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Communs, communisme : ayons un débat sérieux et direct

N’est-il pas temps de rompre avec cette habitude de pratiquer le billard à trois bandes, de publier ces textes qu’il faut lire en pointillés ? A ce titre, celui de Pierre Dharréville publié dans le premier numéro de « Cause Commune » (1) est tout simplement caricatural. Si Pierre avait la franchise de dire le fond de sa pensée, les choses seraient tellement plus simples. Mais non. Il martèle sans relâche le mot « commun » (15 fois !), dans un argumentaire complètement creux, qui se conclut par « faisons du commun », en ayant bien garde de ne jamais employer le mot « communisme ». S’il veut que le PCF change de nom pour s’appeler « parti du commun » ou « des communs » ou quelque chose comme cela, pourquoi ne pas le dire clairement ? Est-ce qu’il s’imagine contourner ainsi le fond du problème ? Pratiquer une sorte de fait accompli ? C’est tout simplement puéril, et c’est prendre les communistes pour des idiots.

Je reviens sur cette histoire de « faire du commun ». On m’a toujours appris, et à Pierre aussi je suppose, que quand une phrase n’a pas de contraire qui lui soit sérieusement opposable, c’est qu’elle ne veut rien dire. « Ne faisons pas du commun » ? Personne ne peut dire ni penser cela.

Il ne faut tout de même pas confondre deux choses : d’un côté, les biens qui doivent faire l’objet d’une appropriation collective, comme l’eau, l’énergie, la santé, les services publics. Agir et rassembler là-dessus, c’est l’ADN des communistes, et c’est ce que le nom de leur parti signifie. Faut-il le faire plus et mieux ? D’accord. Le conseil est bon mais quelque peu superflu. C’est l’existence qui détermine la conscience, et non l’inverse. Autre chose est « faire du commun » : mettre une marchandise sur le marché, c’est faire du commun. Aux Etats-Unis, certains parlent même de « démocratie par la consommation ». Communiquer, c’est faire du commun. A ce compte, Macron fait du commun, Le Pen fait du commun. Si être communiste c’est avoir des valeurs communes, alors 100% des gens sont communistes.

De même son plaidoyer laborieux pour justifier qu’on oppose le peuple à l’oligarchie. Déjà ce mot d’ « oligarchie » a des connotations particulièrement déplaisantes. . S’en prendre à « l’oligarchie », comme le fait Mélenchon, et comme le faisait par exemple une certaine droite catholique dans les années 1930, c’est poser comme l’adversaire principal le capitaliste et non le capital. C’est dédouaner les banques et les directions d’entreprises de leurs choix stratégiques valorisant le profit au détriment des êtres humains. Est-ce pour cela que Pierre parle par ailleurs de « producteurs » et non de « salariés » ? Que signifie cette régression à un vocabulaire historiquement dépassé ? De même, ce ne sont pas les patrons qui se cachent, c’est le capital qui se dépersonnalise. C’est là une pente particulièrement glissante : laissons Mélenchon s’y aventurer tout seul.

Mélenchon justement, que Pierre se garde bien de nommer, croyant sans doute qu’on ne s’apercevra de rien, mais avec lequel il semble prendre une timide distance quand il met en garde contre les « percées solitaires et (les) vaines polémiques. » Quel langage respectueux ! Mais qui peut croire qu’il ait la moindre chance d’être entendu ?

Le débat est légitime. Il doit et il peut être fraternel, la première des conditions pour que cette fraternité soit effective étant d’être franc et direct, et de s’interdire les recours à des procédés rhétoriques d’un autre temps.

Jean-Michel Galano

professeur de philosophie

membre du PCF

 

1 - 1 http://www.causecommune-larevue.fr/faire_grandir_la_conscie…

 

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Tag(s) : #TRIBUNE LIBRE

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