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Rouge Cerise publie aujourd'hui l'introduction d'un article(1) de Julien Cristofoli, enseignant, militant pédagogique et syndical (SNUipp-FSU de la Sarthe) sur la contre-révolution qui se déroule sous nos yeux dans l'Éducation nationale. 

 

Le Covid-19, ce partenaire officiel  du Capital et de ses commis du gouvernement,  sert une fois de plus de prétexte pour amplifier l'agression qui, si  elle ne rencontre pas une puissante opposition, ne laissera que champs de ruines  dès la rentrée 2020 (en gros dans 60 jours!).

 

Cette attaque n'est pas isolée.  Retraites, sécu, droit des travailleurs, démocratie, etc.  c'est l'ensemble de nos conquis sociaux que les possédants veulent supprimer et    comme le constate le vieil adage révolutionnaire:  "Tant qu'on ne les arrête pas, ils avancent"......

 

Les arrêter,  saurons-nous le faire?

 

Pour réussir on aurait bien besoin d'un Parti communiste fort, organisé. Un parti communiste   ne se laissant pas détourner de la question sociale par les leurres "sociétaux" qu'agitent avec gourmandise le gouvernement et les médias à sa botte pour détourner colère et révolte vers l'accessoire qui le remet bien peu en cause. Un parti communiste qui n'étant plus négligeable ne serait plus négligé et     pourrait réellement  favoriser l'union des forces populaires  indispensable pour gagner.

 

On le voit, faire vivre et renforcer notre Parti  communiste n'est pas un objectif  désuet pour vieillards nostalgiques. C'est une impérieuse nécessité pour  que le monde du travail ne voit pas ses conquis sociaux réduits à néant  par la guerre de classe, chaque jour plus impitoyable,  que lui impose le patronat   et que le prétexte de la crise sanitaire permet d'intensifier.  

 

Avanti popolo, alla riscossa!(2)

 

Enver

 

 

(1)  Les lecteurs qui voudraient en savoir plus sur le sujet peuvent trouver cet article remarquablement documenté sur le blog Mediapart de l'auteur (Ici)

 

(2) "Peuple en avant, à la rescousse". Début d'un chant communiste italien "Bandiera rossa" (Le drapeau rouge)

 

 

 

 

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Le Ministre Blanquer met en œuvre sa « stratégie du choc scolaire ».

Mise en lumière de la privatisation à travers 4 piliers violemment attaqués « grâce » à la crise :

la gestion des personnels,

  • le cadre national via la territorialisation de l’école,
  • le statut  garant de l'indépendance des fonctionnaires,
  • le métier et l’expertise des enseignant·es.

L’ attaque en cours est d’une violence inouïe. Résister est impératif.

 

 

La crise actuelle et l’État d’urgence sanitaire sont les prétextes à des bouleversements sans précédent de l’École publique française qui sont à l’œuvre sans aucun débat démocratique.

 

Jean-Michel Blanquer a beaucoup de cartes en main pour imposer un modèle scolaire concurrentiel, managérial et digital, permettant un désengagement massif de l’État tout accentuant le leurre du « libre choix » et la surveillance de masse.

 

Dès septembre 2020, L’École Publique pourrait basculer vers un système scolaire entrepreneurial et ubérisé, profondément inégalitaire et territorialisé, ne faisant plus reposer la scolarité que sur le capital scolaire, social et économique des familles. Analyse d’une attaque majeure... Contre l’égalité des droits, contre l’émancipation par les savoirs et la culture et contre une certaine idée de l’École assurant une mission de service public pour toutes et tous.

 

Faire face à cette attaque est une impérieuse nécessité et une urgence.

Car une autre École est possible, organisée par ses personnels dans l’intérêt des élèves et de leurs familles.

Une Nouvelle École Publique... Plus émancipatrice, plus démocratique, plus juste et plus solidaire!

 

 

Les différentes pièces du puzzle s’assemblent progressivement. À la faveur de la crise, on observe une accélération brutale pour imposer une toute autre École.

