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jeudi 27 octobre 2016 par  PCF Drôme

Quand la sécurité sociale rééquilibre ses comptes en développant l’austérité et le rationnement des soins, ce sont les assurés sociaux et les mutuelles qui trinquent. Or, si les cotisations augmentent, c’est en grande partie pour deux raisons :

  •  L’une des causes récentes, c’est l’explosion des taxes qui sert à financer la CMU payée à 97% par les cotisations des mutuelles en lieu et place de la Sécurité sociale.

C’est donc bien l’impôt qui pèse exclusivement sur les mutualistes. 1,75% de taxe en 2005, 13,27% de taxe en 2016…Dans le même temps, selon un tout récent rapport de la Cour des Comptes , les recettes de la Sécurité sociale sont en nette diminution : moins 5,7 milliards d’euros à cause du pacte de solidarité (cadeaux faits aux entreprises sur les allègements portant sur les cotisations sociales payées par les patrons). Si les recettes de la Sécurité sociale diminuent, il faut craindre de nouveaux désengagements de celle-ci, synonymes de transferts de charge sur le budget des mutuelles et donc des ménages.

  •  L’autre raison, la plus ancienne, c’est le désengagement de la Sécurité sociale dans le remboursement des frais de santé. En 1950, tous les médicaments étaient remboursés à 95% par la Sécurité sociale, et 5% par les mutuelles. Aujourd’hui, il y a 3 catégories de médicaments : des médicaments ne sont ni remboursés par la Sécurité sociale, ni en conséquence par les mutuelles, entièrement à la charge des malades. Une grande partie des médicaments n’est remboursée qu’à 15%, ce qui laisse 85 % du coût à la charge des mutuelles. Un nombre de plus en plus réduit de médicaments est remboursé à 35%, ce qui laisse 65 % du coût à la charge des mutuelles.

Il faut bien que quelqu’un paye ce que le patronat ne paie plus : voilà l’origine des déremboursements des médicaments, des augmentations du forfait hospitalier, etc.. que les mutuelles sont contraintes de prendre en charge. Elles le répercutent sur leurs cotisations car il faut bien qu’elles équilibrent leurs comptes (leurs ressources ne provenant que des cotisations, et pas des patrons).

Tout cela dément l’optimisme de Marisol Touraine, Ministre de la santé et des affaires sociales, qui ne dit rien sur les exonérations patronales, le rationnement des soins, les transferts de charges sur les mutuelles. Les économistes ne partagent d’ailleurs pas l’avis de la Ministre qui annonce, période électorale oblige, la fin des déficits de la Sécurité sociale pour 2019. C’est faire fi, comme le souligne la mutuelle SAMIR dans un courrier à ses adhérents, de « la nouvelle convention médicale qui prévoit d’augmenter les tarifs chez le généraliste et le spécialiste. Le coût de cette convention est de 1,30 milliards d’euros qui se répartissent ainsi : 978 millions d’euros directement à la charge de la Sécurité sociale et 150 millions d’euros à la charge des organismes complémentaires ».

Rajoutons que suite à la mise en place des complémentaires santé dans les entreprises sous la forme de « contrats de groupes » qui permet aux assurances de se faire beaucoup d’argent, les salariés sont obligés de quitter leur mutuelle, pour entrer de gré ou de force dans le contrat de groupe de leur entreprise.
Les retraités peuvent s’attendre à de nouvelles hausses de leurs cotisations.
En effet, c’est lorsque l’on est âgé que l’on a plus besoin de remboursement des dépenses de santé.
Et il n’y aura bientôt plus dans les mutuelles, d’adhérents des 30-50 ans – génération en général en meilleure santé - (sauf les chômeurs), pour apporter leur contribution à l’équilibre des comptes des mutuelles car ils seront isolés dans le « contrat groupe » de leur entreprise.

C’est de ce côté que les assureurs comptent bien faire leur beurre pour rémunérer leurs actionnaires

Pierre TRAPIER

Tag(s) : #SE FORMER - COMPRENDRE, #AGIR AVEC LE PCF

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