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Un article du blog de Jean Ortiz

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La situation "à gauche" s’apparente à un champ de ruines. Lorsque l'on dit désormais "à gauche", nous sommes contraints de préciser, alors qu'il ne le faudrait normalement pas. La redondance est malheureusement nécessaire: "gauche de gauche" ou "gauche de transformation sociale", "gauche anticapitaliste", etc.
Faut-il que les reniements, les abandons du parti socialiste aient été grands pour que le simple vocabulaire ne suffise plus, pour que le sens des mots se soit à ce point amoindri.
Sans une gauche "de rupture" forte, le capitalisme peut dormir tranquille. On le sait capable de recycler une "gauche transgénique" en alibi.

Si la crise est, comme nous le disons, "civilisationnelle", "systémique", elle exige une (des) alternative(s) à cette hauteur, clairement désignée(s). Le socialisme, le partage, la socialisation, une production non productiviste, un nouveau sens du commun, des "biens communs", de l’environnement, une démocratie participative, un pouvoir collectif, des contre-pouvoirs populaires... restent des réponses incontournables. Cela n'est pas pour demain, mais la perspective doit en être installée dans le paysage présent, et le mouvement amorcé dès aujourd'hui, avec une volonté et un désir d'avenir explicités, clairement désignés. Sans horizon, sans alternative nommée, comment militer et mobiliser, avec envie, souffle révolutionnaire, enthousiasme, soif d'utopie? En Amérique latine, on débat autour des notions de "communisme", de "socialisme du 21 ième siècle", d' "écosocialisme"...

La "guerre idéologique", le "goulag", l'effondrement des pays de l'est, ont criminalisé jusqu'à la sémantique ; des mots devenus repoussoirs, que nous n'osons quasiment plus utiliser (socialisme, communisme, révolution, internationalisme...). Faut-il pour autant adopter un "profil bas" parce que nous ramons à contre-courant (mais pas à contre-histoire) ?
Les communistes ont tout à y perdre en termes de lisibilité, de valeurs, de renforcement militants.

Face à la défaite momentanée, idéologique, intellectuelle, morale, des forces de transformation sociale, partir à la reconquête efficace exige d'en préciser le cap. Le chemin reste à inventer mais l'étoile (explicitée) aide à marcher. Chaque lutte, chaque résistance, produisent des valeurs nouvelles. La crise peut enfanter un monde différent si nous faisons ce qu'il faut, si nous appelons à commencer à dé-marchandiser les mots, les choses, les esprits, à reconquérir la souveraineté politique et économique, si nous mettons dans le débat la réappropriation sociale des moyens de production, la planification démocratique et écologique, l’imbrication de l'anticapitalisme et de l'écologie, les problématiques de la production maîtrisée, de la préservation de la biosphère, de la satisfaction des nécessités et besoins réels, non induits par le système...

Cela me paraît exiger une stratégie d'union populaire conçue en termes de bloc social, de majorité sociale, "en bas", portes grandes ouvertes. On perçoit les communistes encore trop comme "socialo-dépendants", on nous assimile au         « système », même si nous nous en défendons. Il n’y a rien à attendre du parti socialiste. Il est devenu l’un des piliers du modèle que nous nous proposons de « dépasser ». Raison de plus pour changer de braquet, larguer les amarres, retrouver la colère de classe, le vrai sens des mots, des valeurs et des concepts, un temps oubliés. « Il est des portes sur la mer que l’on ouvre avec des mots » (Rafael Alberti)
 
Jean Ortiz, universitaire, communiste.

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Présences Palestiniennes  propose 

"FRAGMENTS D'UNE PALESTINE PERDUE"  
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VENDREDI 23 JANVIER A 20H20

au cinéma UTOPIA Manutention, Avignon
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un film de Norma MARCOS, suivi d'une rencontre avec la réalisatrice.
Malgré un passeport français, Norma Marcos, d’origine palestinienne, est citoyenne de nulle part. Les autorités israéliennes refusant de la laisser rentrer en Palestine, elle ne peut rendre visite à sa mère. A l’occasion de l’hospitalisation de celle-ci, elle peut enfin se rendre à son chevet. Elle profite de l’occasion pour montrer à son ami Stephan que les Palestiniens essaient de vivre une vie normale malgré l’occupation, et qu’il existe une dynamique en dehors des rapports sombres de la violence et de la guerre. Dans un essai de grande envergure, à travers une série de conversations avec des amis, sa famille et des étrangers, Norma Marcos démontre que, malgré l’environnement politique tendu, la vie continue.

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Tag(s) : #SE FORMER - COMPRENDRE

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