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Le 8 février 1962, 9 manifestants anticolonialistes, militants de la CGT, dont 8 militants du parti communiste français, meurent à la station de métro Charonne des suites des charges sauvages de la police du sinistre préfet Papon.

Ils participaient à la manifestation, à l’appel notamment du PCF et de la CGT, contre les attentats de l’OAS, l’organisation fasciste des ultras de « l’Algérie française », pour la paix en Algérie.

A quelques semaines du cessez-le-feu, le pouvoir a choisi de perpétrer un véritable crime d’Etat contre les militants et organisations progressistes.

Le 17 octobre 1961, sa police avait déjà assassiné, en les poussant dans la Seine, des dizaines de manifestants algériens qui manifestaient pacifiquement.

L’enchaînement des responsabilités de ces meurtres reste en partie couvert par le « secret défense ».

Nous voulons honorer la mémoire de nos camarades.

Pour eux, avec leur parti, dans leur entreprise et dans leur quartier, l’engagement pour la justice sociale, pour le socialisme était indissociable  de la lutte contre l’oppression des peuples et contre le colonialisme.

C’est toujours le cas pour nous aujourd’hui.

Nous soutenons les peuples en lutte contre les dictatures au service du capitalisme, de l’impérialisme.

Nous condamnons les guerres impérialistes, dont celle en Libye ou en Afghanistan, menées en notre nom.

Nous affirmons notre solidarité avec la lutte du peuple Palestinien.

Le combat des manifestants de Charonne pour la paix, pour la liberté, contre les résurgences fascistes, sous toutes leurs formes, n’est malheureusement pas achevé.

N’oublions pas !

 

humanite charonne

50 éme anniversaire de la répression de la manifestation de Charonne contre la guerre d'Algérie

Le 8 Février 1962

9 militants de la CGT, dont 8 membres du PCF trouveront la mort parce qu’ils voulaient dire : "Halte à la Guerre d’Algérie", "Non aux crimes de l’OAS".

 

 

 


Capture-d-ecran-2015-02-08-a-06.55.11.pngJean-Pierre BERNARD, Dessinateur aux PTT, 30 ans, Militant du PCF, et membre de la commission exécutive du syndicat CGT des télécommunications de la Seine.

 

Capture-d-ecran-2015-02-08-a-06.55.02-copie-1.pngFanny DEWERPE, Sténodactylographe, 30 ans, Militante du PCF et du Syndicat des employés et ouvriers du Commerce CGT de la Région Parisienne

 

Capture d’écran 2015-02-08 à 06.36.47Daniel FERY, Employé de Presse, 15 ans, militant de la Jeunesse communiste et du Syndicat national des Cadres et Employés de la Presse CGT

 

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Anne GODEAU, agent d’exploitation aux PTT, militante au PCF et au Syndicat des Services Financiers de Paris des Postes et télécommunications CGT

 

Capture d’écran 2015-02-08 à 06.46.46Édouard LEMARCHAND, Employé de Presse, 40 ans, militant du PCF et du Syndicat national des Cadres et Employés de la Presse CGT

 

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Suzanne MARTORELL, Employée de Presse, 40 ans, militante du PCF et du Syndicat national des Cadres et Employés de la Presse CGT

 

Capture d’écran 2015-02-08 à 06.38.17Hippolyte PINA, 58 ans, militant du PCF et de l’Union Syndicale du Bâtiment de Seine et Oise CGT

 

Capture d’écran 2015-02-08 à 06.43.22Maurice POCHARD, 48 ans, mort de ses blessures quelques mois plus tard

 

Capture d’écran 2015-02-08 à 06.46.32Raymond WINTGENS, imprimeur typographe, 44 ans, militant du Syndicat du Livre Parisien CGT

 

 

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Un article de témoignage Chrrétien
Histoire
TC n° 3478 7 février 2012

Charonne, le massacre des militants

 Par Agnès Noël Le 8 février 1962, une manifestation pacifique anti-OAS était violemment réprimée par la police parisienne. Retour sur un événement traumatique de notre histoire politique.

Février 1962. La guerre d’Algérie tire à sa fin. L’OAS multiplie les attentats à Paris pour protester contre les négociations en cours avec le FLN. 

Le 7 fé­vrier, elle dépose des charges de plastic au domicile d’intellectuels et de politiques. L’une d’entre elles, destinée à André Malraux, atteint par erreur une fillette de quatre ans, Delphine Renard, la défigurant et lui faisant perdre un œil. Indignés, les délégations locales de la CGT, la CFTC, l’UNEF, le SGEN, auquel est associé le Parti communiste, appellent à manifester en protestation le 8 février.

La manifestation est interdite par le préfet de police de Paris, Maurice Papon, qui invoque l’état d’urgence toujours en place, lequel proscrit les rassemblements sur la voie publique. 

Les organisateurs maintiennent pourtant le projet. À 18 h 30, 20 000 manifestants défilent dans Paris. Consigne est alors donnée aux forces de l’ordre de faire preuve « d’énergie » pour disperser le cortège. Un groupe de 4 000 personnes, chassées par différents barrages policiers, se retrouve au carrefour Voltaire-Charonne, dans le 11e arrondissement.