  • Dès son arrivée rue de Grenelle, Jean-Michel Blanquer a agi avec ruse en bon tacticien... Libéralisation des rythmes scolaires dès juin 2017, évaluations permanentes contre dédoublement pour les classes de CP/CE1...
  • Ensuite, ce fut la loi Blanquer, qui malgré l’extraordinaire opposition qu’elle suscita, imposa de profonds changements.
  • Et depuis le 13 mars, au prétexte de la crise sanitaire, le ministre accélère de la mise en place coordonnée d’une toute autre École... Test grandeur nature d’un enseignement numérique « à distance », création d’un statut fonctionnel des directeur·trice, mise en place des 2S2C (Sport-Santé-Culture-Civisme) avec limitation de l’École aux savoirs dits fondamentaux, formations des professeur·es des écoles cantonnée au français et aux mathématiques, évaluations nationales pour l’ensemble des classes…

Dès septembre 2020, ces différents changements instaurent l’École de demain voulue par J.M. Blanquer !

 

 

Toutefois, ce Ministre n’avance pas véritablement masqué (dans la période, c’est remarquable ! ) puisqu’il a couché sur le papier, au travers de son livre « L’école de demain », son projet d’inspiration ultralibérale.

Il y projette l’École dans un modèle entrepreneurial, voire ubérisé, cher à ses ami·es de l’Institut Montaigne, de la Fondation pour l’École et d’Agir pour l’École. Il y déploie sa vision ultralibérale, managériale et scientiste d’une école et de personnels assujettis (pratiques normées via des évaluations et des guides), précarisé·es (recrutement par les chefs d’établissements, mobilité imposée) en utilisant habilement le vocable de ses adversaires pour mieux en détourner le sens profond et les valeurs.

Depuis son arrivée au Ministère, il n’a de cesse de renforcer ce qui mine l’École : la reproduction sociale.

 

 

La sélection, la compétition et l’individualisme sont systématiquement mis en avant sous couvert du mérite, de l’effort, de la volonté…

Faisant fi des apports de l’ensemble de la recherche comme des pratiques et des mouvements d’éducation nouvelle, il récompense une poignée prétendue plus méritante pour mieux s’attaquer à tout le corps enseignant.

Alors que l’enseignement et l’École sont des lieux de partage, d’échange et de solidarité, de construction de l’égalité et de la liberté, il tente de réduire l’Éducation à un marché constitué d’opérateur·trices en concurrence les un·es entre les autres.

 

 

Comme ses alliés, Jean-Michel Blanquer est un adversaire résolu l’École Publique française et de ses valeurs. Son parcours est d’ailleurs jalonné des attaques qu’il a déjà portées à l’encontre de l’institution. Ministre, il achève une démolition de l’École Publique dont il n’est pas le seul responsable... Tout en discourant sur la lutte contre les inégalités, sur la confiance et la bienveillance, hypnotisant sa victime, tel Kaa dans le livre de la jungle.

À travers les consignes passées dans les rectorats et les académies, Il ne cesse d’assujettir l’institution et toute une profession et réduit l’École à un outil au service du pouvoir.

 

 

Une contre-révolution scolaire, sociale et sociétale de l’École et plus largement de l’Éducation Nationale est à l’œuvre.

Si elle s’opère à bas bruit, elle n’en est pas moins violente. Elle s’opère par une destruction méthodique, systématique et structurée des piliers de l’École. La crise sanitaire et la fermeture des écoles le 13 mars, la mise en place d’un protocole technocratique et la promotion des « vacances apprenantes » constituent, au regard de ses objectifs, une série d’opportunités majeures permettant des bouleversements dont l’École Publique Française ne pourra se remettre et aboutissant à la mise en place d’une école ultralibérale dès septembre 2020.

 

 

Julien Cristofoli

 

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ICI

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Tag(s) : #JE LUTTE DES CLASSES

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