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Un article du site de l'Humanité

L’ancien inspecteur du travail Gérard Filoche, socialiste « frondeur », voit dans l’annonce de Valls la continuation de la politique néolibérale de Macron. Au détriment des droits des salariés, ses mesures ne font qu’alimenter la dérive financière des entreprises.

 

Le gouvernement veut voir établi un « barème » des indemnités accordées par les prud’hommes en fonction de la taille de l’entreprise. N’est-ce pas l’introduction d’une inégalité de traitement des salariés, qui ne pourront plus prétendre aux mêmes réparations pour un préjudice équivalent ?

Gérard Filoche Oui, bien sûr. Le remplacement des juges par des barèmes n’a jamais été un procédé très démocratique. Le licenciement est codifié par la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, par la Charte européenne de 1999, par la convention n° 158 de l’Organisation internationale du travail, lesquelles imposent qu’il y ait une information sur le licenciement, qu’il y ait une motivation au licenciement et, surtout, qu’il y ait la possibilité de se défendre et de faire recours en cas d’abus de la part de l’employeur. On ne parle même pas de droit du travail, ce sont des droits de l’homme ! En plus du fait que les indemnités sont déjà très basses, là ils s’attaquent à des situations qui finissent aux prud’hommes, c’est-à-dire celles où il y a conflit entre le salarié et le patron, c’est-à-dire les licenciements abusifs ! L’instauration de barèmes va profiter aux délinquants patronaux qui ont transgressé la loi.

Manuel Valls affirme que les employeurs « hésitent à embaucher car ils ressentent trop d’incertitudes dans leur environnement » , tout en admettant que « cette crainte est parfois exagérée ou purement psychologique ». Le respect du droit du travail, est-ce un « frein à l’embauche » ou une chimère inventée par le Medef ?

Gérard Filoche C’est une complète chimère qui remonte aux années 1986, quand Yvon Gattaz, père de Pierre Gattaz (et président du patronat français – NDLR), voulait la fin du contrôle sur les licenciements en disant qu’il allait créer de l’emploi. Et ça fait 30 ans que le chômage augmente. Ça ne marche évidemment pas ! Plus on facilite le licenciement, plus il y a de chômage. Ces discours sont de la propagande médiocre sans aucun effet sur l’emploi. Ce sont les carnets de commandes qui font de l’emploi. Si Valls veut créer de l’emploi, je lui conseille, par exemple, de rendre les 11 milliards qu’il a retirés aux collectivités territoriales.

Le gouvernement reporte à l’été l’évaluation des effets du pacte de responsabilité, tout en annonçant immédiatement de nouveaux allégements fiscaux et sociaux pour les PME. Est-ce la voie à suivre ?

Gérard Filoche À chaque fois que l’argent a été donné, prenons l’exemple des PME de la restauration (15 milliards sous forme de baisse de TVA pendant 5 ans), les entreprises n’ont pas créé un seul emploi, n’ont rien modernisé. Elles ont juste augmenté leurs profits. Et c’est pareil pour les multinationales, qui reçoivent 41 milliards de l’État alors qu’elles vont blanchir leur argent au Luxembourg. La théorie de Macron, c’est le ruissellement : en donnant de l’argent à ceux d’en haut, ça finit par retomber jusqu’en bas. Mais ça ne marche pas ! Ceux d’en haut siphonnent, et rien ne retombe, si ce n’est pour les banques et les entreprises financières.

La motion majoritaire au congrès du PS, que le premier ministre a signée, est-elle compatible avec ces nouvelles annonces ?

Gérard Filoche C’était une motion mi-chèvre mi-chou, qui semblait indiquer des améliorations tournant le dos à Macron. Et là, Valls semble suivre sa ligne de renforcer la loi Macron. On va faire avancer les CDD, alors qu’on nous avait dit qu’ils voulaient les faire reculer (accord national interprofessionnel et la loi de sécurisation de l’emploi du 14 juin 2013). C’est une concession supplémentaire aux patrons, et qui ne va pas créer, là encore, un seul emploi. La loi Macron, prévoit, dans son article 103, que si un plan social est retoqué par le tribunal administratif, les salariés ne pourront être ni réintégrés ni indemnisés. C’est la remise en cause du droit du travail, de la dignité du salarié. C’est gouverner au nom du Medef ! Tôt ou tard, les gens vont se rendre compte que le gouvernement de gauche, pour qui ils avaient voté en 2012, n’a fait que suivre les consignes du patronat.

«pour Gérard filoche, l’unité de la gauche, ça urge » Il y a quelques jours, lors du congrès du PS à Poitiers, la motion B conduite par Christian Paul, celle des « frondeurs », a remporté 30 % des voix, « ce qui n’est pas rien » nous dit Gérard Filoche. « Je me bats avec les dirigeants de cette motion pour le rassemblement de la gauche dès la rentrée de septembre, en invitant notamment des représentants de Syriza et Podemos », affirme l’ancien inspecteur du travail, bien décidé à éviter « que Valls ne nous entraîne dans le mur ». Pour lui, il faut impulser « une démarche qui bouscule l’actuelle division de la gauche, car on est tous pour que la discussion s’ouvre ». Conscient d’être minoritaire au sein du Parti socialiste, Filoche pense que l’opposition aux politiques néolibérales de Valls et Macron est largement majoritaire au sein de la gauche, celle qui s’était mobilisée en mai 2012 pour l’élection de François Hollande.

 

Propos recueillis par Cesar Priéto

 

 

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Tag(s) : #JE LUTTE DES CLASSES

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