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Nota : Les adhérents communistes seront amené fin novembre à choisir entre deux options pour l'élection présidentielle, soutenir Jean- Luc Mélenchon où faire le choix d’une candidature PCF.
Les différents articles que nous proposons à ce sujet ne sont en aucun cas une prise de position de la section Oswald Calvetti et ne reflète que l'opinion de leurs auteurs.


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Article publié sur http://www.robertinjey.com le 10 novembre 2016

Je respecte complètement les camarades qui portent l’idée d’une candidature communiste pour la présidentielle. Dans l’absolu, le fait d’être communiste n’est pas un obstacle dans la France d’aujourd’hui pour rassembler. Mais ce qui peut être vrai, aujourd’hui,  dans des territoires, dans des circonscriptions, ne l’est pas, à cet instant, à l’échelle nationale compte tenu du paysage politique. Ce choix serait incompris de la part de nos électeurs, et loin de nous mettre en situation offensive pour défendre nos idées, nous nous retrouverions dans la situation défensive de devoir expliquer une candidature qui apparaîtrait comme une division supplémentaire.

A partir de là, pour le combat que nous menons pour l’émancipation humaine, je considère  que le choix le plus utile c’est le soutien à Jean-Luc Mélenchon. Nous aurions pu souhaiter une construction plus collective. Mais ce choix politique, je le fais en toute lucidité, et avec  l’ambition d’être très offensif. 

Offensif, car si c’est pour traîner des pieds autant rester à la maison et revenir à l’automne 2017.

Offensif, car face à la droite et son extrême, face à la trahison du gouvernement, des millions d’hommes et de femmes sont en attente d’un espoir.

Offensif, car dans les semaines qui viennent, s’ils font le choix de soutenir JLM, les communistes ne sont pas sans atouts.

Offensif, car même dans le cas du pire scénario, c’est une dynamique avec Jean-Luc Mélenchon qui peut nous permettre d’arracher des circonscriptions aux législatives, en particulier celles perdues en 2012.

La candidature de Jean-Luc Mélenchon a des points forts : sa présence médiatique et le fait qu’il soit très identifié comme porteur d’une alternative de gauche.

Par contre son gros point faible c’est l’ancrage en profondeur sur le terrain. S’il utilise la même plateforme numérique que Bernie Sanders, NationBuilder, il n’a pas levé, comme ce dernier, une centaine de millions de dollars pour financer des équipes de campagne pour aller au porte à porte sur le terrain. Avoir 150 000 soutiens sur un site internet est une chose, avoir des dizaines de milliers de militants sur le terrain en est une autre.

A l’inverse, si le PCF souffre aujourd’hui d’un manque de lisibilité médiatique, il possède, lui, ce maillage du territoire lui permettant de mobiliser des milliers de militants. Un maillage et une présence qui permettent au PCF de nouer des liens privilégiés avec des centaines de milliers d’électeurs et d’électrices. C’est un atout pour aujourd’hui et pour demain….

C’est la raison pour laquelle il nous faut prendre la question de manière offensive.  Dans cette affaire tout le monde a besoin de l’autre pour faire vivre l’espoir qu’il puisse exister une alternative dans ce pays. Prétendre y parvenir tout seul relève d’une totale illusion.

A partir de là quels sont les vrais points de blocage ?

Sur le programme ? Il n’y a que des blocages de prétexte (1). Nous avons trouvé en 2012 les formes pour parvenir à un programme partagé. Nous n’en sommes pas loin en 2017 si nous voulons bien y regarder de près.

Sur la stratégie ? Sans doute, en fonction des scrutins nous n’avons pas toujours apporté les mêmes réponses. Mais pour l’instant personne n’a fait la démonstration qu’il avait la bonne formule. Nous cherchons à rassembler le plus grand nombre contre le renoncement des uns et le pouvoir des autres, ce combat nous est commun.

Mais comparés aux défis de notre temps, aux risques qui pèsent sur notre peuple et notre pays, nos « désaccords » se cristallisent sur des questions importantes pour des forces politiques, mais ô combien futiles pour nos concitoyens :

- Un accord sur l’intitulé : cette préoccupation, Mélenchon l’exprime depuis très longtemps (je pense depuis les européennes de 2014). Sa préoccupation  c’est que le soir des élections, nos candidats soient comptabilisés sur un seul intitulé et non pas plusieurs (PCF, Fdg, PG, divers gauche…) réduisant par là-même le score réel de nos candidats. L’affaire n’est pas secondaire, sachant que le ministère de l’intérieur mettra tout en œuvre pour réduire notre « représentativité ». Dans cette affaire JLM propose « les Insoumis », nous « Uni-e-s pour l’Humain d’abord » ; nous serions bien ridicules de ne pas pouvoir  chuter sur un intitulé commun.

-Il y a l’affaire de la charte. Si effectivement le préalable c’est d’intégrer le cadre des « insoumis », là la discussion sera sans doute plus compliquée. Mais commençons déjà par discuter vraiment de la question et explorons  tous les cadres possibles d’une campagne partagée et de candidats communs aux législatives.

-Il y a le rattachement des candidats (ce n’est pas la même chose que l’intitulé de la candidature) à un groupe politique pour le financement public. Là aussi, rien d’insurmontable.

-Les législatives : sauf à vouloir jouer la lutte fratricide dans 577 circonscriptions dont personne ne sortira vainqueur, le simple bon sens commande d’en discuter.

Bon sens ; depuis le début je pense que nous en manquons tous un peu.

 

Robert Injey

 

  1. Un exemple, il y a une polémique assez ridicule avec le programme de Mélenchon et le montant du SMIC. Des camarades lui reprochent de proposer 1300 euros net quand dans « l’Humain d’abord » la proposition était de 1700 brut soit 1309 euros net. J’invite mes camarades à ménager leur critique car dans la « France en commun »  nous proposons comme 1ere mesure d’urgence : +15% pour le SMIC  sur 3 ans soit 1312 euros dans 3 ans (déduction faire de la CSG et de la CRDS). Sans doute boostés par le fait que JLM propose plus, nous avançons dans le projet de « Pacte d’engagements communs pour la France » la proposition d’un SMIC à 1800 brut soit 1386 net. De 15% sur 3 ans nous sommes passés à 23% immédiatement, c’est ça l’émulation ...
Tag(s) : #TRIBUNE LIBRE, #ELECTIONS 2017

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