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 (Chronique sur la radio web, Radio Arts-Mada, tous les lundi de 19h à 19h30)  

  Dessin de Gauchebdo

 

On entend parfois dire que l’Italie est le « laboratoire » de l’Europe.

Si cela est vrai, nous avons du souci à nous faire car si Gramsci nous inspire toujours, nous ne pouvons oublier Mussolini et les chemises noires; si un puissant Parti communiste a ouvert de nouvelles perspectives avant d’être détruit de l’intérieur, un bouleversement a suivi avec l’arrivée des anciens apparatchiks reconvertis en libéraux bon chic bon genre s’affichant proches du parti démocrate nord-américain; si Fellini et le cinéma italien nous font toujours rêver, force est de constater que place a été faite à Berlusconi, son caca médiatique et sa bouse politique.

Si «  laboratoire » il y a, on peut raisonnablement avoir quelques inquiétudes : les populistes du Mouvement 5 étoiles du comique Beppe Grillo ont fait alliance avec la Ligue du Nord, une organisation  qui fait passer pour de doux agneaux Mme Le Pen et ses amis du Front national.

Le Mouvement 5 étoiles (M5S) qui a remporté plus de 30% des suffrages aux élections du mois de mars dernier est le fruit de la crise politique et économique.

Le droit d’honneur, dont ce parti a fait son symbole, adressé à la classe politique, aux journalistes et aux institutions européennes, a servi d’exutoire à la colère de millions d’électeurs. Les grandes formations qui gouvernent l’Italie depuis vingt ans sont responsables d’une croissance atone, d’un chômage élevé, surtout chez les jeunes. Comme les scandales de corruption en série liés à l’omniprésence de la Mafia. Un bilan calamiteux  qui a réduit en miettes la confiance de la population à l’égard de ses dirigeants. « Le M5S est perçu par beaucoup comme une échappatoire, une promesse de revanche sur un appareil politique assimilé à une caste uniquement soucieuse de ses privilèges », relève Luca Manucci  dans « Le Monde Diplomatique ».

Plus prosaïquement, le M5S peut être comparé à un bus qui, au premier arrêt, fait monter à bord des voyageurs de gauche puis qui, à la station suivante, s’arrête pour recueillir des passagers de droite ou d’extrême droite, devenant ainsi le véhicule de ramassage de la protestation antipolitique.

 Mais quel est donc le programme commun des populistes du M5 et des fascisants de la Ligue ?

Les francs maçons et les étrangers ont de quoi se tracasser. Les premiers sont interdits de responsabilités gouvernementales. Quant aux seconds leur sort dépendra en grande partie du nouveau ministre de l’Intérieur, le chef de l’organisation fasciste La Ligue du Nord qui a annoncé des «mesures drastiques» sur l’immigration.

 Un gouvernement se met en place à Rome. Il est xénophobe, islamophobe, ultra libéral, pour la  suppression de la progressivité de l’impôt sur le revenu et pour un «  revenu universel » une manière détournée de mettre fin aux vraies aides sociales.

Les litiges qui pourraient surgir ne seront plus réglés au sein du gouvernement mais par une sorte de supra commission réunissant des représentants des deux partis, une méthode rappelant des moments noirs de l’histoire italienne.

L’Europe est bien malade. En Autriche, en Hongrie et en Pologne des forces d’extrême droite participent à la direction des affaires de ces pays. Voici le tour de l’Italie. Si vraiment ce pays est un « laboratoire », nous avons du souci à nous faire en France, tous les ingrédients, comme en Italie, étant réunis : chômage de masse, place nette pour les plus riches, médias à la botte, rejet de la politique ultra libérale européenne, éclosion des populismes. En France, nous avons un avantage : le mouvement social de refus de la casse comme le démontrent tous les acteurs en lutte, avec au premier rang, les cheminots. C’est cette voie qui pourrait nous permettre de ne pas suivre le prétendu «  laboratoire » italien.

José Fort

La magnifique chanson Bella Ciao s’impose. Ce soir, écoutons la version chinoise interprétée par des enfants.

