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Chronique de Josée Fort sur radio web  arts-mada.fr le 5 mars 2018

Nous avons déjà évoqué sur cette antenne l’arrivée de l’extrême droite en Autriche, la percée des néo-nazis en Allemagne, les politiques xénophobes et fascisantes en Hongrie, en Pologne et en Ukraine. Sans oublier les 10 millions de voix de Marine Le Pen lors du second tour de l’élection présidentielle française.

Ce soir, c’est de l’Italie dont il s’agit au lendemain des élections.

Le mouvement populiste « 5 étoiles » enregistre une forte progression et s’affirme comme la première formation politique italienne derrière la coalition des droites dont la composante la plus extrême, la Ligue, s’installe devant la formation Forza Italia de Berlusconi. Quant au parti démocrate, actuellement aux affaires, un conglomérat que je compare comme en géologie à une roche issue de la dégradation d’autres roches, réunissant des communistes et des socialistes défroqués ainsi que des centristes plus ou moins de droite, il s’effondre tandis que la gauche dite radicale est pulvérisée.

Dangereux spectacle à faire se retourner dans leurs tombes Gramsci et Berlinguer. Et des résultats à enivrer les nostalgiques mussoliniens. La Ligue dépassant désormais ses frontières traditionnelles du Nord s’ancre dans le Sud de la péninsule. Cette formation xénophobe a martelé tout au long de la campagne électorale un discours anti-immigration avec des slogans comme « D’abord les Italiens », «  Stop à l’invasion », un de ses supporters tirant l’autre jour au révolver sur des migrants.

Le mouvement populiste «  5 étoiles » a été créé en 2009 par Beppe Grillo, un comique de la télé. Depuis, il est en constante progression et attire de nombreux jeunes électeurs. Il n’y a pas si longtemps, ce mouvement se présentait comme «  incorruptible ». Plusieurs de ses membres doivent répondre devant la justice de pratiques financières douteuses. Il n’y a pas si longtemps, il voulait faire du « neuf » et casser « la vieille caste politique ». Il s’acoquine avec le patronat et tient des discours frisant le rejet de l’autre, surtout de couleur sombre de peau.

Le Parti démocrate de l’ancien Premier ministre Matteo Renzi perd plus de la moitié de ses suffrages obtenus en 2014. Englué dans des compromissions, menant une politique d’injustice sociale, il est rejeté par les électeurs, un peu comme Hollande en son temps.

Il est trop court de résumer les résultats des élections italiennes à la seule question migratoire, même si celle-ci a alimenté la dérive. Mais se limiter à cette explication, c’est faire passer à la trappe les retombées de la désastreuse politique européenne entraînant précarité, pauvreté et pour les jeunes aucune visibilité pour l’avenir. C’est surtout cette politique qui a pesé lourd dans le choix des bulletins de vote.

L’absence de majorité annonce de longues et complexes tractations ouvrant une nouvelle période d’instabilité en Italie. A moins que des alliances, de dernière heure et de contre nature apparente, surgissent dans la nuit romaine.

Et la gauche ? Elle a commencé son déclin avec la liquidation en 1991 du Parti communiste. En trente ans, sa chute a été vertigineuse avec une incapacité à se reconstruire préférant à une gauche combattive et structurée, un parti à la sauce démocrate nord-américaine. Troquant le « communisme » pour la « gauche», les anciens leaders du PCI ont creusé leurs propres tombes en reniant valeurs et principes au nom de la modernité et de l’évolution de la société.

Si la gauche n’existe plus en Italie, c’est parce qu’elle a décidé de ne plus exister. Une leçon qu’on ferait bien en France de méditer, nos regards envieux s’étant souvent portés du côté de Rome.

Mais quelle chanson choisir pour conclure cette chronique ? «  Bella Ciao », le chant de la Résistance italienne, s’impose. Voici une version originale, celle de Gipsy Casual.

 

José Fort

 

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Samedi 17 mars à 10H

  La section Oswald Calvetti du PCF vous invite à la

commémoration de l'assassinat par la Gestapo il y a 74 ans,

de notre camarade Louis Lopez .

ouvrier agricole, résistant , communiste, 

Sur les lieux de son exécution,

442, cours Emile Zola à l'Isle-sur-la Sorgue.

 

 

La cérémonie sera suivie, à 11H, de la commémoration de l'assassinat de

notre camarade ABEL SARNETTE

Cultivateur, Résistant, Communiste

Torturé et assassiné par Milice et la Gestapo

à la stèle, Rond-Point Abel Sarnette, route de Caumont à l'isle

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Tag(s) : #TRIBUNE LIBRE

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