Alors qu’il est sur le point de se disperser, le groupe est attaqué par la 31e compagnie d’intervention, commandée par le commissaire Yser. Ce dernier commet l’erreur majeure de faire charger ses 70 hommes contre l’im­posante masse des manifestants. « Or les dérives et les drames surviennent quand la disproportion est extrême entre les manifestants et la police, souligne Jean-Paul Brunet, historien (1). Plus les forces de police sont réduites, plus elles ont tendance à se montrer violentes. »

« BIDULES » EN L'AIR

Les brigadiers commencent à charger, équipés de « bidules », comme on surnomme leurs grandes matraques de 85 centimètres de long. Un manifestant, Jean Carta, témoigne dans Témoignage chrétien à l’époque : 

« Je suis cerné par quatre matraqueurs dont l’un m’ajuste soigneusement et m’envoie son long gourdin sur la nuque ; je reçois un deuxième coup. Je tente de fuir. Il me poursuit, me rattrape, me coince et m’administre méthodiquement, froidement, six ou sept formidables coups de gourdin […] C’est à ma vie qu’en voulait cet homme. » 

Des policiers martèlent le rythme du slogan « Algérie française » avec leurs bâtons. « Certains étaient proches de l’OAS, c’est indéniable, reprend Jean-Paul Brunet. Mais il n’y avait pourtant pas que des hom­mes de cette sensibilité dans la compagnie. » 

Une partie des manifestants, effrayés, se réfugie dans la station de métro Charonne toute proche. Les gardiens de la paix leurs jettent des grilles d’arbres ou des grilles d’aération de métro descellées, pesant respectivement la bagatelle de 40 et 26 kg. La foule est tellement dense que les gens sont littéralement portés, se bousculent dans l’escalier de la station, chutent, et restent bloqués, « comme soudés par la pression, ne pouvant se dégager vu leur grand nombre, imbriqués dans un amas de corps enchevêtrés ». Quelques-uns vont mourir étouffés.
 

 
 

D’autres courent s’abriter dans les im­meubles voisins, les magasins, les cafés.Certains policiers vont jusqu’à poursuivre les manifestants au 6e étage des logements. Un autre manifestant, M. G. C se réfugie sous une porte cochère.

« D’un car arrêté devant nous dans la rue se déverse une douzaine de gardiens de la paix qui se précipitent à toute jambe sur nous. Les blessés que l’on traîne dans les étages sont frappés à nouveau, les corps s’allongent dans la cour alors qu’une chasse à l’homme s’organise dans toute la maison […] Je me suis réfugié dans cette cave. Il y a déjà quinze personnes derrière moi, un vieil homme infirme – il a une jambe de bois – n’arrive pas à pénétrer par la porte étroite. Pendant trente secondes, à trois, ils le rouent de coups. Il est recroquevillé au pied des escaliers, il pleure et hurle son infirmité ; puis on le traîne à l’extérieur. Un policier ouvre la porte et, ne pouvant lever son manche de pioche dans l’ouverture étroite, avec l’extrémité il cherche à m’atteindre à la tête. […] Voyant que le “phare” (une lampe, NDLR) n’arrive pas, le policier urine sur nous. »

La répression va faire des centaines de blessés. Le Dr Vidal-Naquet déclare ainsi : 

« Dès 19 heures, le soir du 8 février, la Polyclinique fut envahie de blessés. Ils saignaient tous très abondamment. En général de simples coups de matraque ne provoquent pas de plaies béantes avec l’os à nu, des plaies qu’il fallait 15 à 20 points de suture pour pouvoir refermer. Aussi, pour en arriver là, a-t-il fallu non seulement frapper violemment mais être animé du désir de blesser gravement et même de tuer… »
 

 

Neuf personnes en meurent. Leurs noms : Jean-Pierre Bernard, Fanny Dewerpe, Daniel Féry, Anne-Claude Godeau, Édouard Lemarchand, Su­zanne Martorell, Hippolyte Pina, Raymond Wintgens, et Maurice Po­chard (décédé quelques mois plus tard à l’hôpital). Six ont été étouffées, et trois autres ont été matraquées à mort. L’un d’entre eux, Daniel Féry, n’avait que seize ans.

DE GAULLE 

Comment expliquer ce déchaînement de violence ? Outre la présence d’éléments de tendance « Algérie française » au sein de la police, cette dernière avait donc reçu des instructions strictes. L’appareil d’État et la police étaient convaincus d’user de « violence légitime » pour disperser une manifestation interdite, explique Jean-Paul Brunet. Il semble bien que Maurice Papon ait suggéré au ministre de l’Intérieur Roger Frey de tolérer cette manifestation, et que Frey se soit fait rabrouer en rendant compte à De Gaulle.

Le général De Gaulle serait donc le premier responsable du drame de Charonne, Debré, Frey et Papon n’étant que les exécutants de ses consignes. « De Gaulle n’a pas exprimé un mot sur les victimes de Charonne. Cela l’agaçait de subir les pressions de certains groupes anticolonialistes au moment où s’entamaient les négociations de paix », reprend l’historien.

L’indignation suite à ces violences policières est énorme. De 300 000 à 400 000 personnes assistent à l’enterrement des huit victimes au cimetière du Père-Lachaise le 13 février. Les morts algériens du 17 oc­tobre 1961, événement souvent confondu avec l’affaire du métro Charonne, n’avaient pas bénéficié d’un tel hommage. 

Si l’événement n’eut aucune répercussion sur le déroulement des négociations en cours – un mois plus tard, on signait les accords d’Évian –, Charonne demeure aujourd’hui encore un lieu de mémoire emblématique de notre histoire. 

(1) Auteur de Charonne. Lumières sur une tragédie,  Flammarion, 2003, 332 p., 22 €.

 
Tag(s) : #AGIR AVEC LE PCF

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