 

 

La distribution hebdomadaire des prix

  Le prix de la chemise

 Anne-Marie Couderc, vous connaissez?

 Ancienne ministre de Juppé chargée de l’emploi, elle traîne une réputation de liquidatrice. Cette dame  va présider Air France, provisoirement dit-on.

Je m’inquiète pour la santé financière de la Compagnie et pour ses salariés.  Car, voyez-vous, un rapport remis à l'Assemblée nationale par deux députés macroniste et socialiste, un document explosif, est consacré à la modernisation du secteur de la presse.

Les deux rapporteurs révèlent dans ce document la gestion calamiteuse d'Anne-Marie Couderc à la tête du distributeur de presse Presstalis, qu'elle a dirigé de 2010 à 2017. Les deux députés dénoncent « une gestion discutable de l'ancienne direction, de son conseil d'administration et des commissaires aux comptes  de Presstalis. »  La société a vu sa situation financière se dégrader et ce, malgré 200 millions d'euros d'aides publiques versées en dix ans, et la suppression d'un millier d'emplois.

 Les députés condamnent des projets de regroupements d'activité « sans logique économique » ou encore des rachats de dépôts en région qualifiés d' « échec très coûteux ». Une mauvaise gestion qui aurait motivé le remerciement d'Anne-Marie Couderc en juillet dernier. Les deux députés notent qu’« alors qu'au début de l'année 2017, le groupe Presstalis était présenté comme sorti d'affaire, un dérapage significatif vis-à-vis de la trajectoire budgétaire a été découvert au moment de la certification des comptes 2016 par les commissaires aux comptes. »

 Autre critique, des notes de frais astronomiques de deux millions d’euros par an et près de 200 véhicules de fonction, selon la nouvelle PDG de la société, Mme Michèle Benbunan qui ouvre ainsi le parapluie, au cas où.

 Conclusion des députés : «  Il s’agit d’une faillite collective ».  Avec une telle nomination, il y a de quoi sérieusement s’inquiéter pour Air France et ses salariés. Ce soir, je pense à ces militants syndicaux, à ces salariés d’Air France qui ont été traînés  dans la boue pour avoir exprimé leur colère en déchirant une chemise. 

  Le prix des frais de bouche

 Christian Eckert, vous avez oublié ?

 C’était le secrétaire d’Etat au budget lorsque Macron était ministre de l’Economie. Il vient de publier un livre avec quelques souvenirs croustillants. Tenez, par exemple. Je le cite : «J'ai pu observer de près la méthode de Brigitte Macron méthode très efficace pour organiser l'emploi du temps, les rencontres et les repas de son époux. C'est dans l'appartement de fonction du ministre de l'Economie -«trois cents mètres carrés high-tech et rutilants dignes d'une revue d'architecture que matin, midi et soir, le couple a reçu beaucoup de monde pour préparer le décollage d'En Marche! «Tous les espaces du 7e étage de Bercy, qui regroupent les salles de réunion et de réception du ministère, étaient mis à contribution simultanément. Une stratégie qui permettait à Brigitte et Emmanuel Macron de prendre l'apéritif dans une réception au ministère, de débuter un premier dîner plus officiel avec d'autres convives au 7e étage puis d'en poursuivre un second à l'appartement! Un double dîner, en somme. »  A tel point, note l’ancien secrétaire d’Etat au Budget, qu'en 2016 «pendant les huit premiers mois, les crédits de l'année entière ont été consommés en frais de représentation».

 Ces magouilles datent de plus d’un an lorsque Macron préparait sa candidature. 

 Le Prix du faux cul

Attribué à Nicolas Hulot qui décidera cet été s’il reste ou quitte le gouvernement.

A l’heure du bilan M. Hulot peut s’enorgueillir d’avoir laissé privatiser 150 barrages hydrauliques, une énergie propre par excellence, de ne pas avoir pipé mot sur le Fret ferroviaire qui permettrait de limiter les poids lourds sur nos routes, de laisser Total participer à la dévastation des forêts africaines en alimentant à 50% sa raffinerie de La Mède en huile de palme.

 A quoi a servi M. Hulot en un an de régime Macron ?  De cache sexe assurément. 

 

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