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 Edouard Chaulet. Photo La Provence

 

En vue du débarquement de Provence, les troupes nazies ont besoin de favoriser les routes de repli, la vallée du Rhône et ses parallèles. L’anéantissement des maquis, capables de harceler et de gêner le repli est lancé. Les collabos eux, veulent éliminer les témoins de leur honte et les hommes d’avenir de la France libérée.

Ah, ce beau cœur d’été propice aux bonheurs, aux récoltes, comme il a vu se télescoper des tragédies ! Comme notre désir de vivre de bon cœur est aujourd’hui encore réduit par la conscience que nous avons des barbaries en cours en Palestine, en Libye, en Irak, au Mali ! Quand mettra-t-on sur une autre voie cette société qui sans cesse dilapide l’homme et la nature ? Il y a urgence !

Oui, c’est un premier août que nos grands-pères ont lu, les yeux mouillés encore par l’assassinat de Jean Jaurès, leur ordre de mobilisation pour une guerre qui sera la matrice du XXe siècle, tant elle eut de conséquences inhumaines.

Oui,  c’est un premier août que mes camarades Albin Durand et Antoine Diouf ont subi leur martyre, ici, à Sarrians, où tout invite à la Paix, aux plaisirs de vivre… L’honneur qui m’est fait de leur rendre hommage au nom du P.C.F. me rappelle que j’ai l’âge de cette Paix et de cette Liberté qu’ils m’ont gagnées. Je leur dois aussi d’avoir pu me soigner et me sauver d’une tuberculose, m’instruire alors que ce n’était pas le cas de mes parents et que sept enfants de mineurs, avant 1945, ne pouvaient faire des études…

Au cœur de la nuit de l’occupation, la Résistance rêvait de Liberté, de Justice et de bien-être. C’est ce qu’exprima le programme du C.N.R. remis ouvertement en cause aujourd’hui. Des hommes pétris d’expériences et trempés dans les combats tels qu’Albin et Antoine, étaient des menaces pour les vaincus de la collaboration, jamais guéris de cupidité et de privilèges. Ils étaient, eux résistants, les garants d’une France nouvelle, fidèles à leurs engagements.

 

Albin, dont le nom signifie le blanc, le pur comme un glacier des Alpes avait connu la « grande boucherie » de 14-18, aux Dardanelles. Il apprendra là-bas, la fraternisation avec des marins Russes et en payera le prix. Il sait que « le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage ».  Mais, il restera internationaliste et commercera sans frontières avec l’URSS pour ses plants de vigne. Il aime les autres d’où qu’ils soient et cela s’exprime dans le travail coopératif, les sports d’équipe et les amitiés solides, celle d’Antoine Diouf. C’est un organisateur, issu du peuple, pour le peuple, il brigue des mandats d’élu et la confiance lui est accordée toujours, jusqu’à ce que le P.C.F. soit interdit par ceux qui « préféraient Hitler au front populaire ». Cet homme venu au P.C.F. par haine de la guerre depuis 1920, pacifiste solide, le voilà qui prend les armes, résiste, combat.

Un tel changement suppose des valeurs à défendre coûte que coûte. L’antiracisme, la liberté, le droit d’être chez soi, les devoirs de solidarité… Résistant, ça ne s’apprend pas du jour au lendemain. Ceux qui toujours se couchent, acceptent, renoncent, entrèrent en collaboration, et ceux qui ont des principes et les défendent au quotidien, devinrent Résistants.

Entre des gens qui partageaient des idées, des religions, des mœurs différentes, s’exprimait un même amour de la France et Albin était à son aise dans ce coude-à-coude, sans petite querelle, ce « Front National » de la dignité, le premier, le haut, le glorieux, ce chœur de l’espérance et de l’honneur. Albin était trop lumineux. Les cafards le désignèrent,  l’occupant commit l’ignoble… 

Gloire à toi Albin ! 

 

Antoine :  né dans la ville monde de Marseille eut cinq « parents » : l’assistance publique, l’Eglise, les jeunesses communistes, l’armée et l’amitié d’Albin de 15 ans son aîné. Muri « au soleil de la diversité », il aimait joyeusement la vie, il luttait et s’amusait. Un être rayonnant, sportif et chanteur ; au chaud dans la famille d’Albin, il en partage tous les engagements. Il aurait pu faire son métier avec les armes puisqu’il en avait appris la technique comme « caporal ». Il avait choisi l’agriculture, l’art de nourrir les humains. Faire « du pain et du vin » pour les autres… L’histoire le bouscule… De l’autre côté de la France, un Préfet, Jean Moulin, préfère s’ouvrir la gorge plutôt que de signer un faux selon lequel des « noirs » auraient commis un massacre, innocentant ainsi les nazis. Il ne l’a pas su, mais il ne se trompe pas de camps : il Résiste et instruit les maquisards F.T.P.F. aux armes, trop rares, tenus par ses frères blancs, rouges, chrétiens, Espagnols, Italiens, Gaulistes… Son sang et ses cris se sont mêlés à ceux d’Albin. Il coule en tous ceux qui veulent que se fasse enfin ce que le père Teilhard de Chardin appelait « l’hominisation » et que Jaurès nommait le grand mouvement pour « l’Humanité », Albin et Antoine, merci à vous. Soyons dignes de vous !

 

Edouard CHAULET

Maire de BARJAC

 Conseiller Général du GARD

Tag(s) : #AGIR AVEC LE PCF

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