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INTERVENTION AU LE PLATEAU DES GLIERES LE 19 MAI 2013

 

 

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Tous d’abord, je dois vous remercier chaleureusement et très fraternellement de me permettre de venir témoigner ici du combat que nous menons et de la résistance dans laquelle nous nous sommes lancés depuis 964 jours contre la multinationale UNILEVER !
Nous associer aux combattants de la Résistance à l’occupation nazie et à la libération de la France en 1945 est un grand honneur pour moi-même, mais aussi et surtout pour tout notre collectif CGT de luttes. Nous voulons rappeler que les Résistants ont mené leur combat courageux bien souvent en mettant leur vie en péril et nous leur devons le plus profond des respects.

J’interviens au nom de tous mes camarades de FRALIB en lutte depuis 964 jours contre la fermeture de notre site, pour le maintien de notre activité industrielle et de nos emplois.

Je suis le Délégué syndical CGT de FRALIB, fier de l’être et très fier d’appartenir à la même centrale syndicale que Georges SEGUY qui, de 1967 à1982 en a été le secrétaire général, lui qui, en février 1944, était arrêté par la Gestapo et déporté en Allemagne, à l’âge de 17 ans, puis emprisonné au camp de Mauthausen.

A la question qui lui était posée sur ce qui le motivait encore à 86 ans à aller au devant des gens, après des années de lutte, il a répondu ceci :
«Quand nous avons été libérés du camp de Mauthausen, les rescapés ont prêté serment de poursuivre la lutte afin que la monstruosité du nazisme ne se reproduise plus.Revenu dans mon pays, j'ai trouvé dans le syndicalisme le moyen de respecter ce serment. J'ai donc fait de mon mieux, par rapport à toutes les injustices qui se présentaient, les menaces sur la paix et les libertés.»

Nous voulons poursuivre la lutte engagée par nos aînés contre toutes les injustices.
Dans le programme du CNR, figuraient «Les mesures à appliquer dès la Libération du territoire ».

 
Dans celles économiques et sociales, il y avait cet objectif qui me paraît fondamental hier comme aujourd’hui, je cite « l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie» et qui consistait donc à ce qu'on appellera généralement les nationalisations et qui est exprimé dans le texte comme «le retour à la Nation des grands moyens de production monopolisés, fruits du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grandes banques ».

Aujourd’hui, nous sommes très loin de cela. Mesurons-nous tous ce que notre adversaire de classe nous a repris.

Nos combats d’aujourd’hui comme ceux d’hier s’inscrivent dans l’objectif d’un vrai changement de société.
Notre lutte est juste et légitime.
Nous défendons l’emploi, nous défendons notre potentiel industriel, nous défendons le droit de travailler pour faire vivre nos familles, n’est-ce pas une somme de combats justes?

Nous sommes entrés en résistance depuis 964 jours contre la multinationale UNILEVER !
En résistance contre des actionnaires qui, à la différence de ce que certains prétendent, ont un nom, un visage, un pedigree, une fortune et qui, par leur appétit insatiable de richesses, provoquent des ravages dans le monde.
Nous n’acceptons pas une telle injustice !
Alors oui nous résistons depuis 964 jours, et nous avons décidé de construire notre avenir.

Nous nous battons pour la réappropriation par les travailleurs des moyens de production et la nationalisation doit être un des moyens pour y parvenir.

Il n’y a que les luttes qui peuvent nous permettre de reprendre aux patrons ce dont ils nous ont spolié ! La preuve en est faite avec notre lutte.

L’emblème historique de notre entreprise est un Eléphant. Il date de plus de 120 ans. Il résiste et avance doucement mais sûrement vers la mise en œuvre de notre solution alternative et le démarrage de notre SCOP T.I

Nous avons obtenu l’annulation par la justice de trois plans de sabordage de l’emploi présentés par UNILEVER. A l’évidence la lutte paie.

Le dernier Arrêt rendu par la Cour d’Appel d’Aix le 28 février, est très clair. Le 3ème plan patronal est annulé ainsi que les licenciements.

Les salariés ont été licenciés deux fois et deux fois les licenciements auront été annulées! Après avoir tancé avec cynisme le Président de la République, le Groupe UNILEVER continue à bafouer et fouler aux pieds les lois de notre République et de toutes nos institutions, comme dans le passé d’autres le firent avec la France, en toute complicité avec le groupe UNILEVER qui collabora avec le fascisme pour arrondir ses profits, comme toujours.

Les salariés de Fralib en lutte se retrouvent aujourd’hui sans salaire. Ils ont saisi la formation des référés du Conseil des Prud'hommes de Marseille jeudi dernier pour mettre fin a ce trouble manifestement illicite et pour être rétabli dans leurs droits, notamment par le versement de leurs salaires, le jugement a été mis en délibéré au 6 juin prochain.

Pour la mise en œuvre de notre projet, nous exigeons que nous soient cédés la marque « Eléphant » ainsi que les volumes de production nécessaires à la reprise de notre activité, une réappropriation collective de notre patrimoine économique et social, fruit du travail de générations de salariés spolié par le groupe UNILEVER.

François HOLLANDE et le gouvernement doivent maintenant être conséquents, et faire vivre leur volonté affichée d’être aux côtés des salariés de FRALIB.

Nous voulons leur imposer qu’ils prennent toutes les dispositions pour que soient données toutes les suites concrètes au plan politique, économique et social et faire sauter « le verrou d’UNILEVER » qui bloque notre solution alternative.

Les experts du Comité d’Entreprise ont confirmé la viabilité et la rentabilité de notre entreprise. Nous relevons le défi avec détermination et courage, autour de notre projet alternatif qui est la seule solution sérieuse et crédible pour le maintien de notre activité industrielle et nos emplois.

