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Qu’on ne croie pas trouver ici des analyses profondes sur le théâtre en général et le Festival d’Avignon en particulier. Simplement quelques remarques personnelles qui me vaudront sans aucun doute quelques nouveaux ennemis, y compris à gauche.

Première remarque : pour la nième fois, je constate qu’on n’affiche plus jamais Sean O’Casey dont La Charrue et les étoiles avait bouleversé mes 17 ans (c’était bien loin !). Ainsi le dramaturge et révolutionnaire irlandais qui n’épargnait ni le capital ni la bondieuserie a donc glissé au purgatoire sans que cela n’émeuve quiconque ? En revanche la daube est là et bien là. On programme Bigard dans un casino de la région, mais son « esprit » (sic) est déjà  surreprésenté dans le Off. Le rire bien gras, très en dessous de la ceinture et ce que les papillons (en français moderne « flyers ») osent taxer d’humour « décalé » et « jubilatoire », ces deux adjectifs étant accommodés à toutes les sauces... Autre sujet d’irritation. On m’invite ce midi à ne pas manquer Un Tramway nommé désir, une des œuvres majeures de Tennessee Williams. Je comprends que Marlon Brando mort et enterré depuis longtemps, il ait fallu faire appel, après Alec Baldwin aux États-Unis et Samuel Le Bihan chez nous, à un nouvel interprète. Mais qui a bien pu, à part lui-même, imaginer que le personnage de Stanley Kowalski puisse échoir à… Francis Lalanne !

Bref…  Outre les quelques spectacles déjà signalés dans Rouge Cerise sur lesquels je ne reviendrai pas, je voudrais attirer l’attention sur deux d’entre eux (en leur ajoutant pour la jeunesse un Tom Sawyer plein de fraîcheur et de dynamisme au Théâtre du Grand Pavois) qui m’ont particulièrement impressionnés. 

Le premier, au Théâtre du Roi René (4, bis rue Grivolas), est l’une des quatre pièces de Brecht jouées cette année, ce qui tend à démontrer le retour d’un certain théâtre de combat, ce qui n’est pour nous déplaire à Rouge Cerise. Le Cercle de craie caucasien, dont la morale immorale mais si réconfortante ne pourra que réjouir tous ceux qui croient encore à des valeurs d’humanité et de justice, est ici donné par la Compagnie du Vélo volé, dans une scénographie dépouillée mais inventive, avec une énergie et une passion communicative. Les comédiens sont jeunes, enthousiastes, conquérants, généreux. On en redemande !

Le second, un classique, aux accents toujours actuels cependant, ce qui après tout est l’apanage des vrais classiques, L’École des femmes de Molière l’immortel sur laquelle les siècles semblent ne pas avoir prise. Le Théâtre du petit monde (Chapelle Notre Dame de Conversion, 35, rue Paul Saïn) en présente une version « Comédie lyrique » qui fait appel à la musique d’Offenbach dans une mise en scène trépidante et virevoltante où des comédiens marient avec un bonheur parfait jeu, chant et acrobatie de haute volée. On sourit d’abord, timidement - la pièce est si connue et il n’est pas de comédiens illustres qui ne s’y soient essayés et on ne sait rien ou pas grand-chose e ceux qui vont affronter l’inconnu - et puis des rires s’élèvent, s’accélèrent, et le fou rire submerge la salle. C’est que Nicolas Rigas, qui met en scène et interprète le rôle d’Arnolphe, est irrésistible. Une diction parfaite (ce devrait être la règle, mais de plus en plus de comédiens bredouillent), toute la palette des sentiments exprimée par un visage sans cesse changeant, des gestes et des mimiques dont le naturel et la force expressive ne peuvent qu’être le fruit d’un travail  qu’on devine opiniâtre et exigeant.  À ses côtés, il faudrait citer chaque membre de la troupe, tant la distribution est homogène, mais dans le rôle du jeune premier (dont on sait qu’ils ne sont que des seconds rôles chez Molière), on est ému et touché par la fraicheur et la fougue de Martin Loizillon, ce très jeune acteur découvert (par moi en tout cas) dans l’excellent Un Village français auquel on souhaite la belle carrière qu’il mérite et Amélie Tatti, toute de finesse et de grâce et dotée d’une voix d’une stupéfiante pureté.

CONCLUSION (tant pis !) : oubliez un peu les daubes, plus des pièces qui durent 9 ou 12 heures, plus celles de Ribes et Schmitt (5 ou 6 chacun rien que cette année) dont l’humanisme ne dépasse pas la rampe (Le statut des intermittents n’est pas vraiment le souci de ces deux rentiers du théâtre dont le premier soutient Hollande et Macron et le second s’est livré à une attaque ignoble contre les manifestants qui « ont attaqué l’hôpital Necker où étaient soignés des enfants dont celui des policiers tués».  Aujourd’hui, on sait qu’UN SEUL individu a brisé des vitres, qu’il ne s’agissait pas d’un syndicaliste, et qu’au fait, on voudrait bien savoir qui il était réellement !). Alors, puisqu’il reste encore quelques jours, courrez applaudir Le Cercle de craie caucasien et L’École des Femmes !

 

Roger Martin

 

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7 Art présente:Extérieurs nuits #1

CHANSONS FRANÇAISES

Elisabeth Wiener et les Castafiore Bazooka

L'ISLE-SUR-LA-SORGUE - SAMEDI 30 JUILLET

(DEVANT LA TOUR​ – Place Ferdinand Buisson
En cas de mauvais temps : repli à la Grange Notre Dame, 3 Cours Fernande Peyre)

Élisabeth Wiener

Cette artiste, auteur compositeur interprète de grand talent a été Grand Prix du disque de l'académie Charles Cros.
Voici de la vraie chanson française et de la meilleure : riche, forte, sans facilité aucune, mais avec une grande créativité.
Élisabeth Wiener est une fée aux douces mélodies qui peut devenir rockeuse volcanique, chanteuse variant les plaisirs vocaux, avec une étonnante facilité.
Elle proposera ses créations décalées avec ses complices : elles plantent leurs talons aiguilles dans la surface plane et lisse de l'artistiquement correct.
Elles sont les petites sœurs de Garance, des "Enfants du Paradis", qui répond à son amoureux subjugué : je ne suis pas belle, je suis vivante ! (La Voix du Nord).


BUVETTE ET GRIGNOTAGE dès 20 H / CONCERT à 21 H 30 
Participation aux frais et adhésion : 7 € 

 

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Tag(s) : #CULTURE, #AGENDA

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