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Comme chaque année il  y avait beaucoup de monde à la cérémonie commémorant l'assassinat de nos camarades Antoine Diouf et Albin Durand le 1er août 1944 à Sarrians.

Avant l'intervention de Madame Anne-Marie Bardet, Maire de la commune, Mina Idir, secrétaire de la section de Carpentras, prit la parole au nom du Parti Communiste Français. Rouge Cerise reproduit ci-dessous son discours.R.C.

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 Discours de Mina IDIR au nom du PCF

 

Madame le Maire de Sarrians, Mesdames, Messieurs les élus, les Présidents et représentants des associations d’Anciens Combattants, Résistants et Déportés, les Représentants des Corps constitués, Mesdames, Messieurs les Amis d’Antoine Diouf et Albin Durand, chers amis, chers camarades…

Je suis très émue et touchée de lire aujourd’hui mon discours, le 73e discours pour évoquer la barbarie commise et l’assassinat horrible d’Antoine Diouf et Albin Durand, ici, à Sarrians.

Sarrians fut dès 1940 une plaque tournante de la clandestinité puis de la Résistance, dont les deux principaux responsables étaient Albin Durand et Marius Bastidon qui illustraient déjà la diversité des engagements. Ici, comme ailleurs, la Résistance était diverse : communistes, gaullistes, socialistes, républicains, « celui qui croyait au ciel et celui qui n’y croyait pas » unis dans un même idéal.

Le 1er août 1944, avec l’assassinat d’Antoine Diouf et d’Albin Durand, la commune fut le théâtre d'un drame qui marque encore aujourd'hui les consciences des habitants.

Ici se joua un terrible crime politique pour à la fois faire taire des responsables de la Résistance mais aussi de les faire parler. Dénoncés, torturés et assassinés par un commando de collabos, malgré les tortures, la violence et la barbarie, Albin Durand et Antoine Diouf ne cédèrent pas, ils ne dirent rien et restèrent solidaires jusqu’au bout. Un autre résistant, Lucien Faraud, fut mortellement blessé le même jour par les Allemands et un autre sarriannais, Paul Roux, qui portait secours à un blessé, a été tué.

Cet assassinat s’est passé en fin de journée, non loin d’ici et à la même heure. Je ne reviendrai pas sur les conditions de leur mort, clairement leurs bourreaux avaient le souhait de les faire souffrir au-delà du supportable, et ont montré ce jour là encore leur absence totale d’humanité. Ces assassins étaient l’opposé exact d’Albin Durand et Antoine Diouf, qui eux, au contraire, ont agi toute leur vie dans le partage et pour plus d’humanité.

Il est important de commémorer ces moments, d’honorer leur mémoire et de transmettre leur histoire. Le devoir d’histoire, c’est à la fois se rappeler de manière solennelle qui ils étaient, quels étaient leurs combats, leurs valeurs, leurs engagements mais c’est aussi le garder en tête à chaque instant et faire en sorte que pareille tragédie ne se renouvelle pas. Pour éviter que l’histoire ne se répète, nous devons rester vigilants.

Les résistants se sont battus pour nous permettre de vivre et jusqu’au bout ils eurent ces idéaux et ont agi pour les faire exister : la fraternité, la solidarité, l’entraide, le partage et plus d’humanité.

Albin Durand, Marius Bastidon, Antoine Diouf et tous leurs camarades étaient des résistants, des organisateurs, des hommes d’action.

Comme il ne pouvait en être autrement en cette époque sombre et barbare, ils n’échappèrent pas à la condamnation de l’occupant et des collabos. Ils le savaient, ils le pressentaient, c’est évident, mais l’intérêt commun, au-delà de leurs propres engagements, les guidait. Frères de combat, sportifs, partageant le même but, ils ont résisté jusqu’au dernier souffle. Ils étaient porteurs d’une France Nouvelle, la France des jours heureux.

