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    Éditorial du Patriote  Résistant à l'occasion du 11 Novembre 

Les cloches résonnent dans toute la France. Le 11 novembre 1918, l’Armistice est signé. Les combats sont enfin arrêtés, après plus de 18 millions de morts civils et militaires. La France a perdu près de 1,4 million de soldats, auxquels s’ajoutent 300 000 civils. Pour plus de 4 millions de blessés, gazés, mutilés, aveugles, traumatisés, et près de 15 000 « gueules cassées », souvent mis à l’index de la société, ce 11 novembre 1918, le son des cloches n’est pas le même. C’était il y a bientôt cent ans !...  Les Français espéraient que cette boucherie serait la dernière.

« Nous avons gagné la guerre et non sans peine. Maintenant il va falloir gagner la paix, et ce sera peut-être encore plus difficile » a dit Georges Clémenceau. Le traité de Versailles est signé le 28 juin 1919. Résultat de longs mois de discussions pendant la Conférence de la Paix organisée à Paris dès janvier 1919, il rebat les cartes de l’Europe avec la fin des empires Allemand, Austro-Hongrois et Ottoman, et la création de la Tchécoslovaquie et de la Yougoslavie. Une Société des Nations est créée, afin de garantir la paix en Europe. Des sanctions sont adoptées contre l’Allemagne, avec la privation de ses colonies, la condamnation à de lourdes réparations économiques, et les restrictions de sa capacité militaire. L’Alsace et la Lorraine redeviennent françaises.

Dans la décennie qui suivi, la croissance économique revient petit à petit, en ces « années folles ». La France encouragea les familles nombreuses avec une politique nataliste, et fit appel à une immigration massive pour repeupler le pays. Au bilan humain, s’ajoute le bilan matériel avec les départements du nord-est dont certaines villes ont été complètement dévastées. La France oblige le paiement de la dette de guerre à un peuple allemand humilié qui n’admet pas une condamnation aussi lourde.

La crise économique de 1929 va servir de terreau au fascisme en Europe avec l’accession au pouvoir des régimes totalitaires. Hitler, élu chef du parti national socialiste des travailleurs allemands, puis désigné président du Reich en 1933, contesta les clauses du traité de Versailles, rétablit le service militaire et remilitarisa la Rhénanie. La mèche était allumée… En 1936, l’Allemagne et l’Italie apportèrent leur aide aux putschistes franquistes contre l’Espagne Républicaine. Après l’annexion de l’Autriche en mars 1938, Hitler revendique les Sudètes, qui lui seront octroyées par les accords de Munich en septembre 1938. Dès lors, plus rien ne s’oppose à la volonté du chef nazi, dont les troupes envahissent la Pologne le 1er septembre 1939. Les Français découvrent alors les affiches de mobilisation générale, vingt ans après la fin de la prétendue « Der des ders »…

Il leur faudra résister à l’Occupant et à la Collaboration, attendre mai 1945 et la reddition de l’armée allemande, pour célébrer leur liberté retrouvée. La seconde guerre mondiale, plus étendue et aussi inhumaine que la première qui avait vu le génocide des arméniens sans réagir, a connu un génocide humain sans précédent dans les camps de concentration et d’extermination.

À la libération, la France doit organiser la prise en charge des déportés survivants. Il est urgent de créer une association tournée vers la solidarité et l’entraide, porteuse de l’héritage de tous ceux qui subirent les crimes du nazisme. La FNDIRP, dont les co-fondateurs, Frédéric-Henri Manhès et Marcel Paul, résistants, ont été déportés à Buchenwald, porte toujours cette raison d’être. Elle sera la « mère fondatrice » des centres médicaux-sociaux situés à Fleury-Mérogis. Le centre de postcure et de réinsertion professionnelle « Jean Moulin », ouvre ses portes à l’automne 1948 sous la direction du docteur Fichez, ancien déporté. Doté d’un service médical, de salles de classe, d’ateliers, de dortoirs, il accueille alors exclusivement d’anciens déportés.

Lorsque les besoins des survivants de la déportation diminuèrent, il étendit ses services aux maladies pulmonaires, aux pathologies cardiaques et rhumatismales, puis à la psychiatrie et à l’insuffisance rénale. Cette diversification fut facilitée par l’ouverture de la clinique « Manhès », la seule en Essonne à disposer d’un service d’hémodialyse extra-rénale par reins artificiels. Pour pérenniser le centre, la FNDIRP signe en 1982 une convention avec l’UMIF (Union des Mutuelles d’Île de France) et en transfert la propriété à l’UMIS (Union Mutualiste d’Initiative Santé), ancienne UMIF, en 1998.

Le centre Jean Moulin est l’un des cinq centres de rééducation professionnelle de l’Essonne spécialisés dans la réinsertion des personnes handicapées. Plus de 200 stagiaires y bénéficient chaque année d’un accompagnement. Aider chacun à se reconstruire et revivre, c’est ce que proposait déjà le centre Jean-Moulin il y a 70 ans !

Du 12 au 16 novembre 2018, l’exposition Seconde guerre mondiale de la FNDIRP sera présentée au Centre Jean Moulin, et le documentaire Nom de code Alex y sera projeté le mardi 13 novembre à 14 heures. Vous êtes invités à participer !

Alexandra Rollet, vice-présidente de la FNDIRP

Tag(s) : #TRIBUNE LIBRE

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