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Un article du blog de José Fort

 

 

Pourquoi la situation au Honduras n’intéresse-t-elle pas les autorités françaises et européennes? Pourquoi les médias pourtant à la détente facile concernant le Venezuela et Cuba se limitent à des «  fraudes supposées » lors des récentes élections, comme l’affirme France Inter ce matin et la plupart des sites web de la presse française ? Pourquoi aucune émotion, aucune protestation, aucune indignation face à la répression de masse, à la corruption, à la violence d’Etat ? Ne serait-ce pas parce que le Honduras est une chasse gardée des Etats-Unis ?

 

Selon plusieurs sources, au cours des dix dernières années, près de 300 syndicalistes, militants associatifs, dirigeants de l’opposition, journalistes, avocats ont été assassinés au Honduras. Le président élu Zelaya, un homme de droite, a été destitué en 2009 sur ordre de Washington pour la simple raison qu’il souhaitait plus de souveraineté pour son pays. L’Union européenne, les « démocraties » de notre continent n’ont trouvé rien de contestable à un tel acte, comme elles ne prêtent aucune attention aux crimes quotidiens commis par les groupes paramilitaires aux ordres de l’oligarchie locale.

 

Deux exemples donnent à voir sur la sauvage répression au Honduras.

Ramon Garcia était un des principaux leaders de la formation «  Unification démocratique ». Il rentrait d’une manifestation dans un bus lorsque des cagoulés l’ont obligé à descendre du véhicule avant de l’abattre de plusieurs balles. 

Un autre exemple : celui de Berta Caceres, militante écologiste. Elle menait une action contre la construction du barrage d’Agua Zarcan, sur la rivière Gualcarque, dans le nord-ouest du Honduras. Elle avait reçu de nombreuses menaces de mort. Il y a deux ans, elle a été criblée de balles devant sa maison.

 

Pourquoi l’indifférence européenne ? La droite ultra hondurienne est entre les mains depuis très longtemps des Etats-Unis. Ce n’est pas le peuple du Honduras, deuxième producteur de bananes dans le monde, qui profite de sa richesse nationale. «  Chiquita », ex-United Fruit, rafle la presque totalité des exportations. 

Le Honduras, c’est une mortalité infantile record, l’interdiction de l’avortement puni de prison, une pauvreté massive, un nombre d’homicides volontaires en progression constante, un fort taux d’analphabétisme. Le candidat de la gauche a remporté les élections dimanche dernier. Comme vous l’ânonneront les médias français, il faut recompter car il y une « fraude supposée » reprenant ainsi bêtement et paresseusement une dépêche envoyée depuis le bureau de l’Agence France Presse (AFP) à Tegucigalpa connu pour ses relations amicales avec le pouvoir en place.

 

José Fort

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Sur le Honduras

Capital:Tegucigalpa

Le Honduras compte 7,5 millions d'habitants. D'après l'ONU, 77,3 % des Honduriens vivent dans la pauvreté.

Le café est l'un des principaux produits exportés et représentait 22 % des exportations honduriennes dès 1999). Au cours de la décennie des années 2010, le Honduras s'est hissé à la sixième place au palmarès des quinze plus grands producteurs mondiaux de café et à la première pour l'Amérique centrale.

Le pays était par ailleurs le deuxième plus grand exportateur de bananes jusqu'en 1998. Une très grande majorité de la production du pays est aux mains de l'entreprise américaine Chiquita (ex-United Fruit Company).

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Tag(s) : #MONDE, #TRIBUNE LIBRE

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