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Un communiste exemplaire n'est plus.  Nous apprenons aujourd’hui le décès, dans sa 87 ème année de notre camarade Henri Martin. Résistant engagé dès l’adolescence, héros  de la lutte contre le colonialisme , militant  marxiste et léniniste il fut pendant longtemps un des dirigeants du PCF.

Son nom est associé à celui de Raymonde Dien dans la lutte de la Jeunesse  Communiste  et du Parti contre la guerre d'indochine. 

RC

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Henri Martin -Dessin de Picasso

 

 

L'hommage du Mouvement des Jeunes Communistes

Nous venons d'apprendre la mort d'Henri Martin. Nous adressons à sa famille et à ses proches nos sincères condoléances.

Résistant pendant la seconde guerre mondiale, il part en 1945 en Indochine pour combattre les Japonais. Engagé dans la marine, il découvre, en réalité, qu'il est appelé pour mener la guerre aux Indochinois qui demandent leur indépendance.

De retour à Toulon, il entame un travail d'information et de propagande auprès des autres soldats. Arrêté en 1950 pour propagande et sabotage, il est condamné par un tribunal militaire à 5 années de prison.

Tout comme Raymonde Dien, il est un partisan du droit des peuples à l'autodétermination. Les empires coloniaux sont des vestiges du XIXème siècle qu'il faut démolir.

Henri Martin devient un des symboles en France du combat contre la guerre d'Indochine. Meetings, débrayages, brochures sont organisés pour exiger sa libération. Un comité de défense voit le jour avec notamment Jean Cocteau et Jean-Paul Sartre (qui publie en 1953,L'affaire Henri Martin) et des milliers de citoyens.

Libéré en 1953 grâce à cette mobilisation, il reste un des symboles de lutte du peuple français contre le colonialisme. Il intégrera la direction nationale du Mouvement de la jeunesse communiste par la suite.

Alban Liechti, qui participa à la lutte pour la libération d'Henri Martin, refusera en 1956 de combattre contre les Algériens qui se battent pour leur indépendance.

Les combats anticoloniaux sont malheureusement toujours d'actualité. La semaine anticoloniale bat son plein actuellement en France. Les jeunes communistes ont toujours, chevillée au corps, la solidarité internationale et le soutien aux peuples qui se battent pour leurs droits. C'est pourquoi nous sommes aux côtés des Palestiniens, des Sahraouis, des Kurdes.

 Tant que le colonialisme et ses héritages seront de ce monde, ils trouveront des militants pour leur barrer la route, fidèle au combat de notre cher camarade Henri Martin.

 

Capture-d-ecran-2015-02-18-a-05.57.52.pngLe MJCF

 

 

 

 

 

Il y a 60 ans, Raymonde Dien et Henri Martin

Article de l'Humanité du 11 mars 2010


 

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Raymonde Dien, le Général Giap, Henri Martin

Hanoi - Septembre- 2004


L’une a fait dix mois de prison, l’autre trois ans. Tous deux étaient de jeunes militants communistes. Leur crime? S’être opposés à la « sale guerre » engagée par la France pour garder ses colonies d’Indochine. Leur action a alors rencontré un immense écho.


« Henri Martin, Raymonde Dien (bis) N’veulent pas qu’on tue les Vietnamiens (bis) Ils aiment tant la paix Qu’aux juges ils sont suspects » 

Il arrive encore que des femmes et des hommes, disons d’un certain âge, anciens (ou toujours actuels) militants, entonnent ce refrain lorsqu’on évoque devant eux la lutte contre la guerre d’Indochine. Longtemps, ces noms de très jeunes gens (elle : vingt et un ans, lui : vingt-deux ans), arrêtés en février et mars 1950, ont été mêlés, comme symboles (un gars, une fille) de l’hostilité de la jeunesse française à la « sale guerre ».


Aujourd’hui encore, beaucoup s’en souviennent. Comme quoi la mémoire anticolonialiste a la vie dure. Quant à ceux qui n’ont pas connu ces années, il n’est jamais inutile de leur rappeler ce que furent, alors, les luttes.

 

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Raymonde Dien, jeune militante communiste d’Indre-et-Loire, est la première arrêtée. Le 23 février 1950, elle s’est couchée sur les rails, juste devant un train chargé d’armes et de munitions à destination de l’Indochine, en gare de Saint-Pierre-des-Corps. Elle est interpellée le jour même et incarcérée à Tours, puis à Bordeaux et accusée de «complicité de détérioration de matériel susceptible d’être employé pour la défense nationale » (la défense nationale, c’est bien connu, était alors à 12 000 km de la métropole). Elle est défendue par Me Jacquier-Cachin, la fille du directeur de l’Humanité. Finalement, Raymonde Dien, reconnue coupable, mais bénéficiant de circonstances atténuantes (!), est condamnée, le 1er juin, à un an de prison ferme. À la veille de Noël, elle bénéficiera finalement d’une libération (légèrement) anticipée.

