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Deux ans et demi après la signature des accords de paix entre la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie – Armée du peuple (FARC-EP) et le gouvernement colombien à La Havane, qui devaient mettre fin à un conflit de plus de 50 ans et engager le pays dans une voie politique non-armée, la paix semble s’éloigner chaque jour un peu plus en Colombie.

La violence des classes dirigeantes s’abat avec toujours plus de brutalité contre toutes celles et ceux qui cherchent à défendre les droits et intérêts de leur communauté, leur territoire, des travailleurs, des paysans, et contre celles et ceux qui ont choisi de déposer les armes pour s’engager dans la construction de la paix. Depuis la signature des accords de La Havane en novembre 2016, plus de 630 leaders sociaux et défenseurs des droits humains et près de 150 ex-guérilleros ont été assassinés, ainsi qu’une quarantaine de membres de leurs familles.

Un véritable massacre, qui s’amplifie depuis l’arrivée au pouvoir du président d’extrême-droite Iván Duque, homme de paille d’Álvaro Uribe, ancien président et l’un des fondateurs du paramilitarisme dans le pays. Malgré les engagements écrits pris par l’Etat colombien et qui l’engagent légalement, celui-ci met tout en oeuvre pour faire échouer la paix et la justice sociale, laissant prospérer les groupes de tueurs aux ordres des classes dominantes et manquant délibérément à toutes ses obligations de protection et de soutien à la réincorporation à la vie civile des ex-guérilleros.

C’est dans ce contexte qu’est survenue l’annonce par d’anciens dirigeants des FARC-EP de leur reprise de la lutte armée. Celle-ci est une grave nouvelle pour la construction de la paix en Colombie et le gouvernement en porte la responsabilité. Le parti FARC, organisation politique née de la démobilisation de la guérilla a lui fermement réaffirmé son adhésion à la voie non-armée pour résoudre les profondes contradictions que vit le pays.

Face à cette situation, il est de la responsabilité des forces progressistes et démocratiques à travers le monde de se mobiliser pour soutenir la solution politique au conflit armé et social.

Le MJCF apporte son soutien fraternel au peuple colombien et notamment aux communautés rurales, paysannes, autochtones et afrodescendantes, qui sont les premières affectées par le conflit armé causé par les classes dominantes. Nous renouvelons notre solidarité avec toutes les forces et toutes les personnes qui ont déclaré “paix à la guerre” et qui luttent au quotidien pour la démocratie et la justice sociale, en dépit des immenses difficultés auxquelles elles et ils font face.

Nous appelons le gouvernement français à agir à tous les niveaux pour faire cesser les violations des droits humains en Colombie et garantir l’implémentation intégrale des accords de La Havane, notamment, de façon urgente, des garanties de sécurité.

 
Tag(s) : #MONDE

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