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Un texte paru le 16 decembre sur la page FaceBook de notre camarade retraité Maurice Brandi, ex journaliste à La Marseillaise

 

RAPPORT DE FORCE.
Là où vous allez comprendre ce qu'est un rapport de force. La différence qu'il y a entre la situation politique à la Libération et celle d'aujourd'hui. En 1946, le PCF est le premier parti politique de France avec près de 30% des suffrages exprimés, un parti dont les militants n'ont pas tous rendu les armes de la résistance malgré les consignes de Maurice Thorez et du moustachu de Moscou., Et enfin, une CGT qui déclare 5,5 millions d'adhérents. C'est dans cette période que le patronat français paie sa collaboration avec les nazis et leurs courbettes à Hitler dès 1932.

Jusqu'en 1947, des communistes dirigent de grand ministère. Ambroise Croisat à la Santé élabore et crée la sécurité sociale que nous connaissons, Maurice Thorez crée le statut des fonctionnaires. François Billoux est chargé de la reconstruction et de l'urbanisme, Charles Tillon, Georges Marrane, Marcel Paul... tous sont attelés à la reconstruction du pays.

Et la situation politique actuelle où le PCF est à moins de 2% et où la CGT revendique plus de 600.000 adhérents. La droite et le PS courroies de transmission du Medef font ce qu'ils veulent et imposent l'austérité à tous les français... sauf pour les plus riches d'entre eux. Ils font hurler l' économie, affolent les couches moyennes de la population pour mieux les manipuler.

DETRICOTAGE

Si nous observons et analysons les programmes politiques et notamment sociaux de la Droite, du MEDEF et de ce que viennent de nous infliger les socialistes au pouvoir depuis 2012, on s'aperçoit que de Valls à Fillon et Macron sans oublier leur maître à tous Pierre Gattaz, ils prennent leur revanche sur le peuple. Patiemment mais avec autoritarisme ils détricotent tout ce que les communistes ont créé lors de leurs rares passages au gouvernement et la mobilisation des travailleurs dans leurs entreprises.

LA BATAILLE DU TIERS PAYANT

Le 4 octobre 1945, Ambroise Croisat, ministre de la Santé fait adopter la loi sur la Sécurité sociale et le 19 octobre celle sur le code de la Mutualité. Mais les médecins libéraux, pour l’essentiel issus de la bourgeoisie, veulent maintenir leurs avantages. L'Ordre des médecins, créé par Pétain (7 octobre 1940) refuse de signer la convention tarifaire avec la sécurité sociale. Les malades paient les consultations au prix fort et sont remboursés au tarif de la sécu. Se soigner passe au second plan. Les familles ont d'autres priorités notamment se nourrir et trouver un toit.

La France sort de plus de cinq ans de guerre. Les nazis ont détruit l'appareil de production français. L'économie est exsangue. Le pays est à terre. Il faut le redresser. Une grande majorité de Françaises et de Français vit dans la misère et la précarité et un manque d'hygiène absolu. Les réseaux d'assainissement sont inexistants. Rares sont les appartements où il y a des WC et des salles de bain. A Marseille, le "torpilleur" passe tous les matins pour récolter les "tinettes" des seaux hygiéniques (les mal nommés) où les Marseillais ont fait leurs besoins.

A Marseille justement, deux médecins communistes, Lucien Tichadou et le Docteur Marot sont révoltés par la position de l'Ordre des médecins.. Ils décident de s'appliquer unilatéralement le tarif de la sécurité sociale. Il est à souligner que le Comité central du PCF est contre cette décision. Il estime en effet qu'elle est totalement social-démocrate et que seule l'action des travailleurs fera céder l'Ordre des médecins. Médecins avant tout, ils n'en ont cure. Dans leur cabinet et lors des visites à domicile, ils demandent le tarif sécurité sociale. Les patients seront remboursés de leur avance à 80%.

Marseille est un gros village où les nouvelles circulent vite. De famille en famille, de voisins en voisins leurs noms circulent. "Va voir le docteur Tichadou... il prend le tarif de la sécu et il soigne bien... moi, la petite..." Tichadou et Marot sont rapidement submergés par les patients. La situation ne peut pas rester en l'état. Leur générosité pourrait bien se retourner contre eux et la cause qu'ils défendent.

DE NOUVELLES PRATIQUES MEDICALES

Avec la mutualité, alors sous la responsabilité de la CGT, ils décident de mener des actions de masse pour contraindre les médecins libéraux à signer la convention avec la sécu. Pétitions, manifs, rassemblements... le mouvement prend de l'ampleur et rapidement, le PCF qui ne veut pas passer à côté entre dans la danse. En réaction, l'Ordre des médecins menace de radier Tichadou et Marot. Les journaux nationaux et locaux qui s'intéressent de plus en plus à l'affaire, parlent de "Médecine rouge et Bolchevique..." Si les libéraux cèdent ce sera "Les soviets partout !" Tichadou et Marot en ont vu d'autres et ne sont pas impressionnés d'autant que le rapport de force créé par le syndicat, la mutuelle et le parti tourne en leur faveur en s'étendant au reste du pays. Ce faisant, ils mettent en oeuvre une conception humaniste et non marchande de la médecine. Ils brisent le lien d'argent entre le patient et le praticien.

Ils ne se contentent pas de changer le pansement, ils pensent le changement.

Le centre médical est à nouveau rapidement débordé. Avec la Mutualité des travailleurs ils décident de créer une clinique mutualiste. Ce sera la naissance de "La Feuilleraie" dans le quartier de Saint-Barnabé. L'argent pour sa construction sera récolté parmi les travailleurs et les militants, sous forme d'action. Dans le même mouvement, Marot et Tichadou avec la mutualité, la CGT et le PCF inventent le Tiers payant. Il s'agit de rompre le lien de subordination financière entre le médecin et son patient et garantir ainsi, à chacun se liberté. Une nouvelle bataille s'annonce pour l'imposer à tous les autres praticiens. La Sécurité sociale fait signer des conventions. Sous la pression pratiquement tous les professionnels de santé s'y collent.

C'est à cette même époque que des médecins communistes importent de l'URSS et imposent la technique de l'accouchement sans douleur... alors que les vieux médecins bourgeois et la vieille église catholique imposaient toujours aux femmes d'enfanter dans la douleur... comme pour expier un pêché de luxure

Les communistes ont ainsi participé, concrètement et directement, à l’élaboration du système de santé original français. Ils ont fait la démonstration que c'était possible. Mais sans une mobilisation populaire forte, des syndicats et des communistes cela n'aurait pas pu être possible. Et le plus extraordinaire de l'affaire, est que sans prendre le pouvoir, sans violence, ils ont réussi à imposer cette transformation sociale, révolutionnaire pour l'époque, en douceur à l'ensemble du pays. Le tiers payant est aujourd'hui chose courante dans notre système de santé.

Et c'est cela que la droite de François Fillon à Emmanuel Macron a l'intention de détruire. Allons-nous, allez-vous les laisser faire ? Nous sommes 71% a vouloir qu'on ne touche pas à la Sécurité sociale... Votons, alors, pour ceux qui la défendent.

 

Maurice Brandi

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Attention!

TPE: vote du 30 décembre au 13 janvier

Plus d'info:http://tpe.cgt.fr

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Tag(s) : #TRIBUNE LIBRE, #SE FORMER - COMPRENDRE, #AGIR AVEC LE PCF

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