 

 

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Le cas Henri Martin était différent. En 1945, lorsque le territoire métropolitain est à peine libéré, Henri Martin, jeune communiste dès seize ans, maquisard FTP à dix-sept, s’engage dans la marine. Appelé en Indochine, il est persuadé qu’il va affronter l’armée japonaise, alliée des nazis. Mais, lorsqu’il arrive sur place, les Japonais sont déjà désarmés, et il est témoin, à son corps défendant, des premiers combats contre le Viêt-minh. C’est à ce moment seulement qu’il entend parler, pour la première fois, d’un certain Ho Chi Minh et de l’indépendance, nouvellement proclamée, du Vietnam. De retour en France, il est affecté à l’arsenal de Toulon. Pour lui, il reste, sous l’uniforme, un citoyen. Il commence donc un travail d’intense propagande au sein de l’armée : distributions de tracts, de la presse anti-guerre, inscriptions à la peinture, etc. Ce qui devait arriver arrive : Henri est arrêté par la gendarmerie militaire le 14 mars 1950. En plus des motifs classiques, atteinte au moral de la nation, agitation politique illégale au sein de bâtiments militaires, l’accusation veut lui mettre sur le dos un acte de sabotage. Lors du procès, l’édifice s’écroulera, et Henri sera définitivement lavé de cette indignité par le jury, pourtant militaire. Restera, donc, un procès politique, et seulement politique.


Pour cette seule activité, certes interdite, le jeune marin va être condamné à cinq années de prison ! Il en fera finalement plus de trois, avant d’être gracié (de mauvaise… grâce) par le président Auriol, en août 1953.


Les affaires Raymonde Dien et Henri Martin vont permettre à la propagande anti-guerre de prendre une dimension nouvelle. Les deux emprisonnés avaient des profils comparables : jeunes, déterminés, ils avaient su tenir tête à leurs juges, transformer leurs procès en actes politiques, retourner la situation, devenir eux-mêmes procureurs des crimes que commettait alors la IVe République au nom de la France.

 

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Surtout, le PCF et des organisations qui luttaient à ses côtés (l’UJRF, ancêtre des Jeunesses communistes, la CGT, l’Union des femmes françaises, le Secours populaire) menèrent une campagne intense, d’une variété et d’une amplitude exceptionnelles. Un temps, la France entière parla des deux jeunes gens : meetings, prises de parole, lâchers de tracts, inscriptions à la peinture dans les lieux les plus invraisemblables, représentations de théâtre militant… En cette période de guerre froide, synonyme de clivages politiques forts entre le PCF et la quasi-totalité des autres forces politiques, la campagne pour Raymonde Dien et Henri Martin fut par ailleurs un des rares moments où les communistes brisèrent leur isolement. Jean-Paul Sartre, le premier, s’engagea fortement pour la libération d’Henri Martin, entraînant derrière lui l’équipe des Temps modernes, mais aussi Michel Leiris, Hervé Bazin, Vercors, Prévert (son célèbre poème Entendez-vous, gens du Vietnam lui est dédié)… L’équipe d’Esprit, avec Jean-Marie Domenach, mena également campagne. Des milliers de militants socialistes, voire MRP, des élus non communistes s’engagèrent.


Et la guerre d’Indochine ? Elle était omniprésente dans les thèmes mis en avant. Les accusés eux-mêmes, tout au long des procès, ne parleront que de cela. La presse d’opposition, s’appuyant sur la popularité grandissante des prisonniers, dénonça crescendo la « sale guerre », menée contre la liberté et l’indépendance d’un peuple (en cela, cette campagne reste un moment fort de l’histoire de l’anticolonialisme français) mais aussi contre les intérêts de la nation française, au seul bénéfice de la stratégie américaine de refoulement du communisme.


Trois ans et demi après la libération de Raymonde Dien, dix mois après celle d’Henri Martin, l’armée française subissait en Indochine, à Dien Bien Phu, son plus cruel revers (7 mai 1954). Puis, ce furent les accords de Genève (20 juillet).


Qui avait raison, des va-t-en-guerre (avec le sang des autres) ou des militants emprisonnés ?


Alain Ruscio *


(*) Historien. A dirigé notamment l’Affaire Henri Martin et la lutte contre la guerre d’Indochine, préface de Raymond

Aubrac, Paris. Éditions Le Temps des cerises, 2005.

 

 

 

Pour en savoir plus:

 

Un documentaire: D'autres sont seuls au Monde

 

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                    Voir la vidéo

 

 

Les Mémoires de Raymonde Dien

"Un train pour l'indépendance, la Paix et le bonheur"

 

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Vient de sortir. 20 euros. Pour commander, contactez RougeCerise:  RougeCerise84@hotmail.fr

Tag(s) : #SE FORMER - COMPRENDRE

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