit de son projet économique est déjà connu ; il visera surtout à relancer la compétitivité des entreprises par une politique de l'offre, et non à redonner du pouvoir d'achat aux classes moyennes.
Juppé propose aussi un contre-choc fiscal avec une baisse pour les impôts pour les particuliers (très certainement les plus aisés évidemment) de 25 milliards d'euros.

Que proposent Sarkozy et Le Maire ?
Ils plaident pour un plan d'économies massif de 100 milliards pour l'un, 90 milliards pour l'autre, pour la suppression de l'ISF et la retraite à 65 ans ainsi que la suppression des régimes spéciaux plus protecteurs et l'alignement des régimes du public et du privé.

« A cela s'ajoute la baisse des prestations sociales : les quatre favoris de la primaire sont favorables à la dégressivité des allocations-chômage et à la création d'une allocation sociale unique. Concernant la fonction publique, ils rivalisent aussi de propositions chocs.
M. Sarkozy veut supprimer 300 000 fonctionnaires en cinq ans, M. Fillon le double, M. Le Maire promet un million de postes en moins en dix ans, en abrogeant le statut de fonctionnaire territorial.
M. Juppé, lui, ne s'est pas engagé sur un chiffre précis, mais plaide pour un retour au non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite.
Dans ce concours, Hervé Mariton revendique la première place : « Le seul vrai libéral, c'est moi ! » assure le Député de la Drôme, qui va jusqu'à promettre 130 milliards d'économies, en proposant notamment de supprimer le code du travail et les subventions publiques au logement social ».

Pourtant, Le Monde rappelle que les principales mesures prônées par la droite ne font pas recette : 53 % des Français sont opposés à « supprimer les 35h » et 65 % à « reculer l'âge de la retraite ».

Moralité, pour les présidentielles et les législatives, inutile d'attendre quelque changement positif que ce soit ni des responsables du fiasco actuel, les Hollande, Valls, Macron et consorts, ni des autres valets du grand capital que sont les dirigeants des Républicains, prêts à vous tondre la laine sur le dos et à manger tout cru tous vos droits.

Comme le retour du fascisme ou de l'extrême-droite xénophobe et anti-démocratique n'est pas une issue envisageable, ces élections présidentielles et législatives nous mettent dos au mur, dans l'obligation de construire les conditions d'une large unité de la vraie gauche sur un projet de rupture avec l'austérité, les orientations libérales de l'Union Européenne, et pour un projet de progrès social, démocratique et écologique.

 

Ismaël Dupont

Tag(s) : #TRIBUNE LIBRE

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