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LES FAITS:

 Baisse du budget de la culture : une grande première sous un gouvernement de gauche dans l’histoire de la Ve République !

 

Selon le Projet de loi de finances pour 2013, le ministère de la Culture verrait son budget amputé de 110 millions d'€ (-4,3%). Et la baisse devrait se poursuivre durant les années à venir, avec 2,38 milliards pour 2014 et 2,35 milliards pour 2015. Ainsi, « les grands projets culturels annoncés par le précédent gouvernement sans être financés seront abandonnés, ou, pour certains, redimensionnés ou reportés ». Par ailleurs 20 millions d'€ de subventions pourraient disparaître des caisses de plusieurs établissements publics de l'État - théâtres, opéras, musées - soit environ 2 % de perte en regard de l'année 2012. Malgré un effort promis en faveur de l’éducation artistique ainsi que la promesse que le spectacle vivant serait épargné,  le compte n’y est pas.

VICTOR HUGO INTERPELLE LE GOUVERNEMENT:

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Victor Hugo défend le budget de la culture.

Discours prononcé en 1848 par Victor Hugo  devant l'Assemblée Nationale.

Victor Hugo était un bourgeois éclairé, aujourd'hui on dirait un bobo, les préjugés de sa classe et de son époque transparaissent dans son intervention mais son raisonnement sonne juste sur la route du progrès, comme en témoignent les extraits suivants:


« …J'ai déjà voté et continuerai de voter la  plupart des réductions proposées, à l'exception de celles qui me paraîtraient tarir les sources même de la vie publique et de celles qui, à côté d'une amélioration financière douteuse, me présenteraient une faute politique certaine.

 C'est dans cette dernière catégorie que je range les réductions proposées par le comité des finances sur ce que j'appellerai le budget spécial des lettres, des sciences et des arts.....

 ...Que penseriez-vous, messieurs, d'un particulier qui aurait 500 francs de revenus, qui consacrerait tous les ans à sa culture  intellectuelle, pour les sciences, les lettres et les arts, une somme bien modeste : 5 francs, et qui, dans un jour de réforme, voudrait économiser sur  son intelligence six sous ?

 Voilà, messieurs, la mesure exacte de l'économie proposée. Eh bien ! Ce que vous ne conseillez pas à un particulier, au dernier des habitants d'un pays civilisé, on ose le conseiller à la France.

 Je viens de vous montrer à quel point l'économie serait petite ; je vais vous montrer maintenant combien le ravage serait grand.

 .....Ce système d'économie ébranle d'un seul coup tout net cet ensemble d'institutions civilisatrices qui est, pour ainsi dire, la base du développement de la  pensée française. Et quel moment choisit-on? C'est ici, à mon sens, la  faute politique grave que je vous signalais en commençant : quel moment choisit-on pour mettre en question toutes les institutions à la  fois?

 Le moment où elles sont plus nécessaires que jamais, le moment où, loin de les restreindre, il faudrait les étendre et les élargir. Eh ! Quel est, en effet, j'en appelle à vos consciences, j'en appelle à vos sentiments à tous, quel est le grand péril de la situation actuelle ?

 L'ignorance. L'ignorance encore plus que la  misère. L'ignorance qui nous déborde, qui nous assiège, qui nous investit de toutes parts. C'est à la   faveur de l'ignorance que certaines doctrines fatales passent de l'esprit impitoyable des théoriciens dans le cerveau des multitudes...

Et c'est dans un pareil moment, devant un pareil danger, qu'on songerait à attaquer, à mutiler, à ébranler toutes ces institutions qui ont pour but spécial de poursuivre, de combattre, de détruire l'ignorance....

 ....On pourvoit à l’éclairage  des villes, on allume tous les soirs, et on fait très bien, des réverbères dans les carrefours, dans les places publiques ; quand donc comprendra-t-on que la  nuit peut se faire dans le monde moral et qu'il faut allumer des flambeaux dans les esprits ?

 Oui, messieurs, j'y insiste. Un mal moral, un mal profond nous travaille et nous tourmente. Ce mal moral, cela est étrange à dire, n'est autre chose que l'excès des tendances matérielles.

 Et bien, comment combattre le développement des tendances matérielles? Par le développement des tendances intellectuelles ; il faut ôter au corps et donner à l'âme.

Quand je dis : il faut ôter au corps et donner à l'âme, ne vous méprenez pas sur  mon sentiment. Vous me comprenez tous ; je souhaite passionnément, comme chacun de vous, l'amélioration du sort matériel des classes souffrantes ; c'est là selon moi, le grand, l'excellent progrès auquel nous devons tous tendre de tous nos vœux comme hommes et de tous nos efforts comme législateurs.

 ...Eh bien la grande erreur de notre temps, ça a été de pencher, je dis plus, de courber l'esprit des hommes vers la  recherche du bien matériel.

 Il importe, messieurs, de remédier au mal ; il faut redresser pour ainsi dire l'esprit de l'homme ; il faut, et c'est la  grande mission, la mission spéciale du ministère de l'instruction publique, il faut relever l'esprit de l'homme, le tourner vers la conscience, vers le beau, le juste et le vrai, le désintéressé et le grand. C'est là, et seulement là, que vous trouverez la  paix de l'homme avec lui-même et par conséquent la  paix de l'homme avec la  société. Pour arriver à ce but, messieurs, que faudrait-il faire ?

 Il faudrait multiplier les écoles, les chaires, les bibliothèques, les musées, les théâtres, les librairies. Il faudrait multiplier les maisons d'études où l'on médite, où l'on s'instruit, où l'on se recueille, où l'on apprend quelque chose, où l'on devient meilleur ; en un mot, il faudrait faire pénétrer de toutes parts la  lumière dans l'esprit du peuple ; car c'est par les ténèbres qu'on le perd.

 Ce résultat, vous l'aurez quand vous voudrez. Quand vous le voudrez, vous aurez en France un magnifique mouvement intellectuel ; ce mouvement, vous l'avez déjà ; il ne s'agit pas de l'utiliser et de le diriger ; il ne s'agit que de bien cultiver le sol. »

 

Le discours intégral se trouve sur le site de l'assemblée nationale:link

 

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Conti: 271 jours de protection de l'usine 


 Capture d’écran 2012-08-01 à 21.04.29 "Les soutenir, c’est affirmer l’indispensable solidarité sans laquelle, un à un, chacun dans notre coin, nous serons mangés à la sauce libérale..."

 

   http://www.solidaritepourlescontis.fr/ 

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Tag(s) : #SE FORMER - COMPRENDRE

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