Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

 

(Ma chronique sur Radio Art-Mada tous les lundi en direct à 19h)

Il y a quelques jours, chez le coiffeur, si, si un rafraichissement s’imposait, je suis tombé sur le magazine people « Voici» qui est à la presse ce que le cochon est au caviar. En matière de brosse à reluire, ce magazine frappe haut et fort pour déifier le mal élu Macron.  J’entends mon ami Gilbert Hernandez qui prépare son émission « Toi, mon toit » que vous pourrez entendre demain à 19h sur Radio Art-Mada ricaner sur le thème « il exagère encore ». Et bien, je persiste et je signe.

Voilà « Voici » décerner le titre de « leader de la start-up nation » à Macron,  je répète «  leader de la start-up nation », ce président «  au genou souple et à la mine radieuse » qui veut aller «  toujours plus haut ».  Croyez moi, il ne s’agit pas du leader de Pyongyang mais bien de l’ancien employé de la banque Rothschild.

La presse caniveau a toujours existé. Mais en ces temps macroniens, elle se distingue par une lechculterie frisant les sommets. Elle n’est pas seule, radios et télévisions occupant une place de choix dans « passe moi le sel, je te retourne le poivre » et dans l’alignement sur les modes yankees.

Tenez, par exemple. On ne dit plus «  fausses nouvelles » mais en reprenant le discours macro-trumpiste « fake news». On ne dit plus « en direct » mais « live ». On ne dit plus « courriel » mais « mail ». On ne dit pas «  révolte-toi, agi, porte plainte contre les violeurs et les violences sexuelles» mais « balance ton porc ». On ne dit plus «  date butoir » mais « deadline ». J’arrête. Allez, une petite dernière. Elle avait de beaux yeux mais quand elle m’a dit : « j’aime bien chatter, veux-tu recevoir ma new letter garantie sans spams », j’avoue, j’ai pris la fuite.

Pourquoi je vous dis cela. Nous vivons une triste période : un jeune président, vieux avant l’âge avec ses recettes d’un autre temps au service de la finance et des plus riches ; une fracture toujours plus béante entre les nantis et les plus humbles ; un temps ou le paraître prend le pas sur le réel ; un moment où le parvenu compte plus que le créateur, où le chercheur ne peut rivaliser avec  le pire des imbéciles télévisés.

C’est le temps du sirupeux Castaner, du genre la grenouille se voulant aussi grosse que le bœuf, hier au PS aujourd’hui à la tête d’En Marche, d’un Wauquiez au profil type du milicien sorti de l’école des oberfüher,
d’un Bayrou en fin de parcours réfugié dans sa mairie de Pau, d’un Mélenchon croyant pouvoir rattraper le temps où il se vautrait dans le marécage mitterrandien avec l’espoir d’une social-démocratie nouvelle manière, d’une Le Pen cherchant un nouveau nom à son parti, comme si cela pourrait favoriser le renouveau. Bref, une perspective de changement paraît actuellement bouchée.
Alors, je me pose une question : les communistes dont les obsèques sont annoncées depuis des lustres et pourtant toujours  bien vivants sauront-ils, au milieu de ce fatras nauséabond et en prenant appui sur le meilleur de leur histoire, trouver le chemin de la modernité, de l’efficacité, de la lutte et de l’action dans le rassemblement populaire ? Mon inclination personnelle me pousse à l’optimisme. Mais va savoir.

José Fort

A propos d’optimisme, je vous propose une chanson. Attention, ça décoiffe. «  Un monde idéal », extrait de l’album «  Trois » de Bagdad Rodeo. Ecoutons.

 

----------------------------------------

UNE DATE A RETENIR:

Dimanche 11 février

à 14H30

ORGANISÉ PAR LA SECTION OSWALD CALVETTI 

 

----------------------------------------

Tag(s) : #TRIBUNE LIBRE

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :