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Profitant de la campagne des législatives nos camarades de la Drome ont organisé le 22 mai à Montélimar une rencontre ayant pour thème : Quelle énergie pour demain ?

Voici un compte rendu de ce débat ou était présent entre autre, Sébastien Elka, ingénieur rédacteur en chef adjoint de la revue "Progressiste"

 

PCF Drôme Retour sur le débat à Montélimar du 22/05/2017

Introduction de Bob Faresse, secrétaire de la section Pcf de Montélimar, qui évoque la situation politique et regrette vivement la situation de désunion de la gauche de changement rappelant que le PCF a tout fait pour qu’il n’en soit pas ainsi.

Pierre Trapier se félicite que le vote du deuxième tour ait fait reculer le FN mais maintenant il faut résister et faire reculer les forces libérales qui vont tenter d’imposer leurs réformes néfastes pour les salariés, les chômeurs, les retraités ...
Il précise :

"Nous avons choisi de profiter de la campagne pour lancer ce débat sur l’énergie car c’est un bien commun  sans lequel tout progrès est rendu impossible pour l’humanité est d’où la nécessité de porter cette question en débat devant les citoyens. "

Le PCF n’oppose pas les sources d’énergie mais prône un mix énergétique développant le renouvelable et permettant de lutter en urgence contre le risque majeur qui menace l’humanité, le réchauffement climatique.

Sébastien Elka présente la revue "Progressistes" revue lancée par le PCF il y a 3 ans, qui entend articuler autour d’un dossier spécifique les enjeux du monde du travail, de l’environnement, et les avancées scientifiques et techniques.
Il rappelle à ce propos que contrairement à ce que certains disent le PCF a été précurseur en matière d’écologie scientifique puisqu’il crée dès 1981 Le Mouvement National de Lutte pour l’Environnement, association de type 1901, lieu de rencontre pour la réflexion et l’action afin d’intégrer la nature dans les réponses sociales, économiques et culturelles avec pour but de mettre en cause le capitalisme contemporain, produire et consommer autrement pour bien vivre et mettre l’Homme et la démocratie au cœur des réponses.
Aujourd’hui, La vision de la revue "Progressistes" est technique mais aussi politique et ce qui fait sa singularité c’est qu’elle s’efforce de toujours rester proche et de s’appuyer sur l’expertise des salariés des secteurs concernés.

Le débat est ensuite articulé autour des questions posées par les participants, extrêmement diverses :

  • - Comment utiliser le soleil des déserts ?
  • - Quels risques avec le développement de la sous-traitance notamment dans le nucléaire ?
  • - Comment faire face à la précarité énergétique ?
  • - Comment démocratiser la gestion du nucléaire et dépasser l’opacité qui l’entoure pour éviter que les Anti-nucléaires puissent jouer sur la peur mauvaise conseillère ?

Et à l’inverse :

Pourquoi persister sur le nucléaire, étant donné que nos centrales sont vieillissantes et vont devoir supporter des coûts de maintenance considérables, alors qu’un mixte énergétique 100% renouvelable est possible et permet pour des coûts qui vont devenir presque équivalents d’utiliser les ressources, le soleil, le vent, que nous avons sur place ?
Quel développement de la recherche dans un pays où les chercheurs ne trouvent souvent pas les financements et emplois nécessaires au développement de leurs connaissances ?

  • - Le renouvelable c’est quoi ?
  • - Quelle différence entre écologues et écologistes ?

Et puis beaucoup d’autres questions passionnantes ...

Sébastien Elka a tout d’abord axé ses réponses sur la question de la précarité énergétique car le discours du PCF est avant tout humaniste, il a rappelé le lien entre accès à l’énergie et développement humain.
Aujourd’hui, dans nos sociétés occidentales l’enjeu est de se développer, de progresser en stabilisant sa consommation d’énergie. Pour lui, les scénarios de transition énergétique qui adoptent une hypothèse de baisse drastique de la consommation comme le scénario NegaWatt ne sont pas réalistes.

Le seul pays qui a baissé sa consommation, c’est la Grèce avec sa politique d’austérité et les résultats sont catastrophiques pour la population et notamment pour les plus fragiles, toute la société s’en trouve déstructurée.
Pas réaliste non plus de penser que l’on peut baisser la consommation d’énergie alors que le développement de la mobilité électrique et la ré industrialisation indispensable de notre pays (après la fermeture accélérée des sites industriels) vont générer de nouveaux besoins, sans parler d’Internet et du développement de la communication.
D’ailleurs, L’ADEME qui a présenté un scénario allant dans le même sens a reconnu clairement que son scénario était incomplet et surestimait la baisse possible de consommation.

Pour garantir l’accès de tous à l’énergie, il faut un Mix énergétique qui assure à la fois l’adaptation aux besoins et la permanence, ce qui n’est aujourd’hui pas encore possible pour les systèmes captant l’énergie du soleil ou du vent.
Au-delà la question posée par l’énergie nucléaire est celle de notre rapport à la nature qui est posée : sommes-nous capables de maîtriser ou non l’atome, sa fission et peut être demain sa fusion ?

