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http://rassembleurs.blogspot.fr 09/12/2016
 
ENTRETIEN !
 
Manuel Valls, désormais candidat à la primaire du PS, estime, après avoir divisé la gauche, qu’il faut la rassembler. Le combat face à la droite et à l’extrême droite peut-il justifier cette union ?
PIERRE LAURENT. Manuel Valls prend les Français pour des imbéciles. Son discours de candidature d’Évry est point par point le contraire de la politique qu’il a menée comme premier ministre. En vérité, il n’a pas changé. Il tente seulement, comme Macron, de reprendre le flambeau après le renoncement de François Hollande. Mais qui peut oublier que c’est la politique qu’ils ont conduite ensemble qui l’empêche de se représenter. Ce désaveu terrible jette les forces socialistes dans un grand désarroi et une division maximale. Valls et Macron ont été les deux inspirateurs du quinquennat, imposant par le 49/3 la loi Macron pour l’un, la loi El Khomri pour l’autre. Leur candidature est une impasse. La seule manière de faire face à la droite et à l’extrême droite, c’est de rassembler les Français sur un nouveau projet de gauche, de progrès social, de redressement national et de transformation de l’Europe. C’est ce projet que nous entendons porter à la présidentielle.
 
Le PCF a décidé d’appeler à voter pour Jean-Luc Mélenchon tout en menant une campagne autonome. En quoi consistera-t-elle ?
PIERRE LAURENT. Autonome, çà signifie offensive et libre. Le PCF va mettre au service de cette campagne tout ce qu’il a de meilleur : ses idées et son projet, sa proximité avec les citoyens dans de nombreux territoires et l’expérience de ses élus, sa capacité à rassembler des forces citoyennes, sociales et politiques très larges à gauche. Notre fil conducteur, c’est de montrer aux Français que, contrairement à ce qu’on leur raconte tous les jours, une politique de progrès social est non seulement possible, mais qu’elle est la seule voie pour redresser le pays. C’est au débat de projets que nous appelons. Prenons l’exemple des frères Bocquet, comme on les appelle. Ces deux parlementaires communistes, avec leur livre, sans domicile fisc, parcourent la France pour démontrer qu’on peut récupérer 80 milliards d’euros qui échappent chaque année à l’impôt à cause de l’évasion fiscale. C’est l’équivalent du déficit budgétaire annuel de la France, ou de ce qu’il faut pour augmenter le Smic à 1700 euros et remettre à niveau l’ensemble des grilles de salaires. Cet argent existe mais il est confisqué par les multinationales. C’est sur ces solutions que nous rassemblerons pour porter le plus haut possible le score de Jean-Luc Mélenchon et de nos candidats aux législatives.
 
Avez-vous rencontré Jean-Luc Mélenchon ? Peut-il y avoir un travail commun ?
PIERRE LAURENT.  Le travail commun avec toutes les forces disponibles sera au cœur de notre campagne parce que nous voulons construire le rassemblement le plus fort possible. J’ai parlé avec Jean-Luc Mélenchon mardi et nous sommes convenus d’une rencontre dans les jours à venir. Il a publié son programme, l’Avenir en commun, et nous avons publié nos propositions dans la France en commun. Ces efforts doivent s’additionner pour provoquer un grand débat populaire sur les solutions à même de sortir le pays de la crise.
 
Face à François Fillon et à Marine Le Pen, quel message entendez-vous envoyer ?
PIERRE LAURENT. Chacun vient de prendre conscience que le programme de François Fillon serait un véritable massacre social, et signerait probablement la fin de la Sécurité sociale avec la généralisation des assurances privées inégalitaires. François Fillon veut imposer une société très brutale de la façon la plus autoritaire qui soit, en gouvernant par ordonnances. Mais il n’est pas le seul danger. Marine Le Pen veut se présenter comme la candidate qui protégerait les Français contre l’ultralibéralisme de François Fillon. C’est une imposture quand on sait qu’elle porte au pinacle le multimilliardaire Donald Trump. En réalité, son programme est du même acabit. Derrière le verbiage antisystème, c’est toujours la dénonciation  du pauvre, du chômeur, de l’assisté, de l’immigré, mais jamais du vrai responsable de la crise, le pouvoir financier. Seul notre programme s’attaque aux varis profiteurs du système capitaliste.
 
Quelles propositions concrètes le PCF compte-t-il porter dans la campagne ?
PIERRE LAURENT. Des propositions dont nous montrerons à chaque fois pourquoi elles sont réalisables. Créer un million d’emplois dans les filières industrielles et écologiques d’avenir, c’est possible en réorientant les profits du CAC 40 et le CICE. Rien que le CICE  représente chaque année le financement de 400.000 à 500.000 emplois. Les banques, qui continuent à soutenir les marchés financiers, le système des paradis fiscaux, les stratégies des multinationales, détournent elles aussi des masses considérables d’argent du financement de l’emploi. Nous proposons aussi de réduire le temps de travail, en utilisant de manière positive les possibilités ouvertes par la révolution numérique. Pour lutter contre les inégalités, la grande pauvreté et l’exclusion, nous proposons d’abaisser la TVA pour les produits de première nécessité en doublant le revenu de l’ISF. Nous proposons de faire de l’égalité salariale femme – homme une grande cause nationale. Nous voulons une nouvelle sécurité d’emploi et de formation qui éradiquerait la précarité et le chômage pour le plus grand nombre. C’est en ouvrant un débat populaire sur ces proposition que nous serons capables de rouvrir l’espoir que le quinquennat de François Hollande a réduit à néant pour des millions de Français.
 
