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7 septembre 2016
Chroniques Latines (L’Humanité)

Les chroniques Latines de Jean Ortiz portent un regard loin des clichés sur les luttes de libération du continent sud-américains... Toujours un oeil vif sur l’Espagne et les enjeux sous-jacents du quotidien...

Cachez ces objectifs d’hégémonie pour le pillage que l’on ne saurait voir !!
Les hypocrites ! Ils ont trouvé en Amérique latine un artifice moins voyant que les Marines d’antan, les GI’s et les bérets verts d’autrefois, les troupes d’élite, la flotte et les porte-avions, les drôles de drones, les bombardements « chirurgicaux » sans anesthésie, l’artillerie lourde... l’impérialisme « hard » a troqué, pour l’heure, la canonnière et le « gros bâton », les centres de torture (ESMA, Villa Grimaldi...), les disparus, les « vols de la mort », pour « l’impérialisme soft » : les coups d’État « de velours », « pseudo-parlementaires », « pseudo-institutionnels », sur fond de travail de sape de la CIA, des fondations et agences subversives (NED, USAID), et de déstabilisation à vif des régimes progressistes d’Amérique latine, par la guerre médiatique, économique...

Si le visage et les méthodes de « l’oncle Sam » ont (momentanément) changé, les objectifs restent les mêmes : dominer le monde pour le compte des multinationales, se goinfrer des richesses d’autrui et de profits sans fin, ramener au bercail les rebelles, les moutons noirs, anéantir les résistances...

Le récent hold-up électoral (du siècle), la destitution anticonstitutionnelle de Dilma Rousseff, la présidente brésilienne, sans chef d’accusation constitué, sans aucune preuve de corruption, de malversation, de conflit d’intérêts, de détournements, d’enrichissement personnel, de comptes en Suisse ... par une poignée d’élus pour la plupart maffieux, en pétard avec la justice, s’appelle, quel qu’en soit le camouflage prétendument « démocratique », un coup d’État de la pire espèce. Un coup d’État et des journées de honte pour la droite brésilienne. Ces sénateurs jouant à « messieurs propres » ont tant de casseroles au cul qu’ils relèvent de la quincaillerie certes, mais celle du « monde libre », des saignées dites « ajustements structurels », du FMI, de l’OMC, de la BM....

L’usurpateur Michel Temer, nouveau « président », marionnette illégitime, « Mister Washington », a une côte de popularité de 2% !!! Ce coup de force insupportable contre la démocratie, qui plus est en son nom, aurait dû indigner, faire gerber, hurler, tempêter, protester, s’emporter, nos « démocrates occidentaux », de vraie droite et de fausse gauche, frondeurs et deuxièmes couteaux, fines lames et grands chefs, néo et sociaux et ultras « libéraux »... Macache !! Ils ont l’indignation idéologique. Bien fait pour ces « crypto-marxistes », ces « ex-guérilleros » !! soit dit en passant : sans Rolex mais jadis torturés, comme Dilma Rousseff, lorsque Washington préférait les bonnes vieilles dictatures militaires, pures et dures ; de 1954 à 1989 au Paraguay, de 1964 à 1985 au Brésil.

Face à la destitution de Dilma Rousseff (première présidente femme du pays), traînée dans la boue, face au viol du vote de près de 52% des votants, les gardiens du temple « occidental », les Merkel, Rajoy, Felipe Gonzalez, Obama, Valls, Cambadélis, BHL, Julien Dray, Cohn Bendit, Montebourg, Hollande, Sarko, Juppé... n’ont pas bronché, contents dans leur for intérieur que la liste des gouvernements anti-impérialistes, souverains, non alignés sur Washington, s’amenuise. L’indignation de ces faux-culs relève du tri sélectif ; ils ont horreur de la lutte des classes lorsque les opprimés deviennent « visibles », horreur de la promotion des pauvres, des politiques de redistribution qui ont permis au Brésil de sortir 40 millions de personnes de la misère des favelas... Ils préfèrent les satrapes de la Françafrique à la Bongo, les roitelets pétrodollarisés du Golfe, un monde pacifié par les Ricains, unipolaire, un « monde-tous Nord-Américains », à un monde multipolaire de pays souverains, moins inégalitaires.