Certains préfèrent renoncer, le PCF lui, pense que nous sommes capables collectivement de parvenir à cette maîtrise à condition que les salariés de ces industries et les citoyens puissent démocratiquement intervenir dans sa gestion et ne soient plus pris de haut. Leur intervention est essentielle.

A la libération, la mise en place d’un grand service public de l’énergie a permis de rendre possible l’accès de tous à l’énergie électrique notamment et de poser les bases d’un contrôle indispensable et indépendant.
Malheureusement au nom de la sacrosainte concurrence, ce service public qui échappait aux appétits financiers est depuis quelques années remis en cause poussant ainsi les entreprises publiques, qui sont d’ailleurs de moins en moins publiques, à entrer dans un jeu concurrentiel, à réduire leurs coûts de gestion, embaucher des intérimaires par exemple, toutes choses qui remettent en cause la sécurité. Au final aujourd’hui, on argue des difficultés de ces entreprises publiques que l’on a volontairement créées pourra mettre carrément en cause leur légitimité.
Il faut se battre pour reconquérir ce grand service public de l’énergie et c’est pour cela que le PCF place cet objectif en tête de ses propositions.
La question de la sécurité d’ailleurs dépasse le seul secteur nucléaire et on ne parle jamais de la tonne de produits qui sont dispersé dans la biosphère en lien avec l’utilisation des énergies fossiles. Le nucléaire est le seul secteur qui ne disperse pas ses déchets.
La sécurité énergétique ne peut être assurée aujourd’hui avec le seul renouvelable qui d’ailleurs n’est pas neutre au regard de l’enjeu environnemental, car si l’énergie utilisée est bien renouvelable, par contre sa captation elle exige un processus de production qui ne l’est pas. Par exemple l’utilisation majoritaire des terres rares pour construire les éoliennes donne des résultats environnementaux catastrophiques en Chine.
Le problème est toujours plus complexe qu’il n’y paraît, par exemple les suisses qui viennent de se prononcer pour la fin du nucléaire (majoritairement plus ancien qu’en France d’ailleurs) vont devoir utiliser leurs équipements hydrauliques pour réguler leur production d’énergie et pour ce faire, ils vont avoir besoin de l’électricité produite par le nucléaire français !

Le renouvelable éolien ou solaire coûte encore très cher, même si les prix baissent aujourd’hui mais son utilisation à grande échelle nécessite de résoudre la question de l’intermittence et du stockage ce qui induit un développement accru de la recherche publique.
En effet, seule la recherche publique et fondamentale peut permettre de dépasser la question de la rentabilité immédiate qui gouverne les intérêts privés.
Pour cela, Il faut aussi retrouver une vraie politique d’aménagement du territoire, abandonnée depuis la fermeture du commissariat au plan, sous le gouvernement Jospin.

Concernant le démantèlement des anciennes centrales nucléaires, celles qui ont été construites dans les années 70, les chiffres à retenir ne sont certainement pas les mêmes si on veut "rendre le terrain aux vaches" ou si on décide de maintenir la capacité nucléaire en reconstruisant sur les sites de nouvelles centrales.

Enfin pour développer le renouvelable, ce que propose d’ailleurs clairement le PCF, c’est à dire l’éolien, le solaire, le bio- gaz, l’utilisation des déchets, les énergies de la mer (hydroliennes, usines marée motrices etc...), l’hydrogène, encore à l’état de prototype, l’hydraulique est aujourd’hui l’énergie renouvelable prépondérante chez nous mais il atteint des limites dans son développement Donc pour développer le renouvelable. Il faut une vraie politique industrielle et de formation qui crée la cohérence technique entre les différents secteurs, éducation, industrie, infrastructures publiques nécessaires à l’utilisation...

L’exemple du solaire qui a été développé en Europe mais n’a pas trouvé de modèle industriel sur place et qui est aujourd’hui produit en Asie montre à quel point il y a urgence à agir en la matière.

En conclusion de cette soirée très riche, Pierre Trapier, candidat PCF de la circonscription, après avoir répondu à une dernière question et en réponse affirmé haut et fort son opposition à l’utilisation des gaz de schiste, a rappelé le rôle joué par les communistes à la libération avec Marcel PAUL, ministre communiste de la production industrielle pour aboutir au vote de la loi sur la nationalisation de l’électricité et du gaz.

Il a indiqué que les élus du PCF entendent se battre pour que :

  • - Ce domaine de production et de consommation soit placé sous la maîtrise de la puissance publique et sous le contrôle citoyen pour écarter les appétits financiers qui ne voient que leur profit et pour permettre à tous d’accéder à l’énergie à des prix accessibles.
  • - Que la préservation de notre environnement et de l’humanité passe par la diminution des énergies carbonées et par un développement d’un mix énergétique qui combine l’énergie nucléaire avec les énergies renouvelables
  • - Que les crédits publics de recherche doivent être fortement augmentés pour que cette dernière ne dépende pas de la loi du marché.

 

 

Quelques liens vers la revue "Progressiste" sur le même thème.

Tag(s) : #AGIR AVEC LE PCF

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