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Unarticle du site des Jeunes Communistes des Bouches-du-Rhône:

http://jeunescommunistes13.over-blog.com

Note: Cet article reflète le point de vue personnel de son auteur et non celui du PCF

 

Une camarade de la Jeunesse communiste des Bouches-du-Rhône actuellement expatriée en Espagne nous livre son analyse de la situation politique actuelle qui touche le pays. Plans d’austérité imposés par le gouvernement et l’UE, actualité des mouvements sociaux, stratégies des organisations syndicales et communistes y sont décryptés.



LES DEGATS DE L’AUSTERITE

 

Les effets désastreux des plans d’austérité menés par le gouvernement de droite de Mariano Rajoy, et commencés par l’ancien gouvernement socialiste de Zapatero ne sont plus à démontrer.
La droite actuelle au pouvoir, le parti Populaire, est l’héritière directe de l’ancien gouvernement franquiste. On y retrouve des anciens cadres du parti unique, et des positions politiques souvent inchangées depuis 30 ans.
Le nouveau plan d’austérité annoncé récemment par Rajoy  pour l’année 2013 comporte des chiffres proprement hallucinant ; l’objectif étant de réaliser 89 milliards d’euro d’économie.  On peut donc souligner, entre autre ; une augmentation de l’IVA (l’équivalent de la TVA), du prix du tabac, 15 millions de « recorte » (= coupe budgétaire) sur la santé, une diminution des jours de congés des fonctionnaires, une diminution des fonctionnaires eux-mêmes…

 

Le taux  de chômage, en attendant, n’a jamais été aussi haut. Les  96 000 suppressions d’emplois depuis juillet 2012, dont 50 000 dans le public font monter le taux de chômage à 25,02% de la population active au dernier 26 octobre, selon l’Institut de Sondage Espagnol. On compte  également de plus en plus de chômeurs de « longue durée » (au chômage depuis plus d’un an) : avec une montée de 21% en un an (soit 450 000 personnes)  ils sont désormais 2,5 millions. On peut noter que, en Espagne, 1.737.900 familles ont tous leurs membres  au chômage (10% des foyers).

La jeunesse dans tout ça n’est pas épargnée, et  bien au contraire, car 52,7% des 15-25 ans sont au chômage, soit plus d’un jeune sur deux ! D’où ce nouveau proverbe émergent « Quand tu finis tes études en Espagne, tu as trois portes de sorties : par terre, air, ou mer » (* « cuando acabas la carrera en españa, tienes tres salidas posibles : por tierra, mar o aire »).
Face à ces chiffres aucun doute ne persiste sur les intentions de la droite Espagnole, plus que jamais au service du capital et des patrons, prête à tout faire payer aux classes populaires, aux travailleurs, à la jeunesse.

 

MOUVEMENT DES INDIGNES, 15M, «25S

 

Plusieurs mouvements ont répondu, face à cette situation critique, de manière spontanée  ces deux dernières années : les manifestations des « indignados » se sont transformées en « mouvement du 15M » (en référence à la première manifestation survenue le 15 Mai 2011) qui a tenté de survivre après la période d’effervescence du printemps.  Le mouvement a réuni durant quelques mois des assemblées ouvertes qui ont peu à peu disparues, ou qui se sont transformées dans certains cas en assemblées de quartiers, essentiellement concentrées sur le problème des expulsions, toujours plus fréquentes. Face à l’échec de ce mouvement, qui, faute de structuration, n’a pas su se maintenir, a émergé récemment une nouvelle plateforme, elle appelée « mouvement du 25S », en référence à l’appel lancé le 25 septembre 2012 à envahir le palais des Congrés et à établir une nouvelle constitution. L’un des arguments principaux de cette nouvelle plateforme, qui souffre des mêmes maux que la précédente (entre autre la carence évidente de structuration) : notre génération n’a pas vécu la « transition » (période de passage du régime fasciste de Franco à la monarchie parlementaire d’aujourd’hui), elle n’a donc pas voté la constitution en vigueur (adoptée en 1978, après la mort naturelle du dictateur en 1975), qu’il faut abolir pour en redéfinir une nouvelle.