Albin et Antoine, pleins de vie, généreux, altruistes, tous deux aspiraient à un monde meilleur, ils l’ont fait en payant un lourd tribut, celui de leur vie. Et jusqu’au bout, ils restèrent frères et solidaires…

C’est cette image qui me vient quand je pense à eux, à ce soutien silencieux qu’ils ont pu s’apporter au cœur de cette barbarie. Ils sont morts pour notre liberté, pour la paix et pour plus d’humanité. Ils sont morts pour ne pas laisser plus encore l’obscurité se développer. Ils ont sacrifié leur vie pour que, nous, nous vivions.

Ils avaient, malgré l’Occupation, les difficultés et la peur, noué des relations et une fraternité que même la mort ne peut détruire. Ensemble jusqu’au bout, leurs noms sont à jamais liés et symboles de leur vie de luttes.

Albin Durand et ses amis avaient un vœu et ils ont tout fait pour qu’il s’exauce, la libération du pays. Ils défendaient aussi le Programme du Conseil National de la Résistance qui nous apporta la Sécurité sociale, la retraite, le service public de l’énergie, et tant d’autres conquêtes aujourd’hui malmenées. Ce sont eux qui sont à l’origine de ces avancées qui restent encore aujourd’hui à défendre. Ils sont morts pour nous offrir la paix et la liberté.

Résister, encore et toujours. Résister et s’engager. Résister et se battre pour que ce monde soit comme Albin et Antoine, Marius et Léandre, Albine et Lucette, Paul et Lucien, Bertin et Francis, le rêvaient, un monde sans haine et sans violence. Se souvenir d’hier, aujourd’hui et demain, de leurs sacrifices et de nos espoirs communs.

Soyons vigilants pour que la barbarie ne prenne pas le dessus, la haine est à nos portes. Construisons ce monde fraternel où l’égalité ne se contente pas de se dire mais de se vivre.

Soyons dignes de leur héritage, et n’oublions jamais. En parlant d’eux, nous les faisons revivre et me vient en tête les photographies pleines de vie de deux êtres à la fois différents, mais semblables aussi dans leur combat face au nazisme, à la haine. Merci Albin, Merci Antoine. Merci à tous les autres. Peu de mots peuvent exprimer la gratitude que nous vous devons à tous, anonymes ou pas, qui avez sacrifié votre vie pour nous, pour que nous soyons libres et en paix…

Un autre résistant les a rejoints il y a quelques jours, Albert Cordola, rescapé de Dachau, vice-président de la FNDIRP, membre d’honneur de l’association des Amis d’Antoine Diouf et Albin Durand, qui rappelait souvent qu’il avait une tendresse particulière pour ces deux héros parce qu’ayant connu lui-même des horreurs inimaginables, il savait que ce qu’ils avaient subi était pire encore… Il ne manquait jamais d’être là, à Sarrians, pour cette commémoration. J’ai une pensée émue pour lui et ceux qui l’ont aimé.

Tous ont participé à la libération de la France et ont permis de poser les pierres d’une autre société, une société fondée sur le partage et la solidarité. Cette France des jours heureux est aujourd’hui remise en question, et il nous reste pour nous battre leur exemple, la solidarité, le partage et la lutte dans l’intérêt commun.

Pour terminer, je voudrais partager avec vous une citation de Jack London, qu'Albin Durand aimait lire. Le grand écrivain progressiste n’écrivait-il pas en effet: « Il n'y a pas de mort absolue. L'esprit est la vie, et l'esprit ne saurait mourir ».

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SOYONS NOMBREUX

À BARBARENQUE, mercredi 2 août à 18H30:

Cérémonies commémoratives  à la mémoire des 5 jeunes maquisards fusillés par les nazis à la ferme de Barbarenque au Beaucet. 

 

 

 

 

 

Rendez vous :

  • à 17 H30 à la stèle de Barbarenque
  • à 18H30 au monument Place du maquis Jean Robert au Beaucet

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Tag(s) : #A LA UNE AUJOURD'HUI

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