Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

La mise en place du nouveau compteur Linky suscite de nombreuses interrogations et inquiétudes.
Fiabilité des compteurs, effets nocifs des ondes émises, confidentialité des données collectées, disparitions d’emplois, voici quelques éléments d’informations sur les arguments utilisés par les détracteurs du compteur Linky.

 

Sur la fiabilité des boîtiers qui brûleraient facilement, nous sommes face à deux problèmes:

- Le premier est statistique, il se produit chaque jour des incendies d’origine électrique, mais par effet d’exposition médiatique ne sont retenus dans l’esprit des populations que ceux impliquant un compteur Linky .
- Le deuxième problème est lui typiquement capitaliste, la pose de ces boîtiers est sous-traitée par ENEDIS à des prestataires privés qui au vu de l’ampleur de la tâche recrutent du personnel,  bien souvent pas même électricien, formé à la va-vite et dont les objectifs journaliers de pose de compteurs sont difficilement atteignables. Comment s’étonner alors de quelques incidents lorsque l’on sait qu’il suffit d’une borne mal serrée pour déclencher un incendie?

Concernant les ondes générées: pour communiquer, les compteurs Linky utilisent une technologie par Courant Porteur en Ligne (CPL), la même technologie qui déclenche nos chauffe-eaux aux heures creuses depuis des lustres,  cela dans des basses fréquences et avec une faible énergie. Les compteurs Linky ne sont donc pas des émetteurs radioélectriques. Comme tout équipement électrique, ils ne produisent des champs électromagnétiques qu’a proximité des câbles et, dans le cas du CPL utilisé par le Linky, seulement lors d’échanges de données très courts, de l’ordre de la seconde et en nombre limité dans la journée.

Utiliser cet argument des ondes qui « seraient nocives » parait contre-productif pour qui se prétend progressiste. Pour être crédible il faudrait alors remettre en cause tous les appareils électroniques qui ont des niveaux d’émission autrement plus élevés et cela dans des domaines de fréquences bien plus nocifs ou des niveaux énergétiques bien plus importants  (smartphones, micro-ondes, alimentations à découpage des lampes à économie d’énergie, tables de cuisson à induction, bornes wi-fi etc) et auxquels nous sommes bien plus exposés, que ce soit dans le temps ou par la proximité. (1).

Être communiste ce n’est pas prôner une décroissance technologique, le progrès technique peut et doit être émancipateur. Évitons de nous laisser entraîner dans le sillage d’ autres organisations. 

Plus que le compteur Linky lui-même c’est donc bien les conditions et les raisons de sa mise en place qu’il faut mettre en cause.
Restons pragmatique et contestons l’utilité d’un remplacement des compteurs existant qui se fait systématiquement y compris dans des logements mal isolés, véritables passoires énergétiques et dans lesquels un compteur soi-disant "intelligent" devrait permettre des économies irréalisables dans les faits. L’argent dépensé dans ce programme de remplacement le serait sans doute plus efficacement dans le cadre de la rénovation des logements les plus énergivores.

Ce qui est à redouter ici ce sont les risques d’une fourniture d’électricité à plusieurs vitesses, les seules économies d’énergie le seront aux dépens des ménages les plus précaires.

Sur la question de l’emploi, doit-on se battre pour le maintien de la fonction de releveur de compteur? Rappelons plutôt que nous sommes pour un service public de l’énergie et des entreprises nationales performantes avec du personnel compétent et formé, au statut pérenne.

Sur la confidentialité des données transmises, à l’heure où les frigos se connectent à internet pour passer une commande de bière au drive le plus proche, où Amazon, Facebook, et Google connaissent tout de notre mode de vie, avons-nous réellement à craindre de divulguer nos relevés de consommations électriques?

Car c’est bien de cela dont il s’agit, le compteur Linky ne transmet par défaut  que les données des consommations journalières, les données fines (consommations détaillées à la demi-heure) ne peuvent être collectées sans l’accord préalable de l’abonné. Rappelons également que le compteur Linky ne peut détailler la consommation de chaque appareil domestique.(2)

Des dérives sont évidements possibles comme la collecte et la vente de ces données fines sans l’accord de l’abonné, insistons sur le fait que seul un service public est à même de respecter cette confidentialité.

 

Bref Linky dans du logement neuf, pourquoi pas? Quelques fonctions ne sont pas inintéressantes dans le cadre d’une gestion intelligente de la consommation, mais rappelons surtout que le remplacement systématique n’a d’autre logique que celui de la libéralisation du marché de l’énergie et n'a d’autre optique que de faciliter la limitation énergétique des ménages les plus précaires.

C’est d’ailleurs les arguments utilisés par le maire PCF de St Étienne du Rouvray (Seine maritime) pour s’opposer au remplacement de compteurs existants (3).

R.B

 

(1)  https://www.anfr.fr/controle-des-frequences/exposition-du-public-aux-ondes/compteurs-communicants/compteurs-linky/#menu2

 

(2) https://www.cnil.fr/fr/linky-gazpar-quelles-donnees-sont-collectees-et-transmises-par-les-compteurs-communicants

 

(3) https://www.ville-saintetiennedurouvray.fr/articles/1617

Tag(s) : #SE FORMER - COMPRENDRE

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :