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Le G7 est la réunion « informelle » des 7 premières puissances économiques mondiales (les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne, le Canada, l’Italie, le Japon) créée en 1975 dans la foulée de l’offensive néo-libérale incarnée par Reagan et Thatcher.

Ce sommet de chefs d’Etat et de gouvernement (dont la Chine et la Russie, à cause du conflit ukrainien, sont aujourd’hui exclues) n’a aucune légitimité internationale et vise à contourner les institutions multilatérales et imposer à l’ensemble des pays et nations du monde un leadership politique qui ne souffrirait aucune discussion ni contestation.

Le G7 est la survivance d’un monde ancien dont l’interminable agonie entraîne les peuples dans l’insécurité sur tous les plans et des conflits meurtriers.

On glose beaucoup sur les divergences mises en évidence lors de l’édition 2017. Les désaccords internes de ce « club » de moins en moins uni font en effet de lui un facteur supplémentaire d’insécurité - à moins d’en réfuter la prééminence de fait.

Sur la question du climat, la présidence américaine se trouve isolée dans son intention de remettre en cause les Accords de Paris mais ce n’est pas au G7 qu’il revient d’assurer leurs respect et mise en oeuvre. Les dirigeants des pays signataires de la résolution de la COP21 sont comptables devant leurs peuples, leurs nations et devant l’Assemblée générale des Nations unies de leurs engagements.

Sur la question des échanges économiques, la déclaration cible assez grossièrement les pays asiatiques —remarquablement sous-représentés dans cette réunion internationale — et ménage le président états-unien et sa politique.

Sur la « lutte contre le terrorisme », l’interpellation des fournisseurs d’internet permet de passer sous silence la responsabilité des Etats comme les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France dans leurs alliances opportunistes au Proche et Moyen-Orient avec des puissances régionales qui sont des soutiens actifs des groupes djihadistes.

La réalité de ce Sommet est que ce sont, encore et toujours, les peuples, les réfugiés et les migrants qui font les frais de cette rencontre. Devant les dirigeants de l’Ethiopie, des Kenya, Niger, Nigéria et de la Tunisie conviés le 27 mai, les grandes puissances se sont fendues de réitérer leur déclaration d’intention de 2015 ! sur le développement durable, la famine au Soudan et au Yémen, et la malnutrition d’ici… 2030.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) de l’ONU qui estime ses besoins de financement pour 2017 à 9 milliards de dollars afin d’apporter assistance aux populations de Syrie, Irak, Yémen, Sud Soudan, Nigéria, et Somalie mais la réalité est que les Etats-Unis ont annoncé leur volonté de réduire leur contribution financière, comme l’ont déjà fait la France et la Grande-Bretagne.

La seule certitude de ce sommet est que le président Trump n’est pas décidé à changer de stratégie globale ; pour lui, le « problème nord-coréen » sera « résolu »…

Une promesse d’insécurité mondiale supplémentaire en perspective contre laquelle nous nous mobiliserons largement pour mettre un terme aux logiques de peur et de guerre que ce sommet du G7 vient appuyer.

Pierre Laurent
Secrétaire national du PCF
Sénateur de Paris

Paris le 28 mai 2017

 

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Avec Bruno Verdi, syndicaliste et Roger Martin

 

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Tag(s) : #MONDE

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