Le combat pour la poursuite de l’activité de production et de conditionnement de thé et d’infusions sur le site de Gémenos, le maintien de la marque « Eléphant » implantée depuis 120 ans en Provence et commercialisée uniquement en France, des tonnages de production en sous-traitance, sont des exigences qu’il faut concrétiser.

UNILEVER doit assumer toutes ses responsabilités. Il en a les moyens, L’Etat en a la responsabilité !!!


Ce Groupe dont les résultats pour l’année 2012 font apparaitre un chiffre d’affaire de 51,3 Milliards d’Euros soit une progression de 10,5%, une progression des ventes de 6,9 %, une progression des volumes de 3,4 % et un bénéfice net de près de 5 Milliards d’Euros, soit une progression de 7 %.

Et il paraît que c’est la crise !!


Nous voulons porter le débat sur le terrain de l’utilité de l’économie au service des populations et des salariés, de ceux qui produisent les richesses, nous donnons à nos luttes syndicales leur double dimension, celle de répondre aux exigences revendicatives immédiates. Pour nous cela veut dire conserver notre usine et nos emplois mais aussi mettre en évidence la nécessité du changement radical de société.
Nous le vivons chaque jour, le capitalisme n’est ni humanisable, ni réformable.

Un petit mot sur l’environnement :
L’Organisation des Nations Unies a nommé en juillet 2012 dans une Commission sur le développement durable de la planète, Paul Polman, le PDG Monde d’Unilever qui s’est octroyé 6,661 m

illions d’€ de rémunération en 2011 dont plus de la moitié en actions attribuées. Voici un PDG qui gagne annuellement au bas mot le salaire de 600 Smicards, qui opère restructuration sur restructuration se traduisant par des charrettes de licenciés, de chômeurs et de pauvres, honoré pour ses services capitalistes. Une honte de plus.

Il décide de fermer notre usine, la seule usine de production et de conditionnement de thé et d’infusions en France.

Nous nous battons depuis 964 jours pour nos emplois et le développement industriel de notre usine. Et lui, il refuse obstinément de nous redonner la marque Thé l’Eléphant qu’il est en train de tuer et des tonnages d’activité, c’est-à-dire les moyens d’un redémarrage pérenne de l’activité thés et infusions sur le site de Gémenos.

Et il est désigné pour parler du développement durable!
Lui dont toute la stratégie est d’engraisser un club restreint de riches, de piller les pays en développement et de renforcer les inégalités au niveau mondial!
Prenons l’exemple d’un sachet de Tilleul ELEPHANT, autrefois le Tilleul était récolté en Provence, séché à CARPENTRAS, coupé et mélangé dans notre usine à Gémenos pour ensuite y être conditionné et vendu dans les magasins en France, puisque la marque ELEPHANT n’est vendue qu’en France. A cette époque la production annuelle de Tilleul en Provence était de 400 Tonnes, elle n’est plus aujourd’hui que de 10 Tonnes, merci UNILEVER !!
Aujourd’hui, le Tilleul vient d’Amérique Latine ou du fin fond de l’Europe de l’Est, il arrive par bateaux au port d’Hambourg , il traverse l’Allemagne (600 kilomètres) pour y être transformé chez un sous-traitant Allemand, ensuite il reprend la route pour Katowice en Pologne ( 800 kilomètres ) et y être conditionné puis finalement revenir en France pour y être commercialisé (1400 kilomètres) Paul Polman candidature proclamée du groupe Unilever pour la palme d’or du plus grand pollueur de la planète, palme d’or remise par les plus hautes instances de l’ONU !!!
Nommer ce personnage à l’ONU, c’est comme promouvoir Al Capone au Vatican ou installer Pétain au Panthéon.


Nous avons obtenu par notre lutte que les bâtiments et les terrains soient rachetés par la Communauté Urbaine de Marseille. Nous avons imposé qu’UNILEVER cède l’ensemble de l’outil Industriel pour l’€uro symbolique.

Cela nous permet de fortifier notre projet pour le maintien de l’activité industrielle autour, avant tout, de la perspective de production de thés et infusions.

Cette nouvelle situation se construit autour de la volonté de «réappropriation ouvrière et publique des moyens de production».

En septembre 2011, le Ministre du Redressement Productif Arnaud MONTEBOURG, alors en campagne au primaire socialiste pour l’élection Présidentielle est venu nous rencontrer dans notre usine. Il s’exprimait ainsi en ce qui concerne la défense de notre patrimoine industriel et la question posée par les Fralibs. Il proposait de prendre possession de la marque, d’exproprier Unilever, de l’indemniser à la hauteur de ce qu’il indemnise les salariés et il disait qu’il ferait une loi pour cela !!!

Alors, si l’exigence de réappropriation des moyens de production et de Nationalisation fait partie des promesses d’un candidat du parti socialiste devenu Ministre aujourd’hui, cela doit être une revendication forte que nous devons porter dans le combat de classe qui nous oppose au Grand Capital. 

 

 ENCORE ET TOUJOURS :

CONTINUONS LE BOYCOTT DE LIPTON 

Capture d’écran 2011-12-29 à 17.43.51   

NOUS NE LAISSERONS PAS PARTIR LE THE DE L’ELEPHANT DE PROVENCE

Le thé de l’Eléphant est né  il y a  120 ans à MARSEILLE,

L’Eléphant est Français en Provence il doit rester.


 

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Capture d’écran 2013-03-21 à 07.46.00-copie-1L'Humanité est  en grand danger:

 

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Tag(s) : #JE LUTTE DES CLASSES

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