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Entretien de Jean-Luc Mélenchon avec le journal La Marseillaise

4-04-2012 site: http://www.lamarseillaise.fr/

Dernière mise à jour : ( 14-04-2012 )

 

 

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Jean-Luc Mélenchon, candidat attend du rassemblement d’aujourd’hui samedi 14 avril, qu’il confirme la dynamique du Front de gauche. « J’aime Marseille pour son identité républicaine » lance-t-il.

A une semaine du 1er tour, Jean-Luc Mélenchon souhaite porter sur les plages du Prado son ambition d’une VIe République. Un nouveau pari.

 

Marseille occupe-t-elle une place particulière dans votre campagne?

Marseille est l’un des trois lieux fondateurs de la mobilisation pour la VIe République. Trois lieux appuyés sur des références historiques. La Bastille par rapport à la Révolution française, Toulouse en souvenir des luttes pour la liberté de l’esprit et Marseille par rapport à son identité républicaine, son hymne immortel et son ouverture sur la Méditerranée. Je suis un homme de symboles.

La VIe République c’est la refondation de la République mais aussi de la France. Le choix de ces lieux y participe.

 

Comment expliquez-vous la dynamique du Front de gauche depuis plusieurs semaines?

C’est la justesse d’un diagnostic politique. Depuis 2005, une majorité antilibérale ne trouvait pas d’expression politique. C’est ce qu’a comblé le Front de gauche. Pas avec une vision étroite autour d’une personne ou d’un parti. Mais autour d’une idée. Nous avons situé notre campagne dans l’espace des révolutions d’Amérique du Sud et du Maghreb. Nos contenus ont une longue portée. L’éducation populaire est la colonne vertébrale de ce mouvement diffus. C’était le pari de rencontrer un mouvement réel. Il y aussi eu des moments fondateurs dans la campagne. Le démarrage place Stalingrad à Paris a été l’ancrage de l’idée de résistance. Puis la Fête de l’Humanité où on a avancé avec une telle énergie qu’on a enjambé la primaire socialiste qui monopolisait l’espace médiatique. Enfin, il y a eu le mois de janvier quand nous avons tourné les canons vers l’extrême-droite plutôt que de subir les discours du vote utile. La caractéristique de notre campagne, c’est l’action.

 

Ce succès ne serait-il pas dû au fait d’avoir fait tomber des barrières entre le monde syndical et la gauche?

C’est l’événement de la campagne. On a vu arriver dans les meetings des drapeaux des syndicats. C’est à Gémenos avec les Fralib que j’ai lancé ma campagne. J’ai dit que j’allais rendre visible les invisibles. C’est bien plus qu’une mobilisation électorale, ça devient un front populaire.

 

Vous n’êtes pas épargné par les critiques. Quelle est celle qui vous a le plus blessé?

Celles qui visent à réduire le sens de ce que nous entreprenons. Il y a différents types d’adversaires qui occultent notre identité politique en la réduisant, soit à ma personne, soit au PCF. C’est la négation du Front. Le vocabulaire utilisé contre nos militants, que certains nomment « supporters », est destiné à évacuer cette réalité. Mais tout cela endurcit nos amis, ce que nos adversaires ne comprennent d’ailleurs pas. Personnellement, je me sens porté par un très vif mouvement. Les attaques qui pleuvent de toutes parts contre nous sont vaines.

 

Dans les sondages, la gauche est au plus haut. Le sort de la droite et de l’extrême droite est-il scellé?

Il faut d’abord faire le constat qu’il y a un bobard qui ne fonctionne plus : celui qui disait que le Front de gauche nuirait à la gauche. Quand le Front de gauche augmente, le total de la gauche augmente. Je ne veux pas piller ou braconner les voix de François Hollande à l’inverse de lui qui veut grappiller nos voix sur l’idée du vote utile. Je me permets de faire une mise en garde : nous ne sommes toujours pas assurés d’être devant le FN. J’insiste : le problème ce n’est pas l’immigré, c’est le banquier. C’est le changement de paysage mental qui se produira si nous passons devant le FN dans les urnes. L’extrême droite battue au premier tour, il sera plus facile de battre la droite au second. Le Front de gauche ne sous-estime pas la capacité de rebond de Nicolas Sarkozy.

 

François Hollande affirme que son programme est « à prendre ou à laisser » ? Avez-vous espoir de le faire changer d’avis?

Ce n’est pas mon objet. Le Front de gauche n’est pas un aiguillon, mais une force autonome pour passer en tête de la gauche. Le candidat de gauche qui arrivera en tête au 1er tour aura la tâche de rassembler. Il y a deux méthodes. Celle de François Hollande qui consiste à passer en force en disant « c’est mon programme ou rien ». Et la mienne qui propose de discuter très vite après le vote d’un programme partagé élargi. Ma méthode remet également à plat ce qui a été signé entre le PS et Europe Ecologie-les Verts. Le mouvement écologiste sait que l’accord avec le PS va lui coûter en crédibilité. EE-LV a intérêt à ce que nous passions en tête, car sans ça il n’aura ni sièges, ni idées reprises.

 

Pensez-vous pouvoir encore élargir le rassemblement d’ici le 22 avril?

La progression de l’élargissement a été immense et constante. J’ai éprouvé un grand enthousiasme à voir arriver avec nous de nouveaux secteurs de l’écologie politique, comme Paul Ariès. De larges pans du NPA, avec Myriam Martin ou Pierre-François Grond, ont aussi fait le pas, sans se renier. J’ai bon espoir que ce processus se poursuive sur une base sociale dans tout le pays, par corporations de salariés et que de plus en plus de syndicalistes rejoignent le Front de gauche. Certes le Front de gauche souligne la place de la classe ouvrière et des employés dans ce rassemblement. Mais notre discours parle à toute la société, on reçoit des soutiens de cadres, de patrons de PME. Le Front de gauche devient véritablement un front du peuple.

 

 

PROPOS RECUEILLIS PAR SEBASTIEN MADAU

Tag(s) : #AGIR AVEC LE PCF

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