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CUBA SI ! 

Ce premier janvier 2021 Cuba fête le 62ème anniversaire de la victoire des révolutionnaires sur le dictateur mafieux Batista. Notre camarade et ami José Fort, ancien journaliste à L’Humanité, fin connaisseur de l’Amérique latine et de Cuba naturellement, a écrit ce texte bref et dense qui rappellera à beaucoup, et apprendra sans doute à d’autres, ce qu’était Cuba avant la Révolution et ce qu’elle pourrait redevenir demain si on laissait le  gouvernement des États-Unis y poursuivre sa propre Guerre froide !
Rouge Cerise en profite pour recommander à ses lectrices et lecteurs le magnifique roman graphique réalisé par José Hernández, dessinateur de presse mexicain, sur un scénario de Jon Lee Anderson, journaliste au New Yorker, sobrement intitulé CHE, Une vie révolutionnaire ( La Librairie Vuibert 435 p. 25€50).

 
 
                                                                                                                              Rouge Cerise

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31 décembre 1958 à La Havane

Casino à Cuba 1959(*)

 

Dans la chambre 212 de l’hôtel National à La Havane, Michael Mc Lanay, l’homme de main du chef de la mafia New-Yorkaise Meyer Lansky, s’inquiétait. Il était près de minuit ce 31 décembre 1958. Le gangster avait fait son tour de salle au Casino Parisien situé au rez-de-chaussée de l’établissement où les habitués de la haute société cubaine et nord-américaine ainsi que des diplomates et des touristes fortunés se pressaient autour des tables de jeux. Il s’étonnait d’une absence : celle de Santiago Rey Pernas, un ministre de Batista plein aux as, pour lequel un étage était aménagé avec roulette spéciale, filles et alcools à disposition. Michael Mc Lanay tenait de bonne source que les guérilleros conduits par Ernesto Che Guevara contrôlaient la ville de Santa Clara, les hommes de Fidel Castro encerclaient Santiago de Cuba, ceux de Camilo Cienfuegos s’approchaient de la capitale.

Un employé de l’hôtel nettoyait sa chambre. « Dis-moi Jorge », lui dit Mc Lanay, « tu sais quelque chose »  Jorge haussa les épaules, sans piper mot. Le gangster allait bientôt apprendre les raisons de l’absence du ministre, pourquoi serveurs et croupiers échangeaient des propos à voix basse. Un avion venait de décoller de l’aéroport Columbia dans la proche banlieue de la capitale avec à son bord Batista, sa famille, un groupe de ministres et d’officiers. Le dictateur s’enfuyait vers Saint Domingue avec des valises pleines de 45 millions de dollars. 

Quelques jours plus tard, les gangsters préparant leur départ convoquaient Jorge. « Nous avons mis le Casino et un compte de 250.000 dollars à ton nom. Garde-nous tout cela au chaud, nous reviendrons bientôt ». Mc Lanay ne savait pas que Jorge était le représentant du mouvement révolutionnaire à l’hôtel National. Il deviendra capitaine au Ministère cubain de l’Intérieur. La Havane vivait dans une frénésie de vie nocturne et de paillettes. Les cabarets faisaient le plein, on dépensait des fortunes à la roulette, 10.000 prostituées vantaient leurs charmes, les voitures de luxe sillonnaient la ville tandis qu’en province régnait la misère. Fidel Castro et ses compagnons préparaient leur entrée dans La Havane.

 

José Fort

(*) Aufildelhistoire

Tag(s) : #CULTURE, #INTERNATIONALISME

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