 

MOUVEMENTS SYNDICAUX


L’Espagne connait une tradition syndicale bien moindre qu’en France (ce qui explique sûrement en partie l’ampleur des mouvements  indignés  cités plus haut). Le paysage syndical est majoritairement occupé par le syndicat CCOO (Comisiones Obreras), syndicat historique des communistes  et l’UGT (Unión General de los Trabajadores) fondée par les socialistes, qui travaillent systématiquement main dans la main depuis quelques années.
Même si la réponse des travailleurs aux appels à la mobilisation lancés par ces deux syndicat est toujours forte et massive, nous ne pouvons pas oublier les positions critiquables adoptées par CCOO l’an dernier, qui a finalement signé avec le gouvernement Rajoy fraichement élu la « reforma laboral », une des pires réformes du travail connue aujourd’hui en Europe. (Elle consiste en une sorte de CPE généralisé : entre autre en instituant une période d’essai d’un an pour tous, la possibilité pour le patron de modifier salaire, horaire, et fonction dans l’entreprise sans consulter le salarié, une limitation du nombre d’absence justifiées (même pour raisons de santé)…).


« HUELGA, HUELGA, HUELGA GENERAL ! »


Si généralement les images qui nous parviennent en France depuis l’Espagne sont porteuses d’espoir pour les travailleurs en lutte (appels à la grève générale, manifestations immenses…), il ne faut pas s’emballer. Contre ces plans drastiques d’austérité, il n’y a au compteur que deux journées de mobilisation au niveau national en 2012. L’appel à la grève est certes général, mais d’une durée limitée de 24 heures. Entre le 29 Mars et le 14 Novembre, le patronat a dormi sur ses deux oreilles et il a pu jouir tranquillement des cadeaux du gouvernement Rajoy.
Cela étant dit, il faut souligner, et applaudir, l’efficacité des travailleurs espagnols durant ces journées de grève.
Lors de la dernière, le 14 novembre, les manifestations et l’installation des piquets ont commencés dès la veille au soir dans la capitale (comme dans toutes les villes d’Espagne). Entre autre, à Madrid, plus d’une soixantaine de Jeunes Communistes ont commencé à manifester dès 23h30 le 13 novembre, en compagnie de tous les participants du « Piquete Joven » qui s’étaient donnés pour mission d’aller soutenir les travailleurs dans la construction  de leur piquets de grève, en partenariat avec le syndicat CCOO. Entourés et menacés dès le début du rassemblement par la police, c’est au cri de « que no ! que no ! que no tenemos miedo ! » (« non ! non ! nous n’avons pas peur ! ») qu’ils sont  allés jusqu’au dépôt des bus de ville pour empêcher mise en circulation.
Durant la journée même, plus de 9,18 millions de travailleurs ont refusé d’aller travailler dans le public comme dans le privé, et la manifestation du soir a rassemblé près 2 million de personnes à Madrid comme à Barcelone selon les syndicats ( et 35 000 selon la police dans la capitale!!!)

 

La jeunesse espagnole, première cible des attaques du capitalisme, a besoin d’une organisation pour défendre son avenir et lutter contre le système qui l’exploite toujours plus. L’UJCE,  hélas, souffre tout comme le PCE de 26 ans de processus unitaire au sein d’Izquierda Unida. Premier dans la défense des théories eurocommunistes, avec le PCI de Berlinguer et le PCF de Marchais, le PCE des années 1970, Santiago Carrillo à sa tête, a expérimenté le premier la stratégie de front unitaire, en 1986. L’organisation de jeunesse se reconstruit petit à petit, mais souffre néanmoins de la politique d’effacement du Parti Communiste menée tout au long des années 90. Nous nous retrouvons aujourd’hui, dans une situation ou la jeunesse a plus que jamais besoin de réponses face à l’exploitation croissante et à l’Europe du capital qui la prive de ses droits. La JC espagnole peine à porter des mots d’ordres révolutionnaires et à sortir de la stratégie strictement réformiste d’IU. Quelques fédérations de la JC sont aujourd’hui même exclues de la construction nationale d’une organisation communiste à cause de leur refus de créer dans leurs secteurs des collectifs jeunes d’Izquierda Unida.  Elle reste faible, bien qu’en croissance permanente ces derniers temps, alors que la période donne toujours plus de raisons aux jeunes de se révolter et de se poser la question d’un changement de système. L‘exemple de l’Espagne nous montre bien l’impasse dans laquelle nous mènent les processus unitaires si à l’intérieurs des mêmes ne sont pas affirmées, construites, débattues des positions révolutionnaires portées par les communistes et leurs partis.

 

Lison G.

Tag(s) : #JEUNES

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