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http://www.liberation.fr Par Amélie Quentel — 28 août 2016

 

A l'université d'été du PCF, à Angers, les jeunes communistes se sont déplacés en nombre cette année. Pour eux, militer pour le parti est un moyen de s'émanciper et d'avoir une prise sur le réel. 

Pour Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, les idéaux actuellement proposés à la jeunesse de France sont assez limités : «Devenir milliardaire, comme le propose Macron, auto-entrepreneur, comme le propose Gattaz, ou bien, peut-être, chasser le Pokemon.» A l’université d’été du parti à Angers, Clara, 20 ans, piercing dans le nez et cigarette roulée dans la main, l’avoue : elle aime bien attraper Pikachu ou Carapuce. Les autres perspectives proposées, en revanche, très peu pour elle. En choisissant d’adhérer à «la JC» – ou Mouvement des jeunes communistes (MJC) – il y a six ans, cette étudiante en socio-histoire a décidé de «défendre son beefsteak». Comment ? «En refusant le modèle sociétal actuel qui promeut la thune pour la thune. Et ce, d’autant plus que ce sont les jeunes qui sont touchés le plus négativement par le capitalisme.» A la JC, elle a trouvé une organisation qui, selon elle, «permet de parler politique et des problèmes que la jeunesse rencontre». A l’université d’été du PCF, ils sont beaucoup à partager l'avis de Clara. Cette année, les jeunes communistes, adhérents à la JC ou au parti, se sont déplacés en nombre afin d’assister aux différentes conférences. Un bon moyen, aussi, de retrouver les copains – «les camarades» –pour faire la fête.


«On apprend beaucoup»

A ses côtés, il y a son amie Morgane, 25 ans, venue de Toulouse. Elle fait partie de la JC et du parti depuis trois ans. Elle est passée par des phases difficiles : pas de logement, réinsertion professionnelle compliquée, «portes fermées de toute part»… «Je me suis dit que seul un changement de système pouvait remédier à cette situation, d’où mon adhésion au PCF.» Pour elle, plus qu’un parti politique, c’est un «endroit où l’on apprend beaucoup en dehors des cadres formels d’éducation» et un «vecteur d’émancipation personnelle». Pour autant, elle n’est pas tout à fait convaincue par la ligne choisie par Pierre Laurent – le rassemblement des gauches «d’alternative» – et souhaiterait des partis pris plus radicaux : «Je trouve cela dommage d’abandonner nos positions marxistes juste pour contrer le FN, alors qu’elles pourraient changer notre modèle social.» Même quand on voit la difficulté du parti à faire des scores élevés aux élections ? Juliette, 17 ans et originaire de Bordeaux, elle, est assez pessimiste : «Je pense que le capitalisme gagnera toujours quoi qu’il arrive. Mais cela ne m’empêchera pas de continuer à défendre mes idées. Le mouvement social m’a donné envie de m’impliquer.»

De  l’avis de Camille Lainé, secrétaire générale du MJC, elle n’est pas la seule : «On a eu plus de 2 000 nouveaux adhérents depuis le début de la mobilisation contre la loi travail.» Ce qui porterait à «15 000» le nombre total d’adhésions à la JC. Selon la jeune femme de 26 ans, qui a justement participé à un débat sur l’après loi El-Khomri à l’université d’été, l’organisation est «à la fois dans une logique politique, mais aussi d’éducation populaire pour les jeunes». Justement, que signifie être un jeune communiste en 2016 ? Selon elle, pas de profil type : certains viennent de «familles militantes, mais d’autres ont des parents de droite par exemple». Tous se retrouvent en tout cas sur les mêmes idées. «Etre un jeune communiste, c’est être quelqu’un qui se mobilise d’abord contre la loi travail. Quelqu’un qui en a marre de cette société qui nous divise, qui veut construire quelque chose de collectif et changer la société», termine Camille Lainé. Laura, 27 ans, confirme : «Adolescente, j'étais révoltée, un peu anar. Adhérer au parti était le meilleur moyen pour porter mes revendications.» 


Piste de danse

A l’apéro de samedi soir, les jeunes adhérents réunis derrière la buvette poursuivent le débat. Tout en se déhanchant sur Papaoutai de Stromae et assurant le service au bar, Benoit, 19 ans, explique qu’il «souhaite avoir un vrai impact sur le réel» et estime qu’«il n'est possible de changer les choses de manière radicale qu'en passant par une organisation». Et d’ajouter : «On a besoin d'être en nous pour parler de notre propre réalité, celle de la jeunesse.» Benoit quitte soudainement le comptoir : Pierre Laurent vient d’arriver sur la piste de danse et les jeunes adhérents se pressent autour de lui, espérant une photo. «Gloire, gloire, à notre direction !» scandent-ils en cœur, hilares. Le lendemain matin, les mines un peu fatiguées, ils sont tout de même fidèles au poste pour une conférence sur la politisation des jeunes. 
 

Amélie Quentel 

Tag(s) : #AGIR AVEC LE PCF

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