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Loin du discours répandu sur le désintérêt des jeunes pour la politique, ce sont plus de deux cents étudiants qui étaient réunis ce week-end à Paris pour la conférence nationale de l’Union des étudiants communistes (UEC). Leur objectif? Se doter des outils pour lutter, dans les quarante-trois universités où ils sont présents, contre la précarisation de leur quotidien et le démantèlement de l’enseignement supérieur. « L’état de crise sociale et sanitaire dans laquelle se trouvent près de 30 % des étudiants est symptomatique d’une université qui, à l’image du système auquel elle a été soumise, fonctionne dans le chaos le plus total », rappelle Marion Guenot, secrétaire nationale de l’UEC. L’occasion aussi pour Pierre Laurent, secrétaire national du PCF et président du conseil de campagne du Front de gauche, de s’adresser à ces étudiants venus de toute la de la France.

 L’enjeu est d’importance à ses yeux : « L’université est à la fois au cœur des enjeux de développement du capitalisme et de sa crise profonde et durable, et de l’alternative à ce système à laquelle nous essayons d’ouvrir des chemins », a-t-il dit dimanche matin devant une salle attentive. Et de s’expliquer : « La droite sarkozyste depuis cinq ans s’est appliquée, à travers la loi sur la responsabilité des universités (LRU), les politiques Initiatives d’excellence, à asservir l’ensemble du système d’enseignement supérieur et de recherche à des objectifs maîtrisés par les stratégies financières des grands groupes. Au lieu de viser une diffusion maximale des savoirs sur une base d’égalité et de partage, elle construit un système qui rend les futurs travailleurs dépendants des objectifs de rentabilité, dès le moment de la formation. »

C’est cette transformation récente qui a irrigué tout le week-end car, pour les étudiants communistes, l’université prépare « une main-d’œuvre qualifiée qui acceptera les conditions de travail les plus déplorables et pourra faire pression sur les travailleurs installés et sur les chômeurs ». Mais, pour les uns et les autres, hors de question de s’arrêter à ce constat. Le Front de gauche va multiplier les initiatives : « Nous devons travailler à la convergence des luttes du monde étudiant et du monde du travail autour des objectifs de reconquête de la formation, de la qualification et des savoirs », estime Pierre Laurent. Les étudiants, eux, sont bien décidés à y contribuer en favorisant les résistances et la conquête de nouveaux droits d’intervention sur le contenu de leur formation et leurs conditions de vie.

 

Pas de formation au rabais.

 

C’est le sens de la campagne « Ni précarité, ni charité, des logements pour étudier » qu’ils mènent depuis la rentrée avec la collecte de plus de 20 000 signatures en faveur de la nationalisation et de la démocratisation du logement étudiant. « On sort d’un semestre de mobilisation, explique Marion Guenot. On a réuni des étudiants, fait signer des pétitions, pris d’assaut des résidences privées Maintenant on veut imposer nos exigences dans le débat de mai 2012.» La proposition de loi-cadre pour les jeunes des députés PCF et du Parti de gauche, qu’ils ont coélaborée, leur paraît être un bon point d’appui.

« A la fac, on ne manque pas de révolte mais d’espoir, lâche l’un d’eux dans un couloir. Cette loi peut aider à casser le désarroi. » Pour Pierre Laurent aussi, il s’agit de la populariser car « elle vise la prise en main par les étudiants eux-mêmes des objectifs que nous voulons imposer à l’issue des élections ».

 

 

 

Julia Hamlaoui


Tag(s) : #JEUNES

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