On n’oubliera pas de si tôt cette cynique symphonie brésilienne du silence coupable et complice des hypocrites démocratophyles, calquée sur le précédent du Honduras (2009) et du Paraguay (2012), sans oublier le coup d’État, bien réel et à balles réelles, contre Chavez en 2002.

Le 22 juin 2012, le président du Paraguay, Fernando Lugo, homme de bonne volonté, à peine « de gauche », ancien dignitaire religieux, démocratiquement élu après une dictature féroce d’Alfredo Stroessner (1954-1989) et 60 ans de règne du parti « colorado »,( rouge de nom mais pilier ultra réact du régime cruel, sanglant), fut destitué par le parlement à la suite de l’instrumentalisation crapuleuse d’une tuerie provoquée par les grands propriétaires terriens. 400 familles possèdent 90% des terres. Un modèle de démocratie !

Le fantoche Federico Franco, très catho conservateur, et « impresentable », auréolé de scandales, substitua le bon président Lugo, et s’en mit en quelques mois plein les fouilles, plaça ses amis, sa famille, ouvrit tout grand le pays au crime organisé et au trafic de drogues, tout comme son successeur, homme de paille « élu », Horacio Cartes.

Quatre ans après le coup d’Etat « nouvelle formule », le pays est saccagé, exsangue, pillé, et sans doute, avec Haïti, le plus miséreux du continent (54% de pauvres, 43% d’enfants malnutris). Un petit groupe de militants radicalisés auraient même créé une guérilla, qui opère depuis 2008, suspecte pour les uns, authentique pour les autres : l’Armée du Peuple paraguayen. Contre les puissants et l’Etat maffieux.

Les quelques mesures sociales du président Lugo ont été vite avalées par les « multinationales de la pauvreté ». CQFD. « Soft » ou « hard », l’impérialisme reste « le stade suprême du capitalisme », cynique fauteur de guerres, de pillages, de destructions multiples, et ne reculant devant rien lorsque ses intérêts sont un tant soit peu menacés.

Jean ORTIZ.

 

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http://www.pcf.fr/90918


Brésil : Le PCF, solidaire avec Dilma Rousseff, condamne le coup d’État

A l'issue d'une mauvaise mise en scène, une majorité de sénateurs brésiliens ont imposé la destitution de la présidente Dilma Rousseff sans que ses accusateurs aient pu apporter une seule preuve des fautes qui lui sont reprochées. Cette sinistre farce est un crime contre la démocratie brésilienne et une injustice sans nom contre une présidente qui a été élue avec 54 millions de voix en 2014.

Michel Temer, qui usurpe la présidence depuis quelques mois et qui est l'un des principaux animateurs de la campagne en faveur de la destitution de Dilma Rousseff fait, comme 15 des ministres de son gouvernement et deux tiers des sénateurs et députés brésiliens, l'objet d’enquêtes et poursuites pour corruption. La décision qui vient d’être prise par les sénateurs n'est qu'une tentative de donner un air de légitimité à un véritable coup d’État qui met le Brésil entre les mains du secteur financier et des grands groupes et intérêts économiques empressés de reprendre la direction du pays.

Déjà, le gouvernement provisoire présidé par Michel Temer a commencé à s'attaquer aux politiques sociales qui ont sorti de la pauvreté des millions de personnes. L’austérité se met en place et des droits sont mis en cause. Les institutions et la politique perdent toute crédibilité.

Le PCF exprime toute sa solidarité à la présidente Dilma Rousseff et apporte son soutien le plus déterminé aux mobilisations du peuple brésilien contre le coup d’État en cours, et aux forces de gauche qui s’attellent déjà à la reconstruction d'une alternative politique capable de refonder la démocratie brésilienne.

Tag(s) : #MONDE

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