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ALBERT MIQUEL,

Directeur de l’ ECOLE des Garçons de Velleron (1928-1939).

Samedi  17  septembre , Les AMIS du VIEUX VELLERON , dans le cadre des Fêtes du Patrimoine ont rendu un hommage appuyé à la mémoire d’un enseignant exceptionnel, qui a marqué de son empreinte, et, pendant une décennie , la vie de notre école ainsi que celle de notre village.
Cette cérémonie, était organisée autour de la présentation d'un lutrin à la mémoire d' ALBERT MIQUEL,  qui faisait suite  au dévoilement d'une plaque, sur la façade de l'école,  concernant l'histoire de ce bâtiment et de cette institution à Velleron
 D. RENOUX président de l'association organisatrice de cet événement, intervint pour en livrer toute sa signification et retracer le parcours de ce pédagogue talentueux.
 Homme de conviction, ouvert aux idées de progrès, de liberté et de tolérance, A. MIQUEL était un adepte de la méthode «  FREINET» ; il pratiquait avec passion cette pédagogie, tout à fait innovante, qui nécessita de sa part un engagement total : n'avait-il pas ponctionné son maigre salaire pour  acheter le matériel d'imprimerie qui permettrait l'édition du journal de la classe ? 
Cette  méthode, alors balbutiante,  basée sur l'expression libre des enfants,  favorise  le tâtonnement expérimental dans les apprentissages, l'utilisation de l'expérience personnelle des élèves ,  ainsi que la pratique du travail  en coopération : ( l'entre- aide, ainsi créée, permettant d’entraîner les moins réceptifs à l'enseignement scolaire et de les soutenir dans leur cheminement) .  Multipliant les mises en situation concrètes, elle ouvre l'école sur la vie.
 E. SEMERIA, lors de son intervention, reprécisera tous les aspects novateurs de cette pédagogie et insistera sur la modernité de cet enseignement internationalement reconnu aujourd'hui.
 A. MIQUEL  initia ses élèves à l'imprimerie, technique capitale pour valoriser le travail des enfants. Des brochures, fabriquées dans la classe, sous le titre  «les petits Comtadins », étaient envoyées à des écoles d'autres départements , dont celle de C. FREINET à Saint-Paul de VENCE; En retour, les petits velleronnais recevaient les journaux édités par leurs correspondants. Ces échanges  enrichissaient ainsi les connaissances de chacun, sur le vécu des autres.
Il fut aussi l'un des pionniers de la mise en pratique de l' « Espéranto », langue permettant d'abolir les frontières entre les peuples.
Très impliqué dans la vie sociale et culturelle du village,  ALBERT MIQUEL  mit à la disposition des Anciens élèves, une bibliothèque enrichie d' auteurs de renom  tels  E. ZOLA, V. HUGO, G. FLAUBERT, J. VERNE, H. BARBUSSE, Jack LONDON, Karl MARX,  propres à éveiller l'intérêt des adolescents et susciter leur réflexion.
Militant pour le sport à l'école, il fonda le club de hand pour les filles, le club de foot pour les garçons -Qui deviendra le « Sport Olympique velleronnais »-. et les fit participer à de nombreuses rencontres inter-villages.
 Nommé, en 1928, à l'école de VELLERON ainsi que son épouse Andrée,  Albert  prit en charge les garçons, tout en exerçant la fonction de Directeur. Madame MIQUEL s'occupa des petites sections ou des filles. Leurs trois garçons Jean, André et Daniel y suivirent leur scolarité primaire.
Dans sa vie personnelle, A. MIQUEL fut aussi un homme d'engagement. Il  Militait activement au Parti Communiste et sa carrière en sera sérieusement affectée. 
Mobilisé en 39 (drôle de guerre), démobilisé en 40, ses idées progressistes et anti-pétainistes lui valurent des sanctions administratives ; il fut relevé de ses fonctions pendant une année  puis réintégré et déplacé d'office  en Ardèche ( BESSAS). C'est là qu'il échappera de peu à une arrestation, par la police de VICHY, et rejoindra «  le maquis » pour entrer dans la Résistance.
Rappelons que durant cette période, les agents de l' ETAT, (fonctionnaires ou élus) membres du Parti Communiste, seront démis de leur fonction et  internés ; ce fut le cas du Maire de VELLERON,  M. Clerc et du secrétaire de mairie, F. Agnel. ( en application en 41-42 du décret SEROL,  du gouvernement DALADIER)
 Réintégré en Vaucluse, en Octobre 44, à La Tour d'  AIGUES ;  il y restera deux années puis rejoindra AVIGNON où il terminera sa carrière comme Directeur de l'école des garçons aux  ROTONDES puis à la TRIADE. Il prendra sa retraite en 1958.
Aux archives départementales, des documents attestent de ses grandes qualités pédagogiques ;  Après les sanctions dont il fut l'objet,  l' EDUCATION NATIONALE   le promut au choix  dans son avancement, et au titre de mesures réparatrices. ( reconnaissant ainsi le préjudice causé.)
A. MIQUEL a laissé un souvenir très fort chez ses anciens élèves :  Les témoignages  d'affection offerts pendant la cérémonie par C. Lombard ( à l'initiative de cette célébration) et S. MEYER en attestent et ont ému toute l'assistance. Plus de quatre vingts ans après, ils évoquent encore , avec beaucoup de gratitude, le souvenir de cet enseignant qui les a ouverts au monde.
Madame ANDREE MIQUEL ne fut pas oubliée, dans cet hommage, car elle fut, elle aussi, une enseignante remarquable ; ses anciens « petits élèves »  en gardent le meilleur des souvenirs.
Des anciens élèves, devenus de vieux messieurs aujourd'hui, se pressaient autour de la famille de Andrée et Albert  MIQUEL ; ses membres, et parmi eux , son fils André, réunis nombreux  pour cette célébration, purent évoquer avec eux, de bien beaux  souvenirs.
Ce fut une  belle cérémonie et un bien bel hommage adressé à Albert, un homme généreux, bienveillant, un humaniste, un  enseignant communiste qui regarda l'avenir avec beaucoup d'espoir.


Notes et impressions sur la cérémonie, proposées par A. Agnel



 

Tag(s) : #CULTURE

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