Comment entendez-vous poursuivre votre démarche de rassemblement ?
PIERRE LAURENT. C’est l’avenir de la France qui se joue, donc nous ne fixons aucune limite. Face au pouvoir du 1%, les 99% de la société sont concernés. Ce rassemblement engage tous ceux qui à gauche ou parmi les écologistes ont compris au fil du quinquennat l’impasse dans laquelle nous a plongé le trio Hollande -Valls - Macron. Tous les syndicalistes et les militants de Nuit debout mobilisés contre la loi travail, tous les usagers et les salariés des services publics qui sentent leurs emplois et leurs missions menacés, tous les ouvriers qui comprennent à quel point le sacrifice de leur savoir-faire affaiblit la France sont concernés. Nous mènerons la même campagne au plus près du terrain pour les élections présidentielle et législatives. C’est pourquoi nous appelons à tenir dans chaque circonscription des débats publics et à la es prolonger par des fabriques citoyennes ou des ateliers législatifs. Je réunis une nouvelle fois samedi à la Bellevilloise des personnels engagées dans des secteurs très divers de la société et nous comptons installer avec elles un espace permanent de travail pour construire en quelque sorte une fabrique d’idées et de projets.
 
Vous avez dénoncé l’éparpillement des candidatures à gauche à plusieurs reprises. Est-ce toujours d’actualité ?
PIERRE LAURENT. C’est plus que jamais d’actualité. Nous appelons à voter Jean-Luc Mélenchon en ayant conscience que demeure le danger de voir la droite et l’extrême droite seules représentées au second tour. Nous voulons donc élargir considérablement le rassemblement déjà engagé. Les écologistes, dont la candidature a peu de chance de peser fortement, doivent réfléchir à cette situation. Notre appel s’adresse évidemment aux militants et aux électeurs socialistes qui regardent consternés la spectacle offert par la primaire de leur parti.
 
Cela signifie-t-il que votre parti pourrait soutenir une autre candidature selon l’évolution du paysage politique ?
PIERRE LAURENT. La question n’est pas de changer de candidat mais que les projets et les forces qui peuvent converger, le fassent au plus vite. Le paysage n’est pas figé. Nous ne serons pas indifférents à l’évolution de la primaire socialiste, dont personne ne peut dire aujourd’hui quelle en sera l’issue.
 
Des candidats du PCF et de la France insoumise risquent-ils de s’affronter aux législatives ?
PIERRE LAURENT. Je ne le souhaite pas. La bataille législative est centrale. Le Parti communiste y prendra toutes ses responsabilités car les menaces sont grandes sur la représentation de millions d’électeurs de gauche. Arrêtons les fanfaronnades. Présenter 577 candidatures capables de rassembler, çà ne se décrète pas à Paris. C’est une bataille difficile. C’est pourquoi le Parti communiste, qui a la force,  l’expérience et la présence territoriale pour le faire doit, le plus vite possible,  travailler avec esprit de rassemblement et d’ouverture dans chaque circonscription à présenter ou soutenir une candidature dès le début de l’année. Dans les circonscriptions où la France insoumise souhaite présenter des candidats et soyons sérieux ce ne sera pas dans les 577, nous devons discuter pour éviter la dispersion. D’autant que dans beaucoup de circonscriptions, la droite et le Front national menacent de faire une OPA sur l’élection. La règle est maintenant claire. Après le vote des communistes et les décisions d’autres forces issues du Front de gauche comme Ensemble !, ces candidatures, si elles sont communes, ne seront pas inscrites dans le seul cadre de la France insoumise. Ne perdons donc pas de temps avec des faux débats.
 
Alors que les projecteurs seront braqués sur la présidentielle, vous voulez traiter à égalité les législatives. N’est-ce pas peine perdue ?

 

PIERRE LAURENT. C’est au contraire essentiel. C’est le régime de notre démocratie qui est en jeu. La présidentialisation du régime a pour objectif de vider la démocratie de sa substance. Il y a un danger majeur. Regardez comme Fillon veut gouverner par ordonnances. Le Parlement est un lieu essentiel de la souveraineté démocratique. Nous ne pouvons pas espérer contrecarrer le projet des forces du capital uniquement par la bataille présidentielle. Avec les luttes sociales, les deux échéances forment pour nous un tout pour changer les rapports de forces. Il est nécessaire d’y porter de manière cohérente les mêmes axes de propositions. C’est pourquoi j’appelle nos candidats aux élections législatives à entrer en campagne dès le mois de janvier pour faire de l’indispensable révolution démocratique une question centrale.
 
 
Pierre Laurent : " Une campagne des communistes offensive et libre "
Pierre Laurent : " Une campagne des communistes offensive et libre "
Tag(s) : #AGIR AVEC